Renard les chasseurs s'acharnent contre lui et l'administration aussi

Publié le 9 Janvier 2017

la Moselle, c'est maintenant la Meurthe-et-Moselle qui est victime d'un acharnement cynégétique !

En septembre 2016, le préfet de Moselle autorisait les tirs de nuit sur les renards roux de 170 communes pour conforter la Fédération des Chasseurs de Moselle qui relâche en masse depuis 3 ans des faisans issus d’élevage uniquement destinés à être chassés !

Aujourd'hui, à la demande de la Fédération des Chasseurs de Meurthe-et-Moselle, c'est le préfet de ce département qui signe un arrêté similaire pour une autorisation de destructions nocturnes sur cette fois plus de 300 communes !


L'Administration et la préfecture ne reconnaissent pas le bien fondé des scientifiques (Quand ça les arrange) voici la motion  du CSRPN Conseil  ou Scientifique Régional du Patrimoine Naturel
Grand Est

Renard avec campagnols dans la gueule - photo Collectif Renard

Renard avec campagnols dans la gueule - photo Collectif Renard

Motion du CSRPN du Grand Est sur le tir de nuit du Renard roux (Vulpes
vulpes) autorisé par arrêté préfectoral du 30 septembre 2016 sur 170 communes
du département de la Moselle
Le Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel (CSRPN) de la Région Grand-Est a
pris connaissance d’une part, de la synthèse de la consultation publique relative au projet d’arrêté préfectoral concernant la destruction du Renard roux par tir de nuit sur les 170 communes du GIC « Entre Seille et Nied » et, d’autre part, de l’arrêté préfectoral du 30 septembre 2016 autorisant sa destruction par tir de nuit sur ce territoire. Le CSRPN vient également d’être informé d’un projet analogue concernant la Meurthe-et-Moselle, sur un nombre de communes bien plus élevé.

Par la présente motion, le CSRPN de la Région Grand Est a souhaité s’exprimer, en autosaisine, sur les conséquences écologiques et sanitaires que ces mesures peuvent induire. C’est pourquoi, lors
de la séance plénière qui s’est tenue le 22 novembre 2016 à l’hôtel de Région à Metz, le CSRPN a invité le directeur de la DDT de Moselle à faire part des raisons qui l’ont conduit à proposer cet arrêté.
Celui-ci a également assisté aux exposés présentés par des membres du CSRPN, exposés fondés entièrement sur des résultats scientifiques avérés, issus de travaux réalisés par la communauté scientifique internationale, nationale et régionale.

 


Ces exposés ont montré :
1) qu’une pression forte de régulation des populations de renards ne garantissait pas une plus
grande maîtrise des populations de renards. Au contraire, cette relation de cause à effet est
régulièrement contredite par la littérature scientifique internationale, y compris par des études
réalisées en France récemment, études impliquant des chercheurs de l’ONCFS. Dans certains
cas, cette pression de prélèvement accrue peut même aboutir à une augmentation du nombre
de renards dans les secteurs où elle est appliquée.

2) qu’une pression forte de régulation des populations de renards ne garantissait pas un meilleur
maintien d’espèces « gibier » ou d’espèces protégées. En effet, les facteurs permettant d’expliquer
l’augmentation ou la diminution d’une espèce proie sur un territoire donné ne se limitent
pas seulement à la prédation naturelle et les études scientifiques concluent à la concomitance
de multiples facteurs parmi lesquels le maintien d’habitats de qualité et l’adaptation des
espèces (éventuellement introduites) à ces habitats sont déterminants.

3) qu’une pression forte de régulation des populations de renards augmenterait, à l’inverse de ce qui était attendu, le risque sanitaire pour les populations humaines en termes d’échinococcose alvéolaire (sur l’étude scientifique conduite en Lorraine). D’autre part, les rongeurs occupent une place importante dans les risques de transmission de zoonoses et de récents travaux discutent du rôle des prédateurs comme agents de régulation biologique des zoonoses.

4) que le rôle des prédateurs dans la régulation des populations de rongeurs est avéré et reconnu par de nombreux travaux. Ces travaux ont fortement inspiré les mesures recommandées en matière de prévention des dégâts aux activités agricoles par les rongeurs. A titre d’exemple, la Fredon Lorraine recommande de «laisser les prédateurs naturels (renards, rapaces, chats forestiers et/ou domestiques...) et favoriser leurs habitats (entretien et/ou implantation de haies, pose de perchoirs pour les rapaces...) », tandis que des chercheurs de l’Institut National de Recherche Agronomique affirment que «la prédation est le facteur explicatif majeur des évolutions de populations de la plupart des espèces de campagnols » et que « l’accessibilité des parcelles aux prédateurs est donc le critère à prendre en compte prioritairement ».


