Les trainées de condensation des avions et les effets de serre

Publié le 17 Août 2018

Les traînées de condensation des avions accentuent le réchauffement climatique

Les trainées de condensation des avions et les effets de serre

Pierre-Jean nous a interpellés sur le sujet de la pollution par les chemtrails.
Sans doute voulait-il parler des "contrails" ou trainées de condensation
et de leurs effets sur le climat.
C'est ce sujet qui nous intéresse et intéresse Pierre-Jean.

Pour mieux préciser le sujet, il faut rappeler que le mot anglais chemtrails , signifie "trainées chimiques" et part de la théorie que ces trainées seraient des ensemencements chimiques de poudres dans le ciel réalisés par des personnes plus ou moins bien intentionnées.
Ces poudres serviraient à modifier le climat, le régime des pluies, ... tout ce que l'on peut imaginer en délirant un peu.

C'est une fumisterie ou usine à buzz, et rien n'a jamais été prouvé. Les sites qui en parlent sont des sites conspirationnistes à ignorer totalement,  rédigés par des doux rêveurs ou de  vrais dingues.
Voir le deuxième article et les réponses de Greenpeace sur ce sujet.
 
Revenons à plus sérieux,  :
Les trainées de condensation des avions et leurs conséquences sur les effets de serre

Roland




paru sur RTFLASH le 28/06/2018 -
Selon une étude allemande dirigée par Bernd Kärcher, physicien au Centre allemand pour l’'aéronautique et l'’astronautique (DLR), les traînées blanchâtres de condensation qui s’'étirent derrière les avions à réaction accentuent le réchauffement climatique de façon importante, probablement davantage que le carburant brûlé pour faire voler les appareils.

A l'’heure actuelle, l’'aviation est responsable de 4 % du « forçage radiatif anthropogénique », c’est-à-dire du déséquilibre d’'origine humaine entre l’'énergie entrante et sortante dans l’'atmosphère terrestre. Ce pourcentage se partage entre les nuages générés par les avions et le CO2 issu des réacteurs.

« C’est environ moitié-moitié, ou peut-être même un peu plus pour les nuages, indique Bernd Kärcher. Il est important de remarquer que le CO2 persiste beaucoup plus longtemps dans l’'atmosphère que les nuages produits par les avions. Empêcher la formation de ces nuages pourrait donc constituer une solution rapide pour ralentir le changement climatique, et nous donner un peu de temps pour arriver à réduire les émissions de CO2 ».

Comme tous les nuages, les traînées de condensation –ou cirrus homogenitus, le nom que leur a donné en 2017 l’'Organisation météorologique mondiale, – naissent quand de la vapeur d’eau se condense sur de fines particules en suspension dans l’'air. Les réacteurs d’'avion facilitent le phénomène en rejetant des poussières de suie dans un environnement autrement dépourvu de particules. De la vapeur d’eau provenant du réacteur s'’agglutine sur les poussières pour former des gouttelettes.

Plus loin dans le sillage de l'’appareil, où le souffle du moteur s’est refroidi, les gouttelettes gèlent et forment de microscopiques cristaux de glace. Dans les minutes et les heures qui suivent, l’'humidité naturellement présente dans l’air fait croître les cristaux et en décuple la taille.

Sous certaines conditions, les traînées de condensation peuvent subsister dans l’'atmosphère pendant des heures. Certaines perdront leur forme longiligne et deviendront alors des cirrus, ces nuages rappelant les cheveux d’'ange qu'’on voit très haut dans le ciel. Presque transparents, les cirrus absorbent tout de même une partie de la radiation provenant de la Terre et la réémettent vers le sol. Les rayons du Soleil, eux, traversent les cirrus sans trop de mal. L'’effet net est donc un réchauffement de la température de surface, contrairement aux nuages plus bas, opaques et blancs, qui la diminuent.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

voir aussi l’article du Monde du 12/5/2018
https://www.lemonde.fr/climat/article/2018/05/12/les-trainees-blanches-des-avions-contribuent-au-rechauffement-climatique_5297919_1652612.html

7 scientifiques se sont attaqués à la coriace théorie du complot des "chemtrails"

 

SCIENCE - Elle n'est pas aussi populaire que les Illuminati, mais vous avez surement entendu parler de cette théorie du complot. Les traînées blanches que vous voyez dans le ciel ne sont pas de la simple condensation de vapeur d'eau émise par les moteurs d'avion, mais des chemtrails. Soit des produits chimiques déversés à haute altitude.

Avec différents objectifs (réchauffement climatique, contrôle de la météo ou de la population, arme bactériologique, etc), ces épandages géants sont dissimulés au grand public par les gouvernements du monde entier. Même Kylie Jenner trouve ça intriguant:

 

 

 

Sur les sites mettant en garde contre le complot chemtrails, on trouve également des "preuves scientifiques", présentées comme irréfutables... que de vrais scientifiques viennent de réfuter.

Dans une étude publiée le 10 août dans la revue Environmental research letters, quatre chercheurs ont choisi de vérifier les dires des fervents défenseurs de la théorie des chemtrails, rapporte ScienceAlert.

A l'épreuve des spécialistes

Car mine de rien, précisent les auteurs, près de 17% des personnes interrogées dans un sondage international de 2011 croient que certains de ces traits dans le ciel sont des produits chimiques cachés.

Les 4 chercheurs ont donc interrogé 77 scientifiques spécialisés dans la chimie atmosphérique et des géochimistes travaillant sur les dépôts de pollution. Ceux-ci ne sont pas choisis au hasard et sont les plus cités dans les publications scientifiques sérieuses (avec comité de lecture) depuis 1994.

