Association nature d’Alsace Bossue. Les haies, mines de biodiversité

Publié le 30 Septembre 2014

Florian Gissinger a guidé les visiteurs sur les chemins alentours de Sarre-Union à la découverte des haies. Photos DNA – Marie Gerhardy

Florian Gissinger a guidé les visiteurs sur les chemins alentours de Sarre-Union à la découverte des haies. Photos DNA – Marie Gerhardy

La très active association nature d’Alsace Bossue (Anab) a proposé une nouvelle sortie dimanche. Le thème de découverte était les haies, ces massifs répandus que le promeneur ne regarde plus.

Le rendez-vous était donné place de la République, à Sarre-Union, en début d’après-midi. Peu à peu, les voitures s’alignaient, jusqu’à l’arrivée de Florian Gissinger. Le guide du jour remplace en dernière minute Roland, son père, président de l’Anab, retenu par un empêchement. Mais le jeune homme n’en est pas à son coup d’essai et a déjà guidé plusieurs sorties nature.

Le groupe d’une trentaine de participants s’est dirigé d’un pas décidé vers la Villeneuve. C’est de ce quartier de Sarre-Union que les promeneurs peuvent accéder aux chemins où s’étalent les haies les plus riches. Une petite pause au début du chemin du Vieux-Sarrewerden était l’occasion de donner quelques explications.

« Vous avez vu que nous avons longé quelques haies de jardins à l’ancienne comme je les aime, avec des légumes abandonnés tels que le topinambour. Nous allons retrouver plus tard aussi les fleurs que vous avez vues. Des parties du chemin sont à l’abandon, à cause de l’exode rural. Mais les haies nous permettent de lire comment était la ville il y a 50 ans. »

Le poète alsacien Ronald Euler était de la partie avec ses enfants. Fin connaisseur de l’Alsace Bossue, il en a profité pour donner quelques explications historiques sur la fusion de Bouquenom et Neusarrewerden. Le groupe a repris la route, dépassant les dernières habitations. En jetant un regard en arrière, les promeneurs ont constaté un contraste amusant.

« Vous pouvez voir sur votre droite une haie de thuyas, qui marque la limite d’un jardin, bien taillée. C’est ce qu’on appelle le béton vert. À votre gauche, observez la haie vivante et sauvage. Point de vue nature et biodiversité, cela n’a rien à voir ! » a ajouté Florian Gissinger, avant de poursuivre sa route.

Encore plus haut, les visiteurs se sont amusés à repérer les différentes essences qui composent la haie sauvage. Frêne, noisetier, érable champêtre, bonnet d’évêque, viorne, clématite, ronce, ortie… Les noms ont fusé. Les visiteurs ne sont pas des novices dans l’art d’observer la nature. La plupart d’entre eux se rendent à toutes les sorties de l’Anab.

L’Alsace Bossue compte de moins en moins de haies.

« En tout cas, vous pouvez constater que la haie est très riche. Il y a une théorie qui avance que deux plantes nouvelles par siècle s’installent. Mais cela me paraît exagéré. Une haie est toujours une lisière, composée de plantes pionnières qui poussent vite. Lorsqu’elle s’étend en largeur, son centre est progressivement remplacé par des essences forestières. »

De ce côté de la Sarre, sur les coteaux, le sol est calcaire. De l’autre côté, l’alluvion vosgienne, il est plus acide. « Le point commun entre toutes ces plantes est leurs épines ! Il y a 4 000 ou 5 000 ans, l’essentiel de la flore était forestier. Chaque perturbation créait de la diversité et donc des haies de lisière. Les herbivores comme les cerfs se dépêchaient de les brouter, elles devaient se défendre. »

À nouveau en chemin, Florian Gissinger a rappelé que l’Alsace Bossue compte de moins en moins de haies. « À chaque remembrement, nous devons nous battre pour conserver les haies. Leur disparition a des conséquences dramatiques, et pas seulement sur la biodiversité. »

À plusieurs dizaines de mètres des habitations, la haie voit de nouvelles essences apparaître, comme le prunellier ou l’aubépine. Pour différencier l’aubépine épineuse de l’aubépine monogyne, très semblables d’apparence, c’est simple : « Vous écrasez un de ses fruits et vous comptez les graines. S’il y en a une seule, c’est l’aubépine monogyne. S’il y en a plusieurs, c’est l’aubépine épineuse ! »

Comme toujours, les balades de l’Anab ne se cantonnent pas à leur thème. Elles sont l’occasion de commenter toute la nature environnante, de découvrir la faune et la flore, d’apprendre mille et une astuces pour l’identifier, l’utiliser, la protéger. C’est peut-être pour cela qu’elles comptent des fidèles qui semblent de plus en plus nombreux.

DNA par Marie Gerhardy, publié le 30/09/2014

Rédigé par ANAB

Publié dans #On parle de nous

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