Les petites fleurs dans la prairie

Publié le 26 Août 2016

Le site de la Belle Source (une résurgence phréatique) à Herbsheim a été la première acquisition du CSA, il y a quarante ans. Depuis, d’autres parcelles s’y sont ajoutées dans le ried de la Zembs, dont celle des tumuli au sud d’Obenheim. Hubert Hurstel en est le conservateur bénévole depuis un quart de siècle.

Sa plus belle récompense : pouvoir admirer l’iris de Sibérie, qui avait disparu des prairies riediennes dans les années 80. Photo DNA - J.-P. Kaiser

Sa plus belle récompense : pouvoir admirer l’iris de Sibérie, qui avait disparu des prairies riediennes dans les années 80. Photo DNA - J.-P. Kaiser

Hubert Hurstel se tâte. « Là, il serait presque temps de faucher pour ralentir le développement des chardons. » Avec la sécheresse de l’été 2015, ils ont pris leurs aises dans les prairies habituellement humides, au point de risquer de porter ombrage aux emblématiques iris de Sibérie et glaïeuls palustres, joyaux en péril de la Zembs.
« C’est la nature qui commande »
Il appartient au conservateur, en concertation avec le comité scientifique du CSA, de décider de la date de fauche ainsi que d’éventuels chantiers de débroussaillage, en fonction des espèces faunistiques ou floristiques à protéger. Sur les 70 ha en plusieurs parcelles que gère Hubert Hurstel dans le ried noir de la rivière phréatique Zembs, il faut tenir compte des papillons qui aiment les herbes hautes, des courlis qu’il faut laisser nicher au sol le temps que les jeunes puissent voler, des orchidées qui demandent une coupe rase pour s’épanouir, des zones à glaïeuls fauchées après le regain, de la solidage qu’il faut contenir, des roseaux à couper tous les cinq ans environ. En tout état de cause, « c’est la nature qui commande » dit le conservateur, qui travaille en bonne entente avec la dizaine d’agriculteurs chargés de faucher selon ses directives.
Natif de Herbsheim, il a vu les paysages se transformer, les prairies autrefois couvertes d’iris bleus se changer au pire en champs de maïs, au mieux en prés de pissenlits. Pour revenir à un semblant de naturel, il n’y avait d’autres solutions à l’époque que de se rendre maître des lieux.
Une fois acquises ou obtenues en location par le CSA, des parcelles entières ont dû être décapées ou plantées de céréales pendant deux ou trois ans encore pour en éliminer les résidus de pesticides, et réensemencées à la main sous peine de n’y voir pousser que de la flore banale. Et, à l’exception notable du courlis cendré dont les populations continuent de se raréfier, ça marche. Lentement certes, mais sûrement en ce qui concerne les espèces ciblées, iris, glaïeuls, fenouil du cochon, genêts des teinturiers ou filipendules, typiques des prairies riediennes. Dans le même temps, il faut veiller à laisser les milieux ouverts. Les rieds ont été façonnés par l’homme pour en faire des pâturages et des prairies de fauche. « Si on n’y veillait pas, les saules auraient tôt fait de tout envahir. »

DNA-S.W. 27/07/2016

Rédigé par ANAB

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