De la légitime défense

Publié le 22 Mai 2015

« Défendre la biodiversité, c’est défendre l’humanité ». Et pourtant, la nature continue d’être sacrifiée au nom d’impératifs économiques à court terme.

Et le maïs continue de grignoter les milieux typiques du Ried. PHOTO DNA – Franck Delhomme

Et le maïs continue de grignoter les milieux typiques du Ried. PHOTO DNA – Franck Delhomme

À la veille de la journée mondiale de la biodiversité, alors que se tient aujourd’hui et demain à Strasbourg dans les locaux de l’ENA, une conférence nationale sur « l’agence française pour la biodiversité, quel projet commun ? », Alsace Nature alerte une fois encore sur « l’effritement de la biodiversité alsacienne ». Dans une lettre adressée à la ministre de l’Écologie Ségolène Royal, un temps annoncée à la conférence à Strasbourg, la fédération régionale de protection de l’environnement rappelle l’état critique de la nature en Alsace et la tendance continue à la dégradation.

À quoi servira l’agence française pour la biodiversité ?

Or « les services rendus à l’humanité par les écosystèmes sont tels que protéger la biodiversité, ce n’est rien d’autre que de la légitime défense » souligne Daniel Reininger, président d’Alsace Nature en regrettant dans la lettre, co-signée avec Luc Huber, porte-parole du collectif GCO non merci, que « les arbitrages impactant directement cette biodiversité se font encore beaucoup trop souvent au bénéfice de lobbies industriels ou agricoles ».
Et de citer le grand contournement ouest comme l’erreur à ne plus commettre sous peine de sacrifier le grand hamster ou le crapaud vert. La façon dont la nouvelle agence française pour la biodiversité traitera le projet servira de test. Les défenseurs de l’environnement alsaciens pourront alors se faire une idée sur le rôle réel de l’AFB : poudre aux yeux ou acteur responsable.
La nouvelle agence française pour la biodiversité, dont l’organisation est discutée actuellement à Strasbourg et qui sera fonctionnelle au 1er janvier 2016, a été créée pour apporter un appui technique et financier à la protection de la biodiversité, à l’image de l’ADEME en matière d’environnement et de maîtrise de l’énergie.
Son rôle d’expertise n’est guère attendu en Alsace, terre de naturalistes émérites qui ont poussé très loin les connaissances biologiques et écologiques de leur territoire. On en veut pour preuve l’extraordinaire travail d’ODONAT d’Alsace (office des données naturalistes) qui rassemble, consolide et analyse toutes les observations sur les espèces et milieux naturels régionaux faites par les membres des associations spécialisées (GEPMA, BUFO, LPO,…).
Tout en espérant que l’AFB ne se contente pas d’être une structure d’inventaire, les signataires de la lettre à la ministre insistent sur la nécessité pour l’agence d’engager dès maintenant un partenariat étroit avec les « acteurs historiques et incontournables » de la biodiversité en Alsace. Ils souhaitent que l’AFB prenne en compte les compétences des centaines de bénévoles mobilisés depuis 50 ans dans les associations et que l’agence « soit facilitateur des actions à venir et non un frein »
DNA-S.W. 21/05/2015

Rédigé par ANAB

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