Biodiversité de la grande région Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne

Publié le 26 Juin 2015

Forêt alluviale rhénane (Photo Raynald Moratin)

Forêt alluviale rhénane (Photo Raynald Moratin)

Chaumes des Hautes-Vosges (Photo : Raynald Moratin)

Chaumes des Hautes-Vosges (Photo : Raynald Moratin)

Etang de Champagne humide (photo : Etienne Clément)

Etang de Champagne humide (photo : Etienne Clément)

Des Ardennes françaises au Jura alsacien, en passant par le massif vosgien, des grands lacs champenois et étangs lorrains jusqu’à la plaine du Rhin, la grande région ALCA abrite des milieux naturels remarquables, lieux de vie d’une faune et d’une flore d’une grande diversité.
Les bases de données faunistiques régionales, basées sur le système VisioNature, sont totalement compatibles.
Elles sont accessibles par les portails :
www.faune-alsace.org
www.faune-champagne-ardenne.org
www.faune-lorraine.org
Elles rassemblent chaque année plus d’un demi-million de données -oiseaux, mammifères, reptiles, amphibiens mais également de nombreux invertébrés-, transmises par plusieurs centaines d’observateurs bénévoles.
Six espèces ont été retenues à titre d’exemples. Elles montrent la complémentarité des trois régions ainsi que la connaissance très fine de cette biodiversité grâce aux mouvements associatifs de chacune des trois régions.

La Cigogne blanche (Ciconia ciconia)

Photo : Jean-Louis Schmitt (ANAB)

Photo : Jean-Louis Schmitt (ANAB)

Grand échassier connu de tous, la Cigogne blanche est un oiseau des milieux ouverts. Elle apprécie les prairies humides et les zones marécageuses mais on la trouve également dans les pâturages et les zones de cultures. Elle a bien failli disparaître de France il y a une quarantaine d’années. Il ne restait plus que 9 couples nicheurs sur le territoire national en 1974 !
Grâce aux réintroductions, l’espèce a recolonisé d’abord l’Alsace, puis les régions voisines. Par ailleurs, l’aire de répartition du sud de l’Europe s’est étendue naturellement vers le nord et des oiseaux sauvages se sont implantés sur la façade atlantique dès la fin des années 1970.
Les effectifs nationaux de cette espèce protégée atteignent les 2200 couples actuellement.
Dans la grande région ALCA, l’espèce est surtout présente en plaine d’Alsace (700 à 800 couples), mais elle s’est aussi bien réimplantée en Lorraine (une centaine de couples) et en Champagne-Ardenne (32 couples en 2014, progression de 4 à 32 couples en 15 ans)
Ainsi la population totale de l’ALCA approche-t-elle le millier de couples reproducteurs !
Biodiversité de la grande région Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne

La Grue cendrée (Grus grus)

Photo : Christine Tomasson (LPO Champagne-Ardenne)

Photo : Christine Tomasson (LPO Champagne-Ardenne)

La Grue cendrée est un migrateur bien connu désormais du grand public, elle constitue même un atout touristique sur les sites de grands rassemblements. Cette espèce, après avoir présenté un déclin marqué, bénéficie depuis le milieu des années 1960 d’une protection stricte à travers l’Europe. Elle niche en Finlande, Suède ou bien encore Allemagne du Nord, transite et, pour une partie, passe l’hiver dans notre région. Elle recherche alors des zones humides pour constituer ses dortoirs et de vastes espaces dégagés (prairies, cultures) pour s’alimenter.
La population est en augmentation et, actuellement, 230 000 à 250 000 individus migrent à travers la France.
Dans la grande région ALCA, l’essentiel de la population hivernante se situe en Champagne humide (30 000 – 47 000 ind.) notamment grâce à la présence du Lac du Der et dans une moindre mesure en Lorraine (7 000 – 26 000 ind.).
L’Alsace peut accueillir certaines années quelques dizaines d’oiseaux hivernants.
A noter qu’une quinzaine de couples de Grue cendrée nichent actuellement en Lorraine.
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La Rainette verte (Hyla arborea)

Photo : Raynald Moratin (ODONAT)

Photo : Raynald Moratin (ODONAT)

