Amanite phalloïde

Publié le 2 Septembre 2017

Amanite phalloïde (Amanita phalloides)- photos Gilles Weiskircher
Amanite phalloïde (Amanita phalloides)- photos Gilles Weiskircher
Amanite phalloïde (Amanita phalloides)- photos Gilles Weiskircher

Amanite phalloïde (Amanita phalloides)- photos Gilles Weiskircher

Nom scientifique : Amanita phalloides(Vaill. :Fr) Link 1829

Etymologie : du grec ancien ἀμανῖται, amanítai (« champignons »), attesté chez Galien

 
L’amanite phalloïde est un champignon très commun de nos forêts. Les membres de la famille des amanitacées se caractérisent par une sporée blanche, des lames libres et la présence de restes de voiles généraux (volve et écailles sur le chapeau) et parfois un voile partiel (anneau)

En mycologie, on désigne sous le terme de voile général la membre qui englobe le carpophore lorsqu’il est encore très jeune. La façon dont le carpophore déchire ce voile se manifeste par la présence de résidus visibles comme une volve à la base du pied et des écailles sur le chapeau. Le voile partiel désigne la membrane qui recouvre et protège les anneaux durant la croissance du carpophore. Sa déchirure peut laisser également des résidus comme un anneau sur le pied, des lambeaux sur le pourtour du chapeau, de la cortine sur le pied, etc. Le mycologue prêtera attention à la présence de ces éléments pour identifier le champignon.

Chez les amanites, on s’orientera principalement sur la présence de striation sur le bord du chapeau, la caractéristique membraneuse ou friable de la volve et la forme de la base du pied.


Date de l’observation: 23 juillet à Keskastel


Division des Basidiomycota, Famille des amanitacées

 

Chair : épaisse et tendre, odeur de rose fanée

Sporée : blanche

Habitat:
mycorhizien, sous feuillus ou sous conifères, sur sol argilo calcaire


Consommation:  mortel

Amanite phalloïde
Amanite phalloïde (Amanita phalloides)- photos Gilles Weiskircher
Amanite phalloïde (Amanita phalloides)- photos Gilles Weiskircher
Amanite phalloïde (Amanita phalloides)- photos Gilles Weiskircher
Amanite phalloïde (Amanita phalloides)- photos Gilles Weiskircher
Amanite phalloïde (Amanita phalloides)- photos Gilles Weiskircher

Amanite phalloïde (Amanita phalloides)- photos Gilles Weiskircher

Ce champignon est un de ceux que doit reconnaître le cueilleur de champignons. Représentant le plus connu des amanitacées, l'amanite phalloïde est par ailleurs le responsable du plus grand nombre de décès parmi les amateurs de champignons . Un seul champignon (certains auteurs précisent la moitié d’un chapeau) suffit à provoquer une intoxication grave. Ce n’est pas pour rien qu’il est appelé «death cap» (chapeau de la mort) en anglais. Il contient en effet des toxines très dangereuses nommées amatoxines (et d’autres encore).

Le délai entre la consommation du champignon et le début des symptômes est long: les premiers symptômes ne se manifestent qu’une douzaine d’heures en moyenne après le repas. Ce délai peut aller jusqu’à 48 heures.

L’intoxication évolue en trois phases:

- Phase digestive: l’intoxication débute comme une gastro-entérite avec des vomissements et des diarrhées intenses entraînant une déshydratation.

- Phase de rémission apparente: les symptômes de gastro-entérite s’atténuent, l’atteinte du foie s’installe, l’analyse de sang montre une perturbation des tests hépatiques.

- Phase hépatorénale: l’atteinte du foie entraîne des troubles de la coagulation, une élévation du taux d’ammoniaque dans le sang, un coma (encéphalopathie hépatique). Les reins peuvent également être atteints.

L’hospitalisation en réanimation s’impose. Le traitement est essentiellement symptomatique. Il n’y a pas d’antidote spécifique. Une transplantation du foie est parfois nécessaire. Environ 17 % des intoxications évoluent vers le décès du patient. Les progrès de la réanimation ont heureusement amélioré le pronostic de l’intoxication par amanite phalloïde qui reste cependant une intoxication très grave.

