« Lactaire à lait abondant »

Publié le 8 Juillet 2017

Nom scientifique : Lactifluus subvolemus, Van de Putte et Verbeken

 
L’espèce lactaire à lait abondant (Lactifluus volemus) a depuis 2016 été éclatée en 3 espèces distinctes, L. volemus, subvolemus et oedematopus. Ce sont les études phylogénétiques qui sont à l’origine de cet éclatement en différentes espèces, reconnaissables notamment à la couleur du chapeau. L’étude des séquences génétiques, aussi bien en mycologie qu’en botanique, bouleverse les classifications.


En photographies nous avons L. subvolemus, une espèce donc qui n’existe officiellement que depuis 2016. La suite de l’exposé se référera à l’espèce (en toute rigueur on devrait dire un morphogroupe puisque l’espèce est éclaté) davantage connue des cueilleurs et des guides d’identification qui est le lactaire à lait abondant (L. volemus) C’est également la raison pour laquelle le nom vernaculaire en français est entre guillements.


Date de l’observation:  27 juin à Oermingen
Division des Basidiomycota, Famille des russulacées

 

Chair : épaisse, très ferme, cassante, blanc-crème à la coupe puis brunissant assez rapidement dans le chapeau, exsudant un lait très abondant, ce qui lui a donné son nom.

Sporée : blanche

Habitat:
mycorhizien de feuillus, appréciant l'ombrage des hêtres, mais aussi dans les bois de résineux


Consommation:  discutable ; à laisser sur place

« Lactaire à lait abondant » (Lactifluus subvolemus,)     Photos Gilles Weiskircher
« Lactaire à lait abondant » (Lactifluus subvolemus,)     Photos Gilles Weiskircher
« Lactaire à lait abondant » (Lactifluus subvolemus,)     Photos Gilles Weiskircher

« Lactaire à lait abondant » (Lactifluus subvolemus,) Photos Gilles Weiskircher

Nous avons déjà eu l’occasion de parler de la famille des russulacées avec le genre Russula. Les russulacées sont des champignons à lames, à sporées blanches à jaunes, dont la chair est grenue (la caractère visible est que le pied se casse net comme une craie).

Parmi les russulacées, outre les russules, on trouve aussi d’autres champignons appelés familièrement lactaires.

Les lactaires, comme les russules, ont le pied qui se casse net comme une craie mais à la cassure se rajoute l’exsudation d’un latex appelé « lait ». Sous la dénomination lactaire, les mycologues rangent deux genres, les genres Lactarius et les Lactifluus.
Les Lactifluus ont un revêtement velouté du pied, un chapeau avec un trichoderme épais (le trichoderme est une disposition particulière des hyphes sur le dessus du chapeau, se manifestant visuellement par des « poils » sur le chapeau) et un lait épais brunissant plus ou moins.

 

On dénombre environ 120 espèces du genre Lactarius en France. Peu d’espèces comestibles en France. Le seul qui a vraiment un intérêt gastronomique est le lactaire délicieux (L. deliciosi). Ce dernier ne pousse que sous pin et on veillera à ne pas le confondre avec le lactaire sanguin (L. sanguifluus) qui ne pousse également que sous pin (comestible), avec le lactaire de l’épicéa (L. deterrimus, non comestible) qui ne pousse que sous épicéa, avec le lactaire saumon (L. salmonicolor, comestible très moyen) qui ne pousse que sous sapin.

 

Pour déterminer un lactaire,  la couleur du lait, ses modifications à l’air, les essences présentes , le revêtement du chapeau, sont des caractéristiques essentielles. On prêtera aussi attention à la présence de « trous », fossettes sur le chapeau chez le lactaire délicieux. Les mycologues appellent ces fossettes des scrobicules.

 

Pour conclure, très peu d’espèces consommables en France mais beaucoup d’espèces âcres ou amères, plus ou moins émétiques.

 

 

 




Source
Lactifluus volemus in Europe: Three species in one--Revealed by a multilocus genealogical approach, Bayesian species delimitation and morphology.

Van de Putte K, Nuytinck J, De Crop E, Verbeken A 

in Fungal Biol. 2016 Jan;120(1):1-25. doi: 10.1016/j.funbio.2015.08.015. Epub 2015 Sep 14

 

http://www.champyves.fr/champignon/fichier_htm/lactaire_russule/Lactarius_volemus.html


Texte, photos, et bibliographie : Gilles Weiskircher

 

Rédigé par ANAB

Publié dans #champignons, #Biodiversité de notre région

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