76 d'entre eux affirment n'avoir jamais rencontré une seule preuve validant la théorie des chemtrails. Le seul scientifique qui a répondu oui a précisé avoir observé "un haut niveau de barium atmosphérique dans une zone éloignée avec des niveaux bas de barium au sol".

L'étude est allée plus loin, en soumettant aux spécialistes les "preuves" mises en avant par les complotistes afin d'évaluer leur validité scientifique. En général, les preuves sont soit des photos de traînées bizarres, soit des analyses de l'eau, du sol et de la neige prélevée à des endroits supposés contaminés par les chemtrails.

Des photos intrigantes, des réponses toutes simples

Les chercheurs ont donc commencé par montrer quatre des photos les plus utilisées pour prouver que ces traînées ne peuvent pas être de la simple condensation formée si les conditions s'y prêtent (altitude, température notamment, plus de détails ici). Dans tous les cas, les scientifiques ont trouvé de nombreuses explications et aucun n'a mentionné les chemtrails.

Pour cette photo, un tiers des chercheurs estime que cela peut être expliqué par des acrobaties d'avions militaires, les autres évoquant comme causes des avions volant en rond, de fort vents ou encore un important trafic aérien.

Pour ces deux photos (des traînées plus ou moins longues ou coupées), les scientifiques affirment pour plus de la moitié que l'explication la plus logique est un changement d'humidité de l'air, qui empêche la condensation.

Enfin, pour cette traînée multicolore, les chercheurs penchent pour un air moite sursaturé, une réfraction de la lumière sur un cristal de glace, l'angle du soleil et de la prise de vue ou encore une température faible... mais jamais n'est évoquée l'idée d'une diffusion volontaire de produits chimiques.

Des analyses faussées (ou pas pertinentes)

Dans la deuxième partie de leur étude, les quatre auteurs ont montré aux scientifiques, et notamment aux géochimistes, des analyses de laboratoires, présentées comme des preuves par les tenants de la théorie des chemtrails. A chaque fois, un échantillon a été récupéré dans l'air, dans un étang ou dans la neige. La teneur en différents éléments chimiques suspectés d'être épandus par les avions est alors analysée. En général, on retrouve l'aluminium, le cuivre ou encore le barium.

Trois échantillons, mis en avant sur les sites complotistes, ont été présentés aux scientifiques. A chaque fois, l'écrasante majorité (plus de 8 scientifiques sur 10) ont trouvé que ces preuves ne permettaient pas de conclure à l'existence de chemtrails. Pour deux des échantillons pourtant, un expert a estimé que les taux étaient anormalement haut et pouvaient s'expliquer par un épandage massif de produits chimique.

Et si finalement, ce spécialiste avait raison et tous les autres se trompaient? Sauf que sur ces deux échantillons, il y a plusieurs problèmes qui font douter de la véracité des analyses fournies. Le premier compare le niveau relevé dans l'atmosphère en barium, notamment, et le "niveau maximum autorisé". Le graphique montre une différence énorme. Sauf que la limite est en réalité celle du nombre de particules dans l'eau potable et non dans l'air. Quant à la concentration anormalement haute dans ces échantillons récoltés dans l'atmosphère, elle est étrangement similaire à celle moyenne trouvée dans les sols ou les poussières désertiques, ont noté quatre des experts interrogés.

De même, sur l'échantillon de neige avec des taux de ces molécules chimiques anormalement hauts. Le problème? Ce n'est pas de la neige tombée du ciel mais ramassée sur le sol, et donc potentiellement contaminée par autre chose.

Plus d'avions... donc plus de traînées

En fait, dans tous les cas, les scientifiques étaient souvent soit très sceptiques face aux preuves fournies, soit demandaient plus d'informations et de contexte. Chose que, évidemment, les sites complotistes ne fournissent pas, jouant justement sur la pseudo-science de leurs arguments.

En conclusion, les auteurs de l'étude rappellent que même si une partie (37%) des experts sont d'accord qu'il y a de plus en plus de traînées dans le ciel, c'est surtout dû à la hausse du nombre d'avions, mais aussi aux moteurs plus gros et plus efficaces. Ceux-ci créent de la vapeur d'eau plus froide et permettent aux avions de voler plus haut. Les conditions nécessaires pour que des traînées de condensation se forment.

Les auteurs affirment que c'est la première fois que des scientifiques s'interrogent rigoureusement sur la théorie des chemtrails. Même s'ils ne pensent bien sûr pas faire changer d'avis les auteurs de ces sites conspirationnistes, ils espèrent en tout cas que les "citoyens ordinaires", qui s'interrogent logiquement suite aux différents scandales sanitaires qui ont véritablement été couverts par des Etats, soient véritablement informés sur le sujet et ne se fassent pas avoir par ces preuves qui n'en sont pas.


Voir aussi la Position de Greenpeace  sur ce sujet
qui n'accorde aucun crédit à l'existence des chemtrails
(cliquer)
 

Rédigé par ANAB

Publié dans #Changement climatique

Commenter cet article
P
Bonjour et merci pour votre article, j'y vois plus clair !<br /> Toutefois il faut remarquer qu'il y a des jours, surtout par fort Mistral (pourquoi ?) où il y a plus de chemtrails que d'habitude, le ciel se voile et le soleil est masqué ! C'est ma simple constatation.<br /> Encore merci<br /> Cordialement <br /> Pierre-Jean <br /> <br /> PS : Il existe un site sur les chemtrails que vous devez certainement connaître : "ciel voilé"
Répondre
R
Content Pierre-Jean, d'avoir éclairé un peu ta lanterne.<br /> Merci de ce lien.<br /> <br /> Attention à ne pas conforter les idées conspirationnistes en utilisant le mot chemtral (trainées chimiques). Le mot correct est contrail (trainées de condensation)<br /> <br /> Bien cordialement<br /> Roland.