Utilité des amphibiens dans les écosystèmes

Publié le 21 Janvier 2017

Petit retour sur notre voyage en Guyane pour expliquer aussi l'intérêt des amphibiens.



Avec nos lampes frontales, nous avons découvert pendant la nuit noire sur l'inselberg ( rocher dénudé émergeant de la forêt primaire) de Savane Roche, ces Leptodactyles de Myers. Ils  émergent des anfractuosités de la roche à la tombée de la nuit.

Ces amphibiens sont typiques de ces zones de roches et reliefs. ils parcourent le granite dénudé à la recherche de nourriture. Ils déambulent dans la pénombre , laissant entrevoir leurs silhouettes trapues, trahies par le clair de lune ou de nos frontales.
En saison des pluies, des nids d'écume sont déposés à l'ombre des clusias (arbres à feuilles coriaces et charnues) . Les têtards pourront par la suite utiliser les ruisseaux et mares temporaires de la forêt pour se développer.

Leptodactyles de Myers +  naturaliste passionné à la recherche pacifique de batraciens
Leptodactyles de Myers +  naturaliste passionné à la recherche pacifique de batraciens

Leptodactyles de Myers + naturaliste passionné à la recherche pacifique de batraciens

 
Voici d'autres petites merveilles de batraciens qui habitent  la forêt guyanaise.

D'autres espèces sont encore plus flashy.



 

Batraciens de Guyane photos de Bernard Gissinger        (batraciens encore à identifier merci les spécialistes)
Batraciens de Guyane photos de Bernard Gissinger        (batraciens encore à identifier merci les spécialistes)
Batraciens de Guyane photos de Bernard Gissinger        (batraciens encore à identifier merci les spécialistes)

Batraciens de Guyane photos de Bernard Gissinger (batraciens encore à identifier merci les spécialistes)

                          
 

Article de Françoise Harrois-Monin (Journaliste scientifique) du CNRS
 

Selon une vaste étude (Global Amphibian Assessment) menée par 500 scientifiques à travers 60 pays, un tiers des amphibiens est menacé d'extinction. En effet, avec leur peau très fine et leur incapacité à réguler leur température interne, ces animaux se montrent particulièrement sensibles aux changements environnementaux. Sur les 5743 espèces observées (grenouilles, crapauds, salamandres, tritons, cécilies), 32,5% soit 1856 sont menacées et 122 ont déjà disparu de leur milieu depuis 1980. Ces disparitions ont eu en partie lieu dans trois zones protégées : le parc national Yosémite aux Etats-Unis, le parc national Eungella en Australie et la réserve des montagnes Monteverde au Costa Rica. Le fautif : un champignon envahissant, Batrachochytrium dendrobatidis, parasite des batraciens qui provoque la chytridiomycose, maladie infectieuse occasionnant leur mort en bloquant leurs organes respiratoires. Il se serait développé à la faveur d'une légère élévation de température liée au réchauffement climatique.

C'est en 2006 qu'une étude parue dans la revue Nature s'est penchée sur ces grenouilles du Monteverde et a montré le lien effectif entre réchauffement climatique et apparition de la maladie. En l'espace de dix ans -entre 1980 et 1990- 67% des 110 espèces d'atélopes (petites grenouilles) endémiques des tropiques américains semblent avoir disparu. Les chercheurs ont analysé les taux d'extinction et leurs liens avec les accroissements de température de l'air et de la surface de la mer. Ils en ont déduit que la mort de ces grenouilles serait bien due à l'extension des épidémies parasitaires. Or, les amphibiens jouent un rôle central dans la chaîne alimentaire des zones humides (ils mangent principalement des insectes et sont la source alimentaire - parfois à l'état d'œuf ou de têtard - de nombreuses espèces d'oiseaux et de poissons). Leur disparition aura donc un fort impact sur le fonctionnement des écosystèmes d'eau douce et sur les services qu'ils rendent à l'espèce humaine (épuration de l'eau, régulation...).

Rédigé par ANAB

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