L'ADN ancien révèle de plus en plus ses secrets

Publié le 4 Décembre 2016

Dans les actualités il est souvent question de recherche d'ADN et de séquençage d'ADN.
Cet article vous apporte des informations faciles à comprendre.

Article complet paru le 14/10/2016 sur le site de l’ Institut royal des Sciences naturelles de Belgique



Que ce soit un os néandertalien, un chat égyptien momifié, un chien maintenu dans le (permafrost) sibérien, un esturgeon de l'époque romaine ou des résidus végétaux du Moyen âge, tous ont un ADN qui recèle un trésor d'informations. Grâce à des méthodes innovantes regroupées sous la dénomination commune séquençage de nouvelle génération (SNG), nous réussissons toujours mieux à obtenir et à déchiffrer le code génétique de ce type d'organismes anciens. Des collections d'histoire naturelle comme celles de notre Institut deviennent ainsi de plus en plus intéressantes.

Les gènes sont une mine d'informations. Des spécimens conservés depuis de nombreuses décennies dans des collections muséales ou récemment découverts sur des sites archéologiques peuvent ainsi donner des indications sur le régime alimentaire de peuplades disparues, les routes migratoires des premiers Européens, où et comment le chien ou le dromadaire ont été domestiqués, comment une maladie s'est propagée ou la raison pour laquelle une espèce s'est éteinte et une autre a survécu.

Le problème dans la recherche portant sur l'ADN ancien (ou l'ADNa) est qu'il est terriblement difficile d'obtenir des informations génétiques à partir de ces restes anciens. Leur quantité et leur qualité se sont fortement détériorées au fil des ans et ont été contaminées par des parasites ou simplement par l'environnement. À titre de comparaison : dans 1 gramme de tissu organique frais, on peut extraire environ 1 microgramme d'ADN ; dans 1 gramme de spécimen ancien, seulement entre 0,0001 et 0,0000001 microgramme.

Le séquençage de l'ADNa selon la méthode classique de Sanger fournit des résultats à peine utilisables. C'est là que le séquençage de nouvelle génération (SNG) fait son apparition : grâce à de nouvelles méthodes plus avancées, il est devenu possible de séquencer simultanément d'énormes quantités de brins d'ADN. Et ceci est même possible pour de petits brins d'ADN : dès que l'on trouve des séquences de plus de trente paires de nucléotides se chevauchant, on peut analyser et reconstituer des parties du génome.

L'ADN ancien révèle de plus en plus ses secrets

L'avenir de l'ADN ancien

Les chercheurs  s'attendent  également à ce que le séquençage de nouvelle génération se heurte à des limites. "On voit actuellement de très nombreuses publications d'études basées sur le SNG, et ce, dans les domaines de recherche les plus variés. Cela fournit une avalanche de données. Mais pour être certain de la fiabilité des nouveaux résultats, il nous faut encore normaliser  nos procédures et recouper les résultats. Ce n'est qu'alors que nous pourrons nous faire une idée de ce qui est réellement possible et des progrès que ces technologies peuvent encore nous faire réaliser dans le futur." 

Aussi réprime-t-il provisoirement quelques idées passionnantes : non, l'identification de l'ADN des dinosaures n'est pas encore à l'ordre du jour. "L'ADN n'est pas éternel : dans les restes de dinosaures datant d'au moins 65 millions d'années, l'ADN présent est si fragmenté qu'il est impossible de reconstituer le génome." Le retour d'espèces éteintes, comme le mammouth ou le dodo n'est pas non plus d'actualité. "L'ADN n'est pas tout : l'animal né d'un éléphant avec l'ADN reconstitué d'un mammouth est un organisme génétiquement modifié auquel bien des caractéristiques du mammouth font défaut."

Lorsque nous regardons toutefois ce qui est bien possible aujourd'hui, il est clair que notre institut (Museum d’Histoire Naturelle de Belgique)  a un rôle important à jouer dans la recherche moderne portant sur l'ADN. Une collection de 37 millions de spécimens offre d'innombrables possibilités d'études relatives à l'ADN.



Article complet paru sur le site du
Institut royal des Sciences naturelles de Belgique

https://www.naturalsciences.be/fr/news/item/6356/

Rédigé par ANAB

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