5) que des interrogations sérieuses subsistent quant aux conséquences des relâchés de faisans et de leurs impacts potentiels sur la végétation ainsi que les invertébrés sur le territoire du GIC qui, pour rappel, se compose de nombreux sites sensibles, voire protégés (Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique, Espaces Naturels Sensibles, sites Natura 2000, Réserve Naturelle Régionale).
Le CSRPN avait déjà attiré à plusieurs reprises l’attention des services de l’Etat des
départements lorrains sur l’aberration et le non-sens écologique que représente l’autorisation de destruction du Renard roux par tir de nuit, ainsi que les conséquences potentielles sur les activités agricoles et les risques sanitaires induits. Il espère vivement que les arguments présentés ci-dessus conduiront les services de l’Etat à adopter une approche du problème davantage en conformité avec les résultats des études scientifiques menées.


Les membres du CSRPN ont par ailleurs été choqués par le fait que les résultats de la
consultation publique n’aient pas du tout été pris en considération malgré les nombreuses
contributions (plus de 600), toutes sans exception en défaveur de la proposition d’arrêté préfectoral.
Cette attitude est d’autant plus surprenante que de nombreux scientifiques en activité, membres ou non du CSRPN du Grand Est, s’étaient exprimés. La non recevabilité de leurs remarques sous prétexte qu’ils ne sont pas mosellans, comme cela a été indiqué, est incompréhensible et inacceptable, la science et la connaissance ne pouvant être confinées à des limites administratives.

Fait le 7 décembre 2016
Le président du CSRPN Serge Muller

Rédigé par ANAB

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J. P. 09/01/2017 18:49

Quelle tristesse ! Quelle volonté destructrice, d'éradication, c'est d'une morbidité délirante ! Que pourrait-on bien faire ? Relancer une énième campagne de pétitions ? En tous cas je constate, surtout en Moselle une implacable campagne de chasse , cet hiver , aucun secteur n'est épargné, chaque hectare est dûment planifié puis passé au crible, comme s'ils voulaient faire le vide absolu, week-end après week-end à grand renfort de cris et d'éructations par les rabatteurs, c'est organisé comme les massacres de la grande guerre !

Jpl 09/01/2017 07:57

Tout à fait d'accord avec jean-Louis , cela relève de la psychiatrie du côté des flingueurs mais plus inquiétante est l'attitude des services préfectoraux qui cautionnent, approuvent et autorisent alors que leur rôle n'est pas de représenter une minorité. Encore plus grave est la position des "politiques" lesquels ne peuvent ignorer les études scientifiques et les dégâts de plus en plus importants que subit la nature sous la pression humaine. Notre environnement se détériore à grande vitesse et rien n'est fait!
C'est également psychiatrique et l'on peut dire suicidaire! Alors j'entends souvent dire que c'est l'économie qui prime, au risque de polluer, détruire, nuire .....ok mais justement, cette même économie va droit dans le mur et ça, tout le monde le dit! Nous laissons donc malheureusement nous représenter des "tordus" qui auraient plus besoin d'un psy que de nos votes. Pas facile de sortir de cette boucle destructrice.
Ceci dit, j'avais encore hier soir mon fameux "Jules" le renard et deux de ses pôtes dans le jardin!

Jean-Louis 09/01/2017 05:46

Moralité : ben, il n'y en pas ! Les flingueurs veulent flinguer et tout est bon à se mettre dans la ligne de mire ! Le renard, qu'il soit "nuisible" ou effectivement reconnu comme "utile", voilà qui ne change rien à l'affaire pour ceux dont le plaisir, qu'il pleuve, qu'il vente ou, comme en ce moment, qu'il gèle et qu'il neige, est de faire "un beau carton" !
Flinguer un renard équivaut sans doute pour ces sinistres individus à se croire plus malin que la bête ce qui est évidemment faux puisqu'il ne s'agit nullement d'un "combat à la loyale" ou encore à "armes égales" : surarmés, équipés de lunettes à visée nocturne, munis de 4X4 et de puissants pickups, les justiciers de la nature se délectent de leurs multiples crimes contre la nature : voilà qui relève ni plus, ni moins de la psychiatrie…