L’accord secret qui pourrait ruiner notre alimentation

Publié le 2 Octobre 2015

Un nouveau traité de libre-échange entre les États-Unis et l’Europe est dans le pipeline. Il est conçu pour stimuler les économies des deux côtés de l’Atlantique, mais qu’est-ce que cela implique pour notre alimentation ? Beaucoup craignent un rabotage dangereux de notre réglementation. Voici pourquoi.

Dans deux élevages sur trois, les animaux sont élevés de façon industrielle, ce qui représente plus de 50 milliards d’animaux chaque année. Ces systèmes d’élevage intensif donnent priorité à la production sur tout le reste, créant ainsi de gigantesques quantités de viande, de lait et d’œufs apparemment bon marché.

Dans deux élevages sur trois, les animaux sont élevés de façon industrielle, ce qui représente plus de 50 milliards d’animaux chaque année. Ces systèmes d’élevage intensif donnent priorité à la production sur tout le reste, créant ainsi de gigantesques quantités de viande, de lait et d’œufs apparemment bon marché.

Ce traité de libre-échange transatlantique, plus connu sous l’acronyme TAFTA, vise à éliminer une série d’obstacles au commerce pour les grandes entreprises et à booster comme jamais les échanges entre les États-Unis et l’UE.
Si l’accord est conclu, comme cela pourrait bien avoir lieu d’ici la fin de l’année 2014, il couvrira le chiffre impressionnant de 46% du produit intérieur brut mondial (PIB). Ce qui est, franchement, un très gros business.

Un vif débat

Mais le TAFTA divise l’opinion. Alors que ses partisans soulignent la croissance économique et la hausse de l’emploi qu’ils pensent que cela créera, ses détracteurs mettent en garde contre un éventail de problèmes à venir – d’un contrôle accru par les entreprises au détricotage des réglementations alimentaires et agricoles.
Voilà comment le plus grand accord commercial de tous les temps pourrait affecter chacun d’entre nous – en changeant ce que nous mettons dans nos assiettes.

Des normes revues à la baisse

Pour quiconque s’efforçant de créer un système alimentaire durable, la plus grande inquiétude soulevée par le TAFTA est que les biens produits aux États-Unis – où les normes agricoles sont souvent pires que dans l’UE – pourraient infiltrer le marché européen.
Comment est-ce possible ? Le Traité impliquerait le nivellement de la réglementation dans les deux zones ; les entreprises exportatrices n’auraient qu’à se conformer à l’une ou l’autre des réglementations, plutôt que les deux. En réalité, cela équivaudrait au rabaissement des normes européennes (qui laissent pourtant déjà à désirer), afin de les aligner sur les normes américaines, où les OGM sont autorisés, les pesticides abondamment utilisés et les hormones de croissance monnaie courante dans les élevages.
Et ce n’est que la partie visible de l’iceberg ; l’affaiblissement des normes pourrait encourager la création d’encore plus d’élevages industriels et de méga-élevages, ce qui serait une catastrophe. Si ce traité est signé, notre accès à une nourriture saine et durable en Europe pourrait sérieusement être mis en péril.
Les normes européennes de protection des animaux seraient menacées parce que le TAFTA envisage un mécanisme de « cohérence réglementaire » entre l’UE et les États-Unis. Sachant que les États-Unis n’ont pratiquement aucune réglementation relative au bien-être animal au niveau fédéral, comment pourrait-il y avoir une « cohérence réglementaire » ?
L’UE pourra difficilement adopter de nouvelles lois sur la protection des animaux à l’avenir, car elle devra d’abord les présenter aux États-Unis, ce qui exercera une énorme pression sur l’UE pour ne pas aller de l’avant. Nous l’avons déjà vécu avec le clonage, où des propositions de l’UE sont restées à ce jour minimalistes pour ne pas déplaire aux États-Unis au cours des négociations sur le TAFTA.

Le poids des entreprises

L’autre danger de cet accord, ce sont les concessions – extrêmement généreuses – qui sont faites pour aider les investisseurs étrangers à croître sur de nouveaux marchés. Il est ainsi envisagé, par exemple, que le TAFTA prévoie un mécanisme permettant aux entreprises agroalimentaires de contester, voire de poursuivre, les gouvernements si un changement dans leurs politiques venait à menacer les bénéfices futurs de l’entreprise.
Et s’agissant de l’industrie de la viande, c’est évidemment une inquiétude grave parce que malheureusement la sécurité de nos aliments, des animaux et de la planète n’est tout simplement pas une priorité dans de nombreux pays, y compris aux États-Unis.
De plus, les négociations sont loin d’être transparentes ou démocratiques, laissant la plupart d’entre nous dans l’obscurité sur ces décisions qui pourraient affecter profondément nos vies.

Agir contre le TAFTA

Si le TAFTA va de l’avant comme prévu, les règles existantes et les mesures de sécurité – qui existent au profit des animaux, des consommateurs, des travailleurs agricoles et de la planète – pourraient être spectaculairement et désastreusement compromises. Cela englobe les questions de sécurité alimentaire.
Et c’est pourquoi CIWF, aux côtés d’un nombre croissant d’organisations aux vues similaires, interpelle la Commission européenne et les gouvernements de l’UE à tour de rôle pour leur faire entendre raison et exiger de préserver notre sécurité alimentaire.
Le TAFTA pourrait être un moteur pour l’emploi et un meilleur niveau de vie, mais seulement s’il est vu comme un moyen de développer un système alimentaire sûr et respectueux, et non pas s’il est conçu pour l’abandonner. Sacrifier nos valeurs profondément ancrées au nom de la libéralisation du marché serait catastrophique.
Si vous croyez fermement que le TAFTA devrait être abandonné ou amélioré, signez la pétition Stop au TAFTA.
© 2015 CIWF France
Les animaux sont des êtres sensibles

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Rédigé par ANAB

Publié dans #Infos à partager

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