Érosion du littoral : "Le sable est le défi numéro un du XXIe siècle

Publié le 11 Août 2017

Paru sur France info Radio France Mis à jour le




Christian Buchet, du Centre d’études de la mer de l’Institut catholique de Paris, s'inquiète du prélèvement trop important du sable marin qui provoque l'érosion des côtes et la montée des eaux.

Des dunes de sable à Carnon, dans le Sud de la France. (ALEX BAILLAUD / MAXPPP)

Des dunes de sable à Carnon, dans le Sud de la France. (ALEX BAILLAUD / MAXPPP)

On célèbre jeudi 10 août le 25e anniversaire du lancement du satellite de la mission océanographique Topex-Poséidon, qui a mis en évidence la montée des océans de 3,2 mm par an. Grâce à ce satellite, "on a pu mesurer de manière plus précise ces océans, leur évolution", explique sur franceinfo Christian Buchet, directeur du Centre d’études de la mer de l’Institut catholique de Paris. Il tire la sonnette d'alarme sur les prélèvements de sable marin qu'il juge trop importants. 

franceinfo : Que sait-on grâce aux mesures prises par le satellite Topex-Poséidon sur l'évolution de l'océan ?

Christian Buchet : On a pu mesurer de manière plus précise ces océans, leur évolution. Ils grossissent à cause du réchauffement climatique. Ils représentent 72% de la surface de la planète, soit 361 000 000 km2, et on commence à peine à mieux les connaître. On n'a vu que 5% des fonds marins ce qui veut dire que tout reste à découvrir. Aujourd'hui, on connaît mieux la surface de Mars que ces fonds marins. Nous avons pu cartographier ces derniers grâce aux satellites qui ont pris en compte les déformations à la surface de l'eau.

Qu'est ce qui menace les océans de nos jours ?

Ce ne sont pas les océans qui menacent la Terre, mais l'homme et la Terre qui menacent les océans. Le changement climatique est déjà une réalité. Sous l'effet du réchauffement, les mers, comme tout corps, se dilatent et nos côtes s'érodent. Elle sont grignotées par l'eau qui monte. 

Il n'y a pas que le réchauffement climatique ?

On est 7 milliards de Terriens, on sera plus de 9 milliards en 2050. On prélève de plus en plus de sable, de granulats en mer, parce qu'il faut construire. Le sable est le défi numéro un du XXIe siècle car on s'en sert partout, pas seulement dans les parpaings, mais aussi dans le verre ou dans les processeurs. On le prélève trop souvent trop près de la côte donc cela fait des trous dans le fond marin. Et on sait que la mer bouche ces trous en prenant du sable sur le littoral. Il est urgent dans la loi de faire en sorte que tout prélèvement de granulats en mer fasse l'objet d'une étude d'impact sur l'érosion avant d'être autorisé.

Rédigé par ANAB

Publié dans #préserver les ressources

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Roland 11/08/2017 21:13

Merci Christian de ce complément. Oui tout à fait, certaines communes installent des digues et ce sont les communes voisines qui voient le sable de leurs plages disparaître ou bien leurs falaises.

Comme souvent une réflexion globale sur le sujet et la solidarité manquent

Christian 11/08/2017 08:18

L'article est intéressant;mais il faut ajouter à cela la construction des divers ouvrages côtiers tels que digues,jetées etc.(y compris les ouvrages de protection) qui modifient les courants, côtiers ceux-ci emmenant sables et galets et favorisent le grignotage rapide des falaises,comme en Haute-Normandie,par exemple..Le recul des falaiss y est impressionnant,mais quid du littoral landais?
Le pillage minéral des fonds marins y succède à celui des"ressources"halieutiques" qui y ont presque disparu.
Nous avons oublié que "tout a un coût",à court,moyen ou long terme.