La pollinisation des plantes par les insectes : 1/ les coléoptères

Publié le 29 Novembre 2017

Cétoine grise (Oxythyrea funesta)  sur une centaurée scabieuse

Cétoine grise (Oxythyrea funesta) sur une centaurée scabieuse

La pollinisation des plantes par les insectes :  les coléoptères  épisode 1

Pollinisation des plantes par les insectes : les hyménoptères épisode2

Pollinisation des plantes par les insectes : les diptères  épisode 3

La pollinisation des plantes par les insectes :  les papillons épisode 4

La pollinisation des plantes par les animaux vertébrés ou zoogamie- épisode 5

Pollinisation par soi même= autopollinisation- épisode 6



Pour retrouver un peu de lumière et de vie dans cette saison d’automne déjà froide et grise dans notre région je vous propose ce sujet de découverte.

Tout le monde sait qu’il faut des insectes pollinisateurs pour faire fructifier de nombreuses plantes.
Dans certains cas d’autres animaux comme les chauve souris, oiseaux, les batraciens, les rongeurs peuvent aussi polliniser des plantes. Souvent il s’agit de plantes exotiques.

De très nombreuses plantes sont pollinisées par le seul effet du vent, comme les graminées et les laîches ou carex.


Les principaux ordres d’insectes pollinisateurs sont les suivants :
- les hyménoptères (abeilles domestiques et sauvages, bourdons, guêpes)
- les diptères,  groupe de la mouche, en particulier les syrphidés, ces jolies mouches au corps jaune qui ressemblent de loin à des guêpes
- les lépidoptères ou papillons de jour et de nuit
- les coléoptères
Dans cet article nous allons évoquer le rôle  de certains insectes, les coléoptères.

 

Œdémère noble (Oedemera nobili)  sur une scabieuse des prés

Œdémère noble (Oedemera nobili) sur une scabieuse des prés

Les plantes attirent pour leur fécondation des  insectes par des récompenses : le pollen et le nectar.
A noter que certaines ont des nectaires spécialisés dans les feuilles pour attirer des espèces comme les fourmis  qui les défendent contre des insectes ou autres animaux phytophages.

1/ Qu’est ce que le pollen ?
Le pollen sont les grains microscopiques contenant très peu de réserves et un noyau cellulaire avec le patrimoine génétique mâle de la plante. Ils sont générés dans les organes spécifiques des plantes que sont les étamines.
Chez les animaux et végétaux il faut des cellules mâles et femelles pour produire un œuf qui va perpétuer l’espèce.
Le type mobile est désigné « mâle » et le type immobile »femelle ». Pour le type femelle, les cellules sont appelées ovules  et comportent un noyau avec le matériel génétique ;


Ces grains de pollen sont émis en général en très grande quantité. Ceci permet d’assurer la fécondation tout en récompensant les animaux qui les transportent et les consomment.

2/ Composition du pollen
Ils  sont riches en protéines entre 5et 40 % de la masse), en sucres , matières grasses et minéraux.
Le s minéraux sont entre autres le calcium, cuivre, fer, magnésium, manganèse, phosphore, potassium, silicium, soufre. Le pollen contient aussi , des vitamines (B1,B2,B3, B5, B6, B7, B8, B9, B12, C, D, E, H, PP et provitamine A) et des enzymes (amylase, invertase et phosphatasses).
Inutile de préciser que le pollen est un aliment riche et idéal pour la croissance et la survie des insectes et animaux.

L’aspect des grains, la taille, la composition est propre à chaque espèce de plante et permet aux spécialistes  d’identifier l’espèce. La difficulté pour les non spécialistes c’est de les voir en détail. Leur taille microscopique n’est bien visible qu’au microscope électronique.



