Panéole à bord denté

Publié le 27 Mai 2017

Nom scientifique : Panaeolus papilionaceus (Bull.: Fr.) Quél


Date de l’observation:  20 mai à Zetting
Division des basidiomycota,
: Famille des bolbitiaceae

Lames : adhérentes serrées, grises puis noirâtres avec les arêtes floconneuses blanchâtres

Pied : élancé, cylindrique, duveteux, strié en haut, de même couleur que le chapeau, blanc sale, plus foncé à rougeâtre à la base


Chair : fine, sans odeur et sans saveur

Sporée : noire

Habitathumicole, solitaire ou en petits groupes, directement sur ou à proximité de bouses ou crottins, dans les champs et chemins fréquentés par le bétail ou en prairies amendées de fumiers

Consommation:  toxique

C’est un petit champignon discret, croissant en été et en automne, qu’on peut croiser dans les champs ou chemins fréquentés par le bétail. Nous avions vu il y a quelque temps avec les mycènes l’ordre des tricholomatales qui se caractérisait par des lames non libres, une chair fibreuse et une sporée blanche.

Panéole à bord denté (Panaeolus Ancrepapilionaceus) Photos Gilles Weiskircher
Panéole à bord denté (Panaeolus Ancrepapilionaceus) Photos Gilles Weiskircher
Panéole à bord denté (Panaeolus Ancrepapilionaceus) Photos Gilles Weiskircher

Panéole à bord denté (Panaeolus Ancrepapilionaceus) Photos Gilles Weiskircher


Avec les panéoles, nous entrons dans l’ordre des cortinariales. Les membres de cet ordre se caractérisent par une chair fibreuse, des lames non libres et non décurrentes et une sporée dont la couleur va du brun au noir. Cet ordre très important renferme des membres dont vous avez certainement entendu parler : les cortinaires, les pholiotes, les strophaires, etc.

Le genre Paneolus appartient à cet ordre. Ce sont des champignons assez frêles.  Il y a un moyen assez facile pour repérer un membre de ce genre qui est d’observer les lames. Vous verrez qu’elles n’ont pas une couleur uniforme mais qu’elles sont tachetées.

Ces différences de couleur s’expliquent en gardant à l’esprit que c’est sur les lames qu’on trouve les cellules reproductrices du champignon (les basides qui produisent les spores). Chez les panéoles, ces cellules n’arrivent pas toutes à maturité en même temps, d’où ces différences de teintes. On parle en mycologie de lames pommelées. Cette particularité se retrouve dans l’étymologie panéole (du grec ancien pan « tout » et aiolos « bigarré »).

 

On voit ici l’importance des lames pour la détermination. Les lames du champignon contiennent le tissu fertile (l’hyménium) qui se constitue notamment de cellules spécialisées dans la fabrication des spores, les basides. En mycologie, les lames portent le nom de hyménophore (qui porte le tissu fertile).

Ces lames peuvent s’insérer de différentes façons sur le pied d’un champignon : soit ne jamais le toucher (on parle de lames libres, caractéristique des agarics, des amanites, des lépiotes etc.), soit toucher le pied (on parle de lames adnées), soit descendre le long du pied (on parle de lames décurrentes, caractéristique des pleurotes, etc.). Évidemment la réalité est plus complexe et les mycologues distinguent des nuances dans ces insertions mais globalement on peut retenir ce schéma quand on débute. Sans rentrer dans les détails, on voit qu’observer l’insertion des lames permet déjà de faire un bon tri et d’éviter certaines confusions. Ici une lame peut vous sauver la vie.

Retenons que l’identification d’un champignon ne se fait pas à la hussarde en comparant des photos dans un livre
 mais en adoptant une méthodologie, en observant des critères objectifs. N’oublions pas que l’identification est avant tout une synthèse de différents éléments et en priorité selon des critères objectifs sûrs. Feuilleter un livre et s’arrêter à l’image la plus ressemblante est un non sens en mycologie et une porte ouverte à de graves accidents.

Il n’est pas besoin de rappeler qu’on consomme uniquement des champignons qu’on connaît parfaitement et pour les autres, on les fait identifier préalablement par un pharmacien ou un mycologue.

Plus que jamais l’étude des champignons est une science où la modestie est une grande qualité et la remise en question un gage de longévité.


Texte, photos, et bibliographie : Gilles Weiskircher



Source : http://champyves.pagesperso-orange.fr/champignons/fichier_htm/lames/PanaeolusPapilionaceus.htm

Rédigé par ANAB

Publié dans #Biodiversité de notre région, #champignons

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