Destructions illégales de milieux naturels sur le tracé de la Liaison A 4 – Lorentzen

Publié le 26 Février 2017

DNA-Article paru dans les DNA Guillaume             Erckert (25/02/2017)

Alsace Nature, la Ligue pour la protection des oiseaux et l’Association Nature Alsace Bossue constatent « des destructions illégales » de la nature en marge du projet de connexion routière entre Lorentzen et l’autoroute A4, dans le nord de l’Alsace.

Ce champ retourné était encore récemment un verger pâturé délimité par une haie, s’exaspère Stéphane Giraud, directeur d’Alsace Nature. Photo : DNA - G.E.

Ce champ retourné était encore récemment un verger pâturé délimité par une haie, s’exaspère Stéphane Giraud, directeur d’Alsace Nature. Photo : DNA - G.E.

La construction de cette liaison de 6 km, initiée par le conseil départemental du Bas-Rhin pour soulager les traversées de villages et pour renforcer les liaisons avec le pays de Bitche, en Moselle, n’a pas encore commencé – rien n’assure d’ailleurs que cette liaison se fera – « mais on a déjà tous les dégâts connexes relatifs au démembrement », s’insurge Daniel Reininger, président d’Alsace Nature.

Depuis 2013, « six parcelles » de vergers, prairies et haies, pour « un total de 50 000 m2 », accordées à des propriétaires fonciers pour compenser la perte de terres cédées pour permettre la construction de cette liaison routière ont été « illégalement détruites », dénoncent les associations de protection de la nature.

« 50 000 m2 » de vergers, prairies et haies détruits

Malgré l’entrée en vigueur, le 4 août 2016, d’un arrêté préfectoral de protection du biotope concernant les zones à enjeux dans ce secteur, « les destructions sauvages persistent », soutiennent les associations. Elles prendraient même une « autre dimension » ce mois-ci « avec l’arrachage de haies et le retournement de prairies dans des secteurs où ces pratiques sont totalement interdites », souligne Stéphane Giraud, directeur d’Alsace Nature.

De tels faits auraient, selon les associations, des conséquences dramatiques sur la biodiversité, le paysage et la faune. Notamment pour trois espaces parmi les plus menacés d’Alsace et de France. Sur le secteur concerné par l’arrêté préfectoral de protection du biotope, « une trentaine d’espèces protégées d’oiseaux ont été recensées dont trois font partie du plan national d’actions : la pie-grièche à tête rousse, la pie-grièche grise, dont il ne reste plus que quatre couples en Alsace Bossue, et le milan royal qui avait l’habitude de chasser ici », témoigne Cathy Zell, chargée de mission vie associative-communication à la Ligue pour la protection des oiseaux.

Par ailleurs, « sur la colline du Morsberg se trouvent 65 espèces de papillons sur les 130 possibles en Alsace dont 13 figurent sur liste rouge », fait savoir Roland Gissinger, président de l’association Nature Alsace Bossue. « Ce site est d’une richesse exceptionnelle », ajoute-t-il.

Le maire de Sarre-Union et conseiller départemental Marc Séné met en avant le travail du Département pour éviter ces destructions. « On sensibilise les maires et demande régulièrement aux agriculteurs de respecter l’arrêté préfectoral de protection du biotope », explique l’élu.

Face à ces « destructions illégales », les associations de protection de la nature demandent aux partenaires du projet (État, collectivités régionale et départementale, monde agricole) « de respecter les textes de loi et les engagements signés » afin de protéger « la rareté des paysages et la richesse de la biodiversité » d’Alsace Bossue, espère Daniel Reininger.

DNA-Guillaume Erckert (25/02/2017)

Rédigé par ANAB

Publié dans #On parle de nous, #Pollution-pesticides

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Olivier 11/06/2017 12:21

Le problème c'est que l'auteur de ces actes n'a rien à craindre, il ne sera pas poursuivi et aura dans le pire des cas un rappel à la loi... Après un tel acte, ça me semble bien léger.

Roland 11/06/2017 12:48

Olivier tu as raison, dans bien des cas cela passe ainsi.

Ici le service des espaces ruraux du département a envoyé la plainte à l'ONCFS et demandé aux contrevenants de remettre les parcelles en l'état. Il faut reconnaitre ces actions de sanction, c'est bien plus qu'un avertissement.
Un des agriculteurs a promis de replanter des haies et je l'ai constaté moi -même sur une des parcelles du Morsberg. Le problème est le suivi des replantations car à cet endroit la moitié des pousses a crevé suite à la sécheresse printanière.

Donc, à suivre.