Des toits transformés en centrales électriques

Publié le 11 Septembre 2017

paru dans DNA Guénolé BARON 10/09/2017

La première édition de Festinergie sur le site d’Air et Vie à Marmoutier était une occasion parfaite pour les bénévoles de la nouvelle société Centrales villageoises du pays de Saverne de communiquer sur leur projet. Ils veulent installer des panneaux photovoltaïques sur les toits des particuliers afin de produire une électricité plus propre.

Guillaume Turko et Paola Criqui ont bon espoir de poser les premiers panneaux photovoltaïques sur différents toits de la région de Saverne d’ici la fin de cette année. PHOTO DNA - G.B.

Guillaume Turko et Paola Criqui ont bon espoir de poser les premiers panneaux photovoltaïques sur différents toits de la région de Saverne d’ici la fin de cette année. PHOTO DNA - G.B.

« L’idée est de produire des énergies électriques renouvelables via des panneaux photovoltaïques », résume Paola Criqui. Jusque-là, rien de révolutionnaire. Sauf que ces panneaux ne seront pas forcément installés chez elle ou chez la dizaine d’autres membres qui ont investi quelques économies dans des actions de la société Centrales villageoises du pays de Saverne. Ces derniers prévoient de les poser… chez leurs voisins ! « Nous allons louer des toitures bien exposées », explique Paola Criqui, sous contrôle de Guillaume Turko, responsable du projet pour le pays de Saverne, plaine et plateau.

« Participer à un mouvement citoyen »

Une dizaine de toitures leur ont déjà été proposées, deux à Saverne et huit autres aux alentours. Soit la moitié de ce qui leur faut : « Le projet prévoit vingt toitures pour atteindre une superficie totale de 1 200 m2 », souligne Guillaume Turko. Présents hier sur le site d’Air et Vie de Marmoutier, à l’occasion de la première édition de Festinergie (lire ci-dessous) , les initiateurs de cette démarche citoyenne espéraient bien convaincre d’autres particuliers de leur mettre à disposition leurs toitures. Mais ces derniers doivent le faire pour « participer à un mouvement citoyen », plutôt que pour des raisons économiques : « le prix de la location est très modique », prévient Paola Criqui. « Nous finançons, installons et assurons la maintenance des centrales qui doivent avoir une superficie d’au minimum 60 m2 », poursuit-elle. L’électricité produite sera alors revendue et permettra aux membres de la société Centrales villageoises du pays de Saverne de percevoir un taux d’intérêt d’environ 2 % pendant vingt ans, durée du contrat de rachat de l’électricité produite. « La rentabilité de ce produit financier n’est pas mirobolante mais c’est un placement stable sur vingt ans, et un placement écologique », insiste Paola Criqui. « Nous touchons aux trois piliers de l’énergie renouvelable : l’économie, l’écologie et l’aspect social », poursuit Guillaume Turko.

Une vingtaine de centrales villageoises en France

Cela fait un an qu’un comité bénévole travaille sur ce projet désormais en voie de concrétisation. « Nous avons lancé un appel d’offres pour trouver un bureau d’études et nous travaillons sur le financement du projet qui pourra bénéficier d’aides de la Région avec Climaxion (un programme en faveur de la transition énergétique et de l’économie circulaire, NDLR) ou encore les fonds européens Leader », a vérifié Paola Criqui. Pour réaliser ces centrales villageoises, le groupe fondateur a pu compter sur d’autres soutiens comme le pays de Saverne, plaine et plateau, la communauté de communes Saverne-Marmoutier-Sommerau ou encore de la Ville de Saverne. « Nous adhérons aussi au réseau des centrales villageoises qui dispose de beaucoup d’outils éprouvés ». Car, en France, une vingtaine de centrales villageoises ont vu le jour ces dernières années. Celle de Saverne ne devrait plus tarder. « J’ai bon espoir qu’on puisse démarrer fin 2017… »

Renseignements au 03 68 67 01 12 ou paysdesaverne@centralesvillageoises.fr

Les savoir-faire locaux ont été mis en valeur avec la présence d’artisans de la région de Saverne, tels que la briqueterie de Hochfelden, une des dernières qui créent des tuiles en terre cuite à la main. PHOTOs DNA - G.B

Les savoir-faire locaux ont été mis en valeur avec la présence d’artisans de la région de Saverne, tels que la briqueterie de Hochfelden, une des dernières qui créent des tuiles en terre cuite à la main. PHOTOs DNA - G.B

Un regroupement d’énergies positives

La manifestation Festinergie du pays de Saverne, plaine et plateau, s’est déroulée hier sur le site d’Air et Vie de Marmoutier. Le but était de rendre le thème de la transition écologique plus abordable auprès du grand public.


 

Pour Benjamin Godfroy, chargé de mission énergétique au pays de Saverne, mettre les territoires sur la voie de la transition écologique est « le défi du XXIe siècle ». Et « on y arrivera que si on touche tout le monde : collectivités, entreprises et citoyens ». C’est pour sensibiliser tous ces acteurs qu’il a travaillé ces derniers mois sur la mise en œuvre de la première édition de Festinergie. Une nouvelle manifestation qui s’est déroulée toute la journée d’hier à Marmoutier et qui avait pour but de « montrer les différentes initiatives locales » concernant les économies d’énergie et le respect écologique. Le site d’Air et Vie de Caritas, avec son bâtiment BBC, l’utilisation de produits locaux pour son restaurant, et les actions de sensibilisation environnementale qui y sont régulièrement organisées, a tout de suite paru le lieu idéal. D’autant plus que « c’est un lieu de mixité sociale qui à la vocation de faire se rencontrer les gens », précise Odile Castaing, chargée de communication d’Air et Vie.

Sortir du discours technique

Pour sortir du discours technique et toucher le grand public, les organisateurs de Festinergie ont voulu proposer une manifestation pédagogique « plus ludique et plus attractive, sans pour autant enlever le contenu », indique Benjamin Godfroy. Les visiteurs pouvaient ainsi circuler d’un stand à l’autre. Plusieurs thèmes y étaient abordés, tels que la mobilité douce, les techniques de construction et de rénovation de bâtiments, les énergies renouvelables, ou encore les ressources locales. Des animations étaient aussi proposées aux plus jeunes. Pour que chacun se rende compte que la transition énergétique peut être un sujet à la fois intéressant et amusant.

Rédigé par ANAB

Publié dans #préserver les ressources

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