Plusieurs champignons contiennent de l’amatoxine qui entraînent la même symptomatologie. Citons les petites lépiotes (Lepiota josserandi par exemple, attention donc pour ceux qui ramassent des coulemelles), la galère marginée (Galerina marginata ; attention donc pour ceux qui cueillent l’agaric à soupe Kuehneromyces mutabilis) et d’autres amanites comme Amanita verna et Amanita virosa.

Pour éviter de se retrouver avec l’amanite phalloïde dans le panier, il faut avoir cette bonne pratique en tête : un bon cueilleur ne coupe pas un champignon au ras du sol avec le coupeau. Procéder ainsi vous fait perdre de précieux éléments pour l’identification du champignon. Au contraire, un champignon se déterre à la main. En procédant ainsi, vous verrez tout de suite la volve et ainsi éviterez de dangereuses confusions. La volve et anneau disparaissent parfois, dévorés par les limaces. Attention donc aux risques de confusion. C’est pour cela qu’il faut toujours privilégier des caractères positifs pour l’identification et pas se reposer exclusivement sur des caractères négatifs comme par exemple l’absence de, etc.

Pour ceux qui consomment la russule verdoyante (Russula virescens), le risque de confusion est important car les couleurs se ressemblent. Il faut se rappeler que la russule n’a pas de volve et que son pied se casse net comme de la craie.

Attention également, il existe des formes blanches de l’amanite phalloïde.

Néanmoins je tiens à mettre à l’honneur cette famille de champignons que je trouve magnifique. Certaines espèces sont comestibles comme la célèbre oronge ou amanite des césars (Amanita caesarea) qu’on aura peu de chance de trouver dans l’Est de la France, mais on peut aussi citer l’amanite vineuse (Amanita rubescens), comestible cuite (toxique crue). Néanmoins, le risque de confusion de cette dernière avec la toxique amanite panthère (Amanita pantherina) fera qu’on s’abstiendra si on n’est pas capable de l’identifier formellement (comme pour tout les champignons d’ailleurs).

Si la famille des amanitacées comporte l'un des meilleurs champignons comestibles, l'amanite des Césars, ses autres membres doivent donc être abordés avec la plus extrême prudence.

Pour de nombreux chercheurs inexpérimentés, le mot amanite éveille méfiance et crainte. Cela est fort compréhensible car cette famille, qui est représentée par environ 70 espèces en Europe, contient un grand nombre de champignons mortels et vénéneux.

L’amanite phalloïde aurait été utilisée pour assassiner l’empereur Claude (10 av. J.-C. – 54 ap. J.-C).  ou le pape Clément VII (1478-1534). Mais, à chaque fois, les preuves manquent. Ces informations sont donc à prendre avec prudence.  L'empereur germanique Charles VI subit une indigestion après avoir mangé un plat de champignons sautés, ce qui conduisit à une maladie qui finalement provoqua sa mort dix jours plus tard. Ces symptômes semblent correspondre à un syndrome phalloïdien. La mort de Charles conduisit à la guerre de Succession d'Autriche. Voltaire nota en 1759 dans ses mémoires : « Ce plat de champignons changea la destinée de l’Europe. »

C’est un champignon que j’aime bien manipuler pour sentir son odeur de rose. Hé oui, le toucher ne va pas vous intoxiquer, et malgré sa réputation sulfureuse, c’est une magnifique amanite de nos forêts. Comme chaque champignon, il a son rôle dans l’environnement.

Je conclurais par cette phrase de ma création : aucun champignon des forêts n’est dangereux pour un homme qui réfléchit avant de mettre quelque chose en bouche.


Source : http://mycorance.free.fr/valchamp/champi1.htm



Texte, photos, et bibliographie : Gilles Weiskircher

Rédigé par ANAB

Publié dans #champignons

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B
J’ai sentit plusieur fois et manipuler un de ces champignon sans le savoir peut être touche les yeux avant de rentré me laver les mains
Répondre
A
Barbara il n'y aucun danger à toucher un champignon mortel comme celui-ci.<br /> Il ne faut pas l'avaler, c'est tout
B
Est ce dangereux je commence à avoir peur en lisant des articles ….