L’agriculture bio gagne du terrain

Publié le 26 Mars 2016

Portée par la demande des consommateurs et la crise qui affecte les productions traditionnelles, l’agriculture biologique continue de gagner du terrain en Alsace. Les 620 fermes du territoire qui ont opté pour ce mode de production cherchent aujourd’hui à mieux valoriser leur travail.
Les viticulteurs -ici le domaine Charles Muller à Traenheim- représentent près de la moitié des exploitants bio d’Alsace. Photo DNA - David GEISS

Les viticulteurs -ici le domaine Charles Muller à Traenheim- représentent près de la moitié des exploitants bio d’Alsace. Photo DNA - David GEISS

Il reste encore du chemin à parcourir pour atteindre l’objectif que s’est fixé l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (OPABA). Le syndicat, qui rassemble tous les agriculteurs biologiques et biodynamiques des deux départements du Rhin, a l’ambition de porter les surfaces cultivées en bio à 10 % de la surface agricole alsacienne et d’atteindre le nombre de 1 000 fermes certifiées en 2020.
Il s’en rapproche chaque année un peu plus vite. En 2015, a annoncé hier Hélène Clerc, animatrice à l’Opaba, aux adhérents de l’organisation réunis en assemblée générale à Traenheim, 37 nouveaux agriculteurs se sont convertis à la bio. Un chiffre en nette augmentation par rapport aux années précédentes. D’ordinaire, a-t-elle rappelé, le rythme était plutôt de 25 à 30 conversions par an.
Ces engagements portent à 620 le nombre de fermes bio en Alsace. Ensemble, elles cultivent désormais 5,9 % des surfaces agricoles du territoire.
300 agriculteurs candidats à la conversion
Ces chiffres vont continuer à progresser. Les agriculteurs du territoire s’intéressent en effet de plus en plus à ce mode de production respectueux de l’environnement, qui bannit les produits chimiques de synthèse.
« Nous avons plus de demandes », a confirmé Hélène Clerc. L’an dernier, l’équipe de l’Opaba a effectué 130 visites chez des agriculteurs prêts à s’engager, soit plus du double de l’année précédente. Au total, a-t-elle précisé, « nous avons 300 contacts de candidats à la conversion ».
Ce regain d’intérêt n’est pas surprenant. Du fait de la crise qui secoue l’agriculture, « la différence de prix entre le lait conventionnel et le lait bio n’a jamais été aussi importante », a constaté Heini Klein, le vice-président de l’Opaba. Même chose pour la viande où « l’écart de prix se creuse avec le conventionnel », pour les légumes ou encore pour les fruits.
Forcément, les paysans qui n’arrivent plus à vivre de leur travail s’interrogent. En particulier les plus jeunes, « très sensibles aux questions d’environnement », a relevé Jean-Jacques Muller, viticulteur bio à Traenheim. « Souvent, il ne fait pas grand-chose » pour les convaincre de changer de voie.
C’est en tout cas ce à quoi s’emploie l’Opaba en s’appuyant sur les exemples qu’offrent les agriculteurs bio de la région. « Nous avons des solutions particulièrement efficientes pour favoriser la création d’emplois, la protection de l’environnement et la production d’aliments sains », a souligné Julien Scharsch, le président de l’Opaba. Pour lui, c’est clair : « Nous sommes dans une période de transition ».
Parallèlement, l’organisation poursuit ses efforts pour aider ses adhérents à mieux valoriser leur production. 2015 a vu se constituer plusieurs organisations de producteurs. Des éleveurs laitiers du sud de la région ont rejoint le groupement Biolait, des cultivateurs de légumes ont jeté les bases d’une association, et les éleveurs bio du Grand Est sont en train de se fédérer. L’objectif, a expliqué Francis Humann, « est de parler d’une seule voix face aux abattoirs, aux fabricants d’aliments » et donc aux distributeurs. Et au final, de garantir un prix stable et rémunérateur aux agriculteurs.

DNA-Odile Weiss 11/03/2016

Rédigé par ANAB

Publié dans #Infos à partager

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manger et vivre bio 08/06/2017 09:07

Bonjour,

Je soutiens à 100 % cette idée de valoriser l'agriculture bio. Pour moi, l'important est de protéger les consommateurs contre les effets néfastes de l'agriculture conventionnelle.
En passant, je souhaiterais partager avec vous ce blog de nourriture bio sur: http://agrodevelopment.com/guide-pratique-pour-manger-et-vivre-bio

A très bientôt !