Plutée à couleur de lion- et "questions réponses sur la couleur des champignons"

Publié le 12 Août 2017

Plutée à couleur de lion (Pluteus leoninus)  - Photos : Gilles Weiskircher (Anab)
Plutée à couleur de lion (Pluteus leoninus)  - Photos : Gilles Weiskircher (Anab)
Plutée à couleur de lion (Pluteus leoninus)  - Photos : Gilles Weiskircher (Anab)

Plutée à couleur de lion (Pluteus leoninus) - Photos : Gilles Weiskircher (Anab)

Nom scientifique : Pluteus leoninus (Sch. : Fr.) Kummer 1871

 
Un des plus beaux plutées (plutée est un nom masculin) de nos forêts avec sa magnifique couleur jaune. Les plutées (du latin pluteus signifiant tablette) sont des champignons qui font partie d’un ordre dont on a pas encore eu beaucoup l’occasion de discuter, l’ordre des plutéales.Voir notre article sur le Plutée granuleux

Ces champignons à lames se caractérisent par des lames libres (des lames ne touchant pas le pied, comme les amanites, les lépiotes, les agarics) et par une sporée rose, ce qui les différencient de l’ordre des amanitales (sporée blanche) et de l’ordre des agaricales (sporée blanche ou noire). L’ordre des plutéales comprend les genres Pluteus, Volvopluteus et Volvariella. La classification néanmoins est en plein chamboulement, notamment avec le dernier genre mais aussi les amanitales qui rejoindraient les plutéales.

On recense environ 90 espèces de plutées en France dont certaines ont une valeur patrimoniale. Aucun n’est considéré comme comestible. L’identification des plutéales repose macroscopiquement sur l’examen de la texture du chapeau, s’il est ridé, velouté, granuleux, etc. Bien souvent, la loupe et le microscope sont nécessaires.

Les membres des plutéales sont saprotrophes sur bois excepté Volvariella surrecta dont le sporophore se développe sur d’autres champignons.


Date de l’observation:  5 juillet à Herbitzheim
Division des Basidiomycota, Famille des plutéacées

 

Chair : Blanchâtre, jaune sous la cuticule, mince, odeur légèrement raphanoïde (de radis), saveur douce, fade.

Sporée : rose

Habitat:
Sur branches mortes tombées, sur fragments de bois ou sur souches pourries, dans les forêts de feuillus ou dans les forêts mixtes de feuillus et de conifères,  à partir du milieu de l'été et jusqu'à l'automne


Consommation:  sans intérêt

 

Détails chapeau, lames, pied de Plutée à couleur de lion (Pluteus leoninus)  - Photos : Gilles Weiskircher (Anab)
Détails chapeau, lames, pied de Plutée à couleur de lion (Pluteus leoninus)  - Photos : Gilles Weiskircher (Anab)
Détails chapeau, lames, pied de Plutée à couleur de lion (Pluteus leoninus)  - Photos : Gilles Weiskircher (Anab)

Détails chapeau, lames, pied de Plutée à couleur de lion (Pluteus leoninus) - Photos : Gilles Weiskircher (Anab)

La belle couleur de ce champignon est l’occasion de dire quelques mots sur la couleur des champignons. Dans ce registre, les champignons ne manquent pas d’imagination et on voit fréquemment en automne le sol forestier se parer de magnifiques couleurs. On trouve une belle diversité de couleur chez les russules mais comme on l’a déjà indiqué dans l’article consacré à la russule charbonnière, certains pigments des russules sont solubles dans l’eau où ne s’exprime pas de la même façon si le champignon est à l’ombre ou en plein soleil.

Les champignons sont pourvus de certains pigments comme les caroténoïdes, les anthraquinones, la mélanine (pigment qu’on trouve également chez l’homme), etc. Cependant, on ne trouvera jamais de chlorophylle chez les champignons. Les champignons ne sont pas des plantes et par conséquent sont incapables de réaliser la photosynthèse.

Un pigment est utilisé en ébénisterie et marqueterie. Le mycélium de la pézize turquoise (Chlorociboria aeruginascens) libère dans le bois un pigment, la xylidine, qui donne au bois une magnifique couleur bleuâtre recherchée en ébénisterie. Un autre pigment est apprécié des amateurs de fromage bleu. En effet, la coloration bleu, les saveurs qui affolent certaines papilles, sont l’œuvre d’un champignon du genre Penicillium.

Pourquoi certains champignons arborent de belles couleurs ? On peut émettre l’hypothèse, tout comme les fleurs, que certaines couleurs vont attirer des insectes qui se chargeront de la dispersion des spores. C’est un champ de connaissance en mycologie qui nécessite encore des recherches.

 

De façon générale, on n’utilisera pas la couleur comme un critère absolu et objectif de détermination. D’une part, il y a une variabilité possible de couleur loin d’être négligeable au sein d’une même espèce, d’autre part certains champignons ont la particularité d’être hygrophane, c’est-à-dire que la couleur de leur chapeau varie selon le degré d’humidité. Il est utile également de préciser que l’absence d’un pigment ne signifie pas que le champignon soit incapable de le fabriquer, mais tout simplement que la synthèse du pigment est entravée par un facteur environnemental. Les pigments sont solubles dans l'eau et peuvent passer les membranes cellulaires ce qui fait que leur concentration dans un organe donné peut varier au cours du temps car ils peuvent migrer partout. Selon la luminosité du site où l’on cueillera le champignon, variable selon le moment de la journée, la couverture végétale, etc., la perception de la couleur est différente. N’oublions pas que schématiquement la perception de la couleur par notre cerveau est la résultante de la réflexion de la lumière sur un objet. 

En conclusion, la couleur peut être un élément de diagnose, souvent bien utile, mais pas un critère exclusif et déterminant. L’expression des couleurs possède des biais qu’il faut connaître.

 

Chez les bolétales, qui n’a pas été surpris par la coloration bleue qui peut survenir quand on manipule les pores du champignon ou quand on le coupe. Le bleuissement de certains bolets est dû à l'oxydation d'une substance phénolique, le bolétol. Ce bleuissement n'est pas un indice de toxicité ni de comestibilité. On rencontre encore trop souvent cette idée fausse qu’un champignon qui bleuit est nécessairement toxique. c’est faux. Le bleuissement n’est pas un critère de comestibilité.

 


Source :

http://mycorance.free.fr/valchamp/champi192.htm

Texte, photos, et bibliographie : Gilles Weiskircher

 

Rédigé par ANAB

Publié dans #champignons, #Biodiversité de notre région

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