La Rainette verte ou arboricole est un petit amphibien lié aux mares et marais végétalisés. Elle occupe les deux-tiers nord de la France, ainsi que l’Aquitaine. Sensible à la fragmentation de ses habitats, elle est en régression dans de nombreux pays d’Europe.
La Rainette arboricole est l’espèce d’amphibien la plus menacée en Champagne-Ardenne. Ses populations se limitent à la vallée de l’Ource en Haute Marne, au Chaourçois dans l’Aube et à la Brie dans la Marne.
L’espèce est au bord de l’extinction dans les Ardennes.
Elle reste encore relativement répandue en plaine d’Alsace, quoique rarement fréquente.
Ses principales populations restent néanmoins localisées dans la bande rhénane, et, dans une moindre mesure, dans le Sundgau et le bassin potassique. Ailleurs, l’espèce a régressé avec l’intensification des rieds d’Alsace, et les effectifs dénombrés sont souvent faibles.
En Lorraine, la rainette est aussi en déclin. Elle occupe principalement 3 noyaux : le pays des Etangs, la plaine de la Woëvre et le Nord meusien.
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Le Milan royal (Milvus milvus)

Photo : Romain Riols (LPO Champagne-Ardenne)

Photo : Romain Riols (LPO Champagne-Ardenne)

Le Milan royal est un rapace migrateur inféodé aux zones agricoles de polyculture-élevage. L’Allemagne, l’Espagne et la France abritent plus de 70 % de la population mondiale, notre pays se trouvant en seconde position avec 2300 à 3000 couples. 10 % de cette population se trouve dans la région ALCA : environ 50 couples en Alsace (principalement Alsace bossue et Sungdau-Jura alsacien), 150 couples en Lorraine et 25-30 couples en Champagne-Ardenne (Est et sud de la Haute-Marne).
C’est une espèce qui a subi une chute brutale de ses effectifs dans les années 1990 ainsi qu’une réduction de son aire de répartition. Elle bénéficie depuis d’un plan de restauration national en cours de révision. On note actuellement une certaine stabilité des effectifs mais l’espèce reste très sensible à la raréfaction de ses ressources alimentaires, à la diminution des surfaces en herbe ou encore aux campagnes d’empoisonnement des campagnols et au développement de l’éolien.
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La Chevêche d’Athéna (Athene noctua)

Photo : Marc Solari

Photo : Marc Solari

La Chevêche d’Athéna est un petit rapace nocturne qui colonise les paysages ouverts, avec une prédilection pour les campagnes cultivées parsemées de vieux arbres, de prairies, de vergers d’arbres à hautes tiges ou de saules têtards.
En Champagne-Ardenne la chevêche est encore bien présente dans les Ardennes mais sa répartition est plus hétérogène dans les autres départements.
On semble noter une reconquête de l’espèce sur certains territoires ces 20 dernières années, en particulier en Champagne Humide. Ses effectifs sont évalués à 300-500 couples.
En Alsace, elle est présente en dessous de 600 m mais a souffert de la régression des vergers traditionnels et pâtures. Sa population est évaluée à 300-400 couples.
En Lorraine, l’espèce se maintient aux alentours des villages qui présentent encore une mosaïque de vergers et de prairies et qui offrent des possibilités de nidification dans les bâtiments ou les vieux arbres à cavité. Sa population est évaluée à 350-450 couples.
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Le Castor d’Eurasie (Castor fiber)

Photo : Raynald Moratin (ODONAT)

Photo : Raynald Moratin (ODONAT)

Le Castor est le plus gros rongeur d’Europe. Autrefois commun sur une large partie du territoire national, il a disparu de la plupart des régions suite à une chasse intensive.
Grâce à des programmes de réintroduction menés dans plusieurs pays européens, il reconquiert peu à peu ses anciens territoires.
En Alsace, l’espèce a été réintroduite dès 1972 sur la Doller, puis progressivement sur d’autres rivières. Quoique lent, son retour est maintenant réussi, une centaine de territoires jalonnent différents bassins d’Alsace, pour une population estimé à 340-380 individus.
En Champagne-Ardenne, l’espèce est principalement présente dans les Ardennes sur le bassin de la Meuse, le bassin Seine-Normandie apportant seulement quelques données ponctuelles (sur les rivières Marne, Aube et Seine) sans installation réelle de population pérenne. Les castors ardennais sont issus de réintroductions walonnes sur la Meuse dans les années 1990. Ils se sont ensuite installés dans les Ardennes et ont colonisé une grande partie du bassin de la Meuse pour rejoindre la Lorraine où une population est maintenant installée.
En Lorraine encore, après une absence de quatre siècles, une quinzaine de castors, originaire de la vallée du Rhône, ont été réintroduits en 1983 et 1984 sur la Moselle. L’espèce est maintenant présente sur les cours d’eau du bassin de la Moselle.
Le Groupe d’Etudes des Mammifères de Lorraine estime la population à près de 700 individus occupant plus de 200 sites.
Biodiversité de la grande région Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne
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Rédigé par ANAB

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