Etude sur la faune aquatique de la Zinsel

Publié le 16 Septembre 2017

paru dans les DNA Guénolé BARON 01/09/2017
 

De l’électricité dans l’eau

La ligne LGV a-t-elle un impact sur la vie aquatique de la Zinsel ? Pour le savoir, un référencement des espèces a eu lieu mercredi matin à Steinbourg par un bureau d’étude spécialisé. Les experts ont utilisé la technique de la pêche électrique pour capturer les poissons.

La pêche électrique s’est déroulée sur une portion de 150 mètres dans la Zinsel. PHOTOs DNA - G.B.

La pêche électrique s’est déroulée sur une portion de 150 mètres dans la Zinsel. PHOTOs DNA - G.B.

Au bout de leurs cannes, non pas l’habituel fil au bout duquel flotte un hameçon, mais une sorte de cerceau métallique. Des anodes, en réalité. L’eau de la Zinsel jusqu’aux hanches, ces pêcheurs particuliers ne manquent pas de se faire remarquer par toux ceux qui circulent le long de cette rivière à Steinbourg. En marchant à un rythme lent, deux d’entre eux immergent leurs cannes électriques alimentées par un fil raccordé à un groupe électrogène, tandis que deux autres récupèrent des poissons immobiles avec des épuisettes. Le long de leur passage, les habitants écaillés de ces eaux sont irrésistiblement attirés, puis tétanisés par le champ électrique émis, remontant tout de suite à la surface sans bouger. Il ne suffit plus qu’à les récupérer et les laisser reprendre leurs esprits dans une grande bassine.

Un premier état initial a été effectué avant les travaux de la LGV

Un procédé de pêche interdit en règle général. Mais, il ne s’agit pas là de vulgaires braconniers. Au contraire, ces pêcheurs sont des experts de la faune aquatique qui utilisent ce système avec une mission bien précise : référencer la diversité et la masse des espèces présentes sur cette portion de rivière. « Avant la construction de la ligne LGV, un premier état initial avait été fait afin de connaître les espèces », indique Audrey Delong, chef de projet pour le bureau d’études Pedon environnement et milieux aquatiques basé à Metz. Les chiffres qu’elle obtiendra sur cette seconde opération permettront alors d’effectuer un comparatif et d’évaluer l’impact du passage du TGV sur le milieu aquatique. L’étude est réalisée sur « une portion de rivière longue de vingt fois sa largeur », précise Audrey Delong. Soit 150 mètres environ.

Rien n’aurait pu se faire sans l’accord de l’association de pêche locale. Son président, Joseph Bieth, leur a bien volontiers donné le feu vert, trop curieux de connaître le résultat du travail d’alevinage, notamment pour les truitelles et les gardons, réalisé depuis quinze ans dans cette rivière. Il ne sera pas déçu.

« Il y a de la vie là-dedans ! »

Des poissons de toutes tailles et de toutes sortes sont ressortis brièvement de leur habitat naturel, juste le temps de les trier puis de les compter. « On a eu un brochet de plus d’un mètre », s’étonne un des experts. Trop grand pour être manipulé sans risquer d’être blessé, l’animal a finalement été laissé dans la rivière. En revanche, une multitude de gardons, brèmes, perches, chabots, chevesnes, et autres tanches ont été scrutés à la loupe, mesurés et pesés pour les plus grands, avant d’être doucement remis à l’eau. Autant d’informations qui permettront de déterminer l’évolution des espèces sur cette portion de rivière. Une chose est sûre, « il y a de la vie là-dedans », se réjouit Joseph Bieth devant les seaux grouillant de poissons. Y compris des écrevisses exotiques, paraît-il. « Il y a quelques jours, on nous en a signalées ici », informe-t-il. Une mauvaise nouvelle en vérité car elles seraient nuisibles aux très rares écrevisses indigènes. Elles n’ont en tout cas pas été prises dans les filets des experts. « On mettra quand même des pièges », annonce Joseph Bieth qui, définitivement, préfère les nageoires aux pinces.

La pêche terminée, il a fallu trier les espèces de poissons pour ensuite pouvoir les compter. Les plus gros poissons ont été mesurés puis pesés avant d’être remis à l’eau.
La pêche terminée, il a fallu trier les espèces de poissons pour ensuite pouvoir les compter. Les plus gros poissons ont été mesurés puis pesés avant d’être remis à l’eau.

La pêche terminée, il a fallu trier les espèces de poissons pour ensuite pouvoir les compter. Les plus gros poissons ont été mesurés puis pesés avant d’être remis à l’eau.

Rédigé par ANAB

Publié dans #Biodiversité de notre région

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