 

Cétoine dorée (Cetonia aurata )  sur du colza et un pommier
Cétoine dorée (Cetonia aurata )  sur du colza et un pommier

Cétoine dorée (Cetonia aurata ) sur du colza et un pommier

3/ Le nectar :
Ce liquide est sécrété par le s plantes au niveau des fleurs à un endroit qui les  oblige à se charger au passage en pollen pour le transporter, après visite,  sur d’autres plantes de la même espèce.
Sa composition est souvent très attractive en éléments nourriciers  et aromatiques.
Il peut servir aussi de répulsif à certaines espèces pour les chasser.
Le nectar est de composition très variable comme le pollen. Il contient de l’eau en majorité, (7 à 70 % (%  en poids) de fructose, de glucose et de saccharose et d’autres sucres plus spécifiques  comme le maltose, le raffinose, ...
Il contient des sels minéraux, des matières grasses, des acides organiques, des flavonoïdes antioxydants naturels,  des molécules aromatiques. Il peut contenir  des substances chimiques  qui
telles des drogues rendent les insectes dépendants
Un exemple amusant est l’attirance de l’odeur désagréable de l’arum pour un certain type  e mouches. (voir notre article 
"PSYCHODRAME pour les PSYCHODA, victimes d’une duperie olfactive de la part de Arum maculatum")

4/Les coléoptères :
Diverses espèces de coléoptères fréquentent les fleurs, souvent pour manger les étamines et le pollen. Coléoptère signifie « ailes dans un étui » : ils se distinguent par leurs ailes antérieures dures et rigides appelées élytres, qui forment une carapace protégeant l’abdomen et les ailes membraneuses. Lorsqu’elle s’envole, l’emblématique coccinelle soulève ces élytres à points pour dévoiler ses ailes transparentes. Les coléoptères sont des pollinisateurs relativement peu efficaces par rapport aux autres groupes. Chez nous aucune espèce de fleur ne dépend que d’un coléoptère pour sa pollinisation.
 Mais ce sont des précurseurs puisque les premiers insectes pollinisateurs connus dans les archives paléontologiques étaient de petits coléoptères : ils fréquentaient des cycas, il y a 200 millions d’années ! On en connaît plus de 300000 espèces dans le monde, dont environ 10000 dans l’Hexagone.
Leur forme et leur type de vie est extrêmement variée.

exemples cités  par l’opie-Inra de l’attirance de coléoptères
Phyllopertha  horticola  L.  (Scarabaeidae)  est  attiré  et  même  sexuelle ment  excité  par  l'odeur  des  fleurs  d'Ophrys  (Orchidacées).  En  utilisant  des  morceaux  de  velours  recouverts  d'un  tulle  vert  et  imprégnés  de  mélanges  d'odeurs  florales ,  on  a provoqué  l'attraction  des  mâles  vers  ces  leurres  :  en  plusieurs  occasions , les  mâles  ont  montré  un  comporte ment  pré-copulatoire.  Chez  Ophrys  litigiosa,  la  visite  des  mâles  d'Agriotes  obscurus  L.  et  d'Agriotes  lineatus  L.  CElateridae)  peut  être  due  aux  similitudes  entre  les  odeurs  émises  par  les  fleurs  (esters  de  citro- nellyl  et  de  farnesyl)  et  les  attractifs  sexuels  libérés  par  les  femelles  du  Coléoptère  (esters  de  géranyl),  pour  lesquels  les  mâles  montrent  des  réponses  antennaires   élevées.  

Strangulie tachetée (Rutpela maculata )

Strangulie tachetée (Rutpela maculata )

Rédigé par ANAB

Publié dans #découverte nature

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J
Super cette idée d'article à suivre et donc pas trop long, ça remet en tête des notions plus ou moins oubliées mais avec des précisions d'actualité .
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R
Oui, merci Jp, l nous donnerons une ou des suites à cet article.
R
Merci Gilles de cette précision, décidément les champignons sont partout! et ont des rôles étonnants dans les écosystèmes et micro-écosystèmes que sont chaque plante
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G
Le nectar en lui même est déjà un microcosme puisqu'il contient des champignons unicellulaires qui lui confère son odeur atteactive pour les insectes.
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R
Mais si, merci Pierre-Jean, cela donnera à certains qui n'ont pas encore fait de compost, l'envie de faire un
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B
Bonjour, <br /> OK <br /> Je n'apprendrai rien en disant que le compost est un Eden pour les cétoines diverses !<br /> Bonne journée
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