Hôtel à insectes : oui, mais pour quels insectes ?

Publié le 31 Mars 2017

article rédigé par Julien Hoffmann · 27-04-2016
voir son blog: 
https://blog.defi-ecologique.com/hotel-a-insectes-pour-quels-insectes/

Les hôtels à insectes ont le vent en poupe depuis une petite décennie et c’est là une très bonne chose, si l’on considère que « les insectes » ont bien besoin d’un coup de pouce. Mais maintenant que la démarche est actée, peut-être est-il temps d’aller un peu plus loin. En effet, un hôtel à insectes, quelle que soit sa forme et de quelque manière qu’il soit constitué, aura toujours des vertus pédagogiques. Mais quid de son efficacité ? En effet, il s’agit de choisir les bons matériaux, pour attirer des animaux qui ne se concurrencent pas et que l’on sait possiblement présent sur le terrain !

Ce que vous allez apprendre

  • Quels insectes colonisent les hôtels à insectes.
  • Quels matériaux attirent les insectes.

Quel est l’intérêt pédagogique de l’hôtel à insectes

Hôtel à insectes : oui, mais pour quels insectes ?

Bourdons des champs — Bombus pascuorum
Le bourdon des champs se trouve principalement dans les herbes basses et près des forêts. C’est bien une espèce inféodée à la campagne, mais qui peut avoir un réel impact sur la pollinisation des cultures. Le bourdon des champs nidifiant dans le sol, on garnira sa boîte en fonction avec une majorité de terre et de quoi l’alléger un peu avec de la paille.

Coccinelle à 7 points — Coccinella septempunctata
La coccinelle à 7 points est une excellente dévoreuse de pucerons, qu’elle soit au stade larvaire ou au stade d’imago (adulte). Mais n’oublions pas que la coccinelle est également particulièrement appréciée de bien des espèces d’oiseaux. Elle fait partie de la chaîne, et pas uniquement pour nous donner un coup de main dans nos cultures ! C’est surtout les pommes de pins et la laine de bois en petits morceaux qui vont attirer nos petites bêtes rouges.

Bourdons des champs (Bombus pascuorum) et  larve de Coccinelle à 7 points (Coccinella septempunctata)
Bourdons des champs (Bombus pascuorum) et  larve de Coccinelle à 7 points (Coccinella septempunctata)

Bourdons des champs (Bombus pascuorum) et larve de Coccinelle à 7 points (Coccinella septempunctata)

Forficules — Forficula auricularia
Les forficules, aussi appelés « perce-oreilles » sont de grands mangeurs de puce rons. À la différence de nombreux autres insectes, par contre, ils peuvent aussi piquer certains fruits ce qui peut poser quelques problèmes. Un simple pot en terre cuite que l’on remplit de paille et que l’on retourne pourra faire l’affaire. Il s’agira d’en avoir deux ; un qui sera dans un arbre pour se « charger en forficules » et un qui sera à l’endroit où les pucerons sont le plus problématiques. Les pots peuvent aussi être posés à des endroits où amphibiens et reptiles .

Orvet commun — Anguis fragilis
Lézard aux écailles lisses et brillantes, l’orvet a une queue qui ne repousse pas totalement contrairement aux autres lézards. Animal qui a besoin de calme, on va le retrouver à bien des endroits, notamment sous des tas de fumier ou de foin vieillissant, là où il peut avoir une chaleur constante. Pour cette raison, on le trouve parfois sous des pierriers, où il aura creusé son propre terrier ou aura réutilisé une galerie abandonnée par un rongeur. Il se nourrit en très grande partie de limaces, ce qui n’est pas sans le rendre séduisant aux yeux des jardiniers et des maraîchers.
 

Forficules ( Forficula auricularia) et  Orvet commun ( Anguis fragilis)
Forficules ( Forficula auricularia) et  Orvet commun ( Anguis fragilis)

Forficules ( Forficula auricularia) et Orvet commun ( Anguis fragilis)

Carabes — Carabidae
Sur un millier d’espèces de carabes en France, 80% des adultes et 90% des larves de cette famille de coléoptères sont carnivores. Les autres mangent des végétaux et peuvent ainsi poser quelques menus soucis aux cultures ou alors, eux aussi, être des auxiliaires de culture. Souches de quelques années, bon fagot de branches et autres branchages de bonne taille vont les attirer pour se réfugier.


 

Punaises prédatrices — Anthocoris

Shane

Anthocoris n’est pas la seule punaise prédatrice, mais elle est bien connue dans la catégorie « auxiliaires de cultures ». Elle peut par contre aussi s’attaquer aux larves de coccinelles, ce qu’il serait bon d’éviter si on souhaite être efficace. Feuillages et écorces feront un vrai quatre étoiles pour ces minis prédateurs.

Carabe  ( Carabidae )et Punaise prédatrice  (Anthocoris)
Carabe  ( Carabidae )et Punaise prédatrice  (Anthocoris)

Carabe ( Carabidae )et Punaise prédatrice (Anthocoris)

Araignées — Opilions, Epeires, Argiopes, Tégénaires, etc.

  Les araignées sont multitude. Si elles sont souvent moins considérées, leur rôle n’en est pas moins primordial dans nos écosystèmes. Avec leurs toiles, énormément d’araignées se nourrissent d’insectes volants, mais cela ne les met pas à l’abri de se faire dévorer à leur tour, notamment par les oiseaux. Feuilles, herbes longues et brindilles permettront à beaucoup d’entre elles d’y placer des cocons qui passeront l’hiver bien abrités.

Le saviez-vous ?

Un hôtel à insectes n’attire pas que des insectes. Pourquoi, d’ailleurs, devrions-nous limiter son impact sur la biodiversité aux seuls insectes ? On pourra donc y rencontrer des araignées, des myriapodes (animaux pourvus de nombreuses pattes et ayant le corps segmenté appelés communément les « mille-pattes »), des cloportes (seul crustacé terrestre, cet isopode se nourrit de détritus de végétaux et est pour cela fort utile) ou encore les collemboles (mangeurs de végétaux en décomposition, d’hyphes, d’algues, de bactéries, etc.).

Et puis arrive la catégorie de poids au-dessus qui vient s’y nourrir… Les musaraignes, les oiseaux, les hérissons et d’autres encore, en fonction de la manière dont a été réalisé l’hôtel à insectes et de l’endroit où il a été placé.
 

Staphylin odorant — Ocypus olens

  Le staphylin odorant est un coléoptère qui mange pour beaucoup les cadavres d’animaux mort, les recyclant par la même occasion. Mais il se nourrit également de nombre de petites proies telles que les larves de limaces ou couvains d’escargots, acariens, asticots et autres. Ce seront principalement des pierres plates, des tuiles ou des tas de végétaux divers et variés qui attireront ce carnivore fort utile.

Araignées  et Staphylin odorant ( Ocypus olens)
Araignées  et Staphylin odorant ( Ocypus olens)

Araignées et Staphylin odorant ( Ocypus olens)

Rédigé par ANAB

Publié dans #Infos à partager

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Roland 01/04/2017 15:44

Bonjour Stephan,

oui, belles photos,
voir le lien en début d'article pour plus d'infos.

Stephan 31/03/2017 14:25

Bonjour et d'abord merci pour ces infos hyper concrètes et utiles !

Ensuite, je ne sais pas qui a fait les photos mais elles sont justes magnifiques...