Alsace Nature demande une autre PAC !

Publié le 3 Mai 2021

Alsace Nature demande une autre PAC !

ENFIN !! les commentaires sont à nouveau possibles sur notre blog.
Ce bug était vraiment long à corriger par notre hébergeur  Overblog.



communiqué du 29 avril 2021

Alsace Nature veut une autre Politique Agricole Commune (PAC) que celle qui est appliquée aujourd’hui, et une autre PAC que celle que défend le syndicat FNSEA qui annonce la convergence de ses tracteurs vers Strasbourg pour manifester le 30 avril. La FNSEA défend la prédominance du maïs en Alsace alors que la nouvelle PAC, en exigeant plus de diversité, pourrait bousculer cette filière qui règne sur les paysages alsaciens.

En effet, les derniers arbitrages sur les outils de la PAC sont en cours, en particulier sur les règles de la conditionnalité qui s’imposent pour toutes les aides à tous les hectares, ou les ecoschemes qui apportent un complément d’aides à l’hectare pour des prestations volontaires supplémentaires. Il aurait fallu lier les aides au nombre d’actifs plutôt qu’au nombre d’hectares ; cela aurait pu mettre fin à toute discrimination des petites exploitations.

Quant au maïs, c’était la PAC qui au siècle dernier avait incité à retourner les prairies pour introniser cette culture. Il est normal que la PAC évolue et s’adapte, au vu des leçons du passé, des savoirs du présent et des besoins du futur. Le changement climatique, la dégradation des sols, l’effondrement de la biodiversité, la pollution par les pesticides, ne peuvent pas attendre. Ni les lois du marché, ni le lobbying ni le clientélisme ne peuvent orienter l’agriculture vers des modes de production durables et sains. La PAC doit changer
la donne, c’est le moment.

Les bonnes règles agronomiques sont effectivement la rotation des cultures, donc incontestablement un peu moins de maïs, et la couverture des sols. Le point clé c’est positivement l’introduction de légumineuses plus que la stigmatisation du maïs, c’est la diversification des filières avec une bonne place à donner au soja qui est viable en Alsace,
la reconquête des prairies riches en fleurs, des zones humides et autres lieux de biodiversité, la plantation d’arbres et de haies, et la réduction des cheptels en appliquant le principe du « Moins et Mieux » à l’élevage. Il est insoutenable de continuer à consacrer plus de 60 % des céréales utilisées en Europe à l’alimentation animale. La conversion vers l’agriculture biologique permet de sortir des pesticides et de sortir de la pollution de l’air et de l’eau par les excédents d’azote, l’agriculture biologique étant beaucoup plus économe que le système conventionnel.

Il faut aussi sortir d’une PAC qui maintient des revenus agricoles insuffisants et instables en permettant (et en finançant indirectement !) la pression exercée par la guerre des prix irresponsable des distributeurs et des marchés mondiaux. Où va l’argent de la PAC ?
Chez des fournisseurs à l’amont, pour être « compétitifs » grâce à des économies d’échelle, et ensuite les gains de productivité sont absorbés par l’aval ! Il faudra au contraire garantir les biens communs et le bien-être collectif y compris celui des animaux d’élevage. Plutôt que de brader à prix cassés les produits agricoles dont la viande, le lait et les œufs  qui sont en surproduction par rapport aux besoins nutritionnels humains, il vaudrait beaucoup mieux soutenir les ménages en difficulté et assurer de cette manière l’accès à une nourriture saine pour tous. Ce serait une des vocations de la PAC, au moyen (entre autre) des Plans Alimentaires Territoriaux (PAT).

Rédigé par ANAB

Publié dans #Consommation

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marc ringenbach 03/05/2021 23:35

l'agriculture biologique participe également à la séquestration du carbone dans la structure organique du sol, la faune et les micro-organisme du sol

Roland 03/05/2021 23:36

merci Marc de cette contribution

christian 03/05/2021 19:21

Petits rappels

Parallèlement à tout débat sur la PAC, il ne faut pas oublier que pour le consommateur l'achat de produits biologiques implique , en général ,l'acceptation de prix plus élevés.
L'équilibre des budgets familiaux n'est également plus le même qu'il y a cinquante ans et l'alimentation compte pour un pourcentage moindre dans les budgets des ménages.

Des choix cruciaux

Cela conditionne également notre avenir agricole.
L'agriculteur n'est pas seul concerné, mais l'ensemble des consommateurs.

Toujours par rapport aux produits d'origine biologique la baisse des normes pour satisfaire un plus grand nombre de consommateurs est à prendre en compte.
Cela a été préconisé par le gouvernement!

ANAB 03/05/2021 20:32

merci Christian de cette réflexion sur l'alimentation, son coût et son évolution.
Selon leurs ressources, la part de l'alimentation dans les ménages peut représenter beaucoup ou très peu. pour les gros revenus par exemple.

D'après l'Insee, la part de l'alimentation dans la dépense de consommation des ménages français était de 35% en 1960, 20% en 2014 et sans doute bien moins en 2021.
https://www.insee.fr/fr/statistiques/1379769
Ceci signifie pour moi que l'on peut redonner plus de budget à de l'alimentation saine ou bio pour tous. On consommera moins de téléphonie ou de superflu par ailleurs.

J'ai du mal à comprendre pourquoi le gouvernement veut diminuer les normes sur le bio qui pourrait être au contraire améliorées.

Les produits bio sont souvent des produits sans pesticides et non bio dans le sens où la biodiversité n'est pas un critère à tenir. L'herbe d'une prairie est coupée et distribuée aux vaches tous les jours , et ne peut plus produire de fleur ni abriter d'insectes.


Roland

Sylvain MULLER 03/05/2021 09:46

Tant que l' on fera de la surproduction bas de gamme, au nom de la rentabilité à l' hectare on ne se sortira pas de cette situation. Seuls les agriculteurs responsables pourront améliorer les choses !!

ANAB 03/05/2021 09:53

Merci Sylvain de ton avis.

Tu trouveras aussi dans la presse (DNA et autres) le fait que des agriculteurs ne sont pas d'accord avec la ligne FNSEA trop profitable aux grands exploitations et qui néglige ou même essaye d'empêcher le bio de se développer.