Mycologie «Avec le mouvement hippie»

Publié le 18 Octobre 2016

Patrick Laurent, mycologue

Patrick Laurent, mycologue

Article amusant et de saison paru dans les DNA le 15 octobre  par Mathieu Pfeffer

Patrick Laurent, président de la Société mycologique des Hautes-Vosges, connaît bien la question des champignons hallucinogènes. Ancien gendarme et membre des Brigades vertes, il a été formateur des forces de l’ordre sur ce sujet.

«Le psilocybe est un petit champignon dont il existe de nombreuses espèces. Dans les Vosges, on trouve essentiellement le psilocybe semilanceata (ou psilocybe lancéolé). Son chapeau mesure 1 cm de diamètre et le pied, très fin, 5 cm. Sa couleur est variable, du beige au gris. C’est un champignon coprophile qui pousse sur des excréments d’herbivore de l’année précédente, dans les pâturages de montagne. Il est relativement courant en septembre et octobre selon les précipitations et la température.

«Ses consommateurs le mangent cru ou en omelette. D’autres le sèchent et préparent des décoctions. J’ai aussi entendu qu‘on le fumait, mais cela semble être beaucoup plus rare. Pour ceux qui les ingèrent, une dizaine de champignons suffirait pour une dose légère. Ils contiennent trois grands principes actifs : la psilocybine, la psilocine et la baeocystine.

Le psilocybe est un champignon toxique à action psychodysleptique. Les effets sont hallucinogènes, relativement similaires à ceux du LSD. Les effets physiques comprennent nausées, vomissements, ralentissement du rythme cardiaque, hypotension artérielle, hyperthermie, sudation excessive, dilatation des pupilles, tremblements et éruption cutanée. Les effets psychiques sont très variés : fou rire, euphorie, chute de la concentration, invalidation des raisonnements logiques, illusions sensorielles, distorsions spatio-temporelles, hallucinations, expérience mystique, dépersonnalisation…

«Dans mes recherches, je n’ai pas trouvé de trace de consommation traditionnelle des psilocybes dans les Vosges, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y en a pas eu. Je daterai cela plutôt des années 1960/1970 qui correspondent à peu près à l’émergence du mouvement hippie.»

Deux psilocybes semilanceata dans un pâturage vosgien, leur milieu naturel. À noter, les différences de couleur d’un spécimen à l’autre. Mathieu Pfeffer

Deux psilocybes semilanceata dans un pâturage vosgien, leur milieu naturel. À noter, les différences de couleur d’un spécimen à l’autre. Mathieu Pfeffer

Rédigé par ANAB

Publié dans #Infos à partager

Commenter cet article