Le cri d’alerte d’un apiculteur

Publié le 16 Mai 2017

Article paru dans les DNA le 10/5/2017

Si le froid gêne les sorties des abeilles, d’autres raisons font qu’on ne les voit plus guère sur les fleurs des arbres. « Notre façon de vivre ou de conduire l’agriculture peut avoir de graves conséquences sur la survie de l’abeille, tributaire de nos activités et surtout de la palette de nourriture (nectar) disponible dans les vergers et prés ».

Jean-Claude Schmitt lors d’une séance au rucher école.

Jean-Claude Schmitt lors d’une séance au rucher école.

 « Qui va nourrir les butineurs sauvages, bourdons, papillons ? »

L’apiculteur déplore la fauche précoce et les tontes dans les jardins privés qui suppriment les fleurs. Et de s’interroger : « Que vont récolter et manger les abeilles ? Surtout lorsque les vergers sont détruits au profit de la culture. Que trouvera l’abeille sur le maïs ? Parfois la mort tout simplement. Et quand la météo s’en mêle, comme cela est le cas depuis quelques années, les abeilles se raréfient. Il a fallu nourrir les ruches en pleine saison ces dernières années afin de les empêcher de mourir de faim tout simplement ». L’apiculteur poursuit : « Qui va nourrir les butineurs sauvages, bourdons, papillons… accrochés ici ou là dans un arbre de la forêt ? »

Jean-Claude Schmitt précise qu’en 2017, l’ensemble des apiculteurs sur Herbitzheim a perdu des ruches sur une proportion allant de 60 à 100 %. Parmi eux, un apiculteur chevronné qui perd pour la première fois la quasi-totalité de son cheptel au bout de quarante ans d’activité. Jean-Claude Schmitt va plus loin : « Si ce printemps il n’y a pas d’abeilles sur les fleurs qui restent, on ne peut attribuer ces disparitions au hasard, dès lors qu’elles sont localisées à un endroit ».

Un autre facteur contribue à la rareté des abeilles et ce n’est pas le moindre. Les apiculteurs sont certes découragés par les assauts de la nature mais ils déplorent également les tracas causés par l’administration. « On calcule qu’une ruche en activités vaut environ 1 400 € pour le service rendu à la nature par la pollinisation. Autrement dit, la société devrait rémunérer d’une façon ou d’une autre les éleveurs d’abeilles et c’est juste le contraire qui se passe. Il est urgent qu’elle prenne la mesure de ce qui arrive ».

Rédigé par ANAB

Publié dans #Biodiversité de notre région

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