Auguste Endrés, découvreur d’orchidées exotiques

Publié le 4 Janvier 2018

Auguste Endrés a été l’un des grands chasseurs d’orchidées des Amériques, à l’instar de cette Guarianthe skinneri (fleur nationale du Costa-Rica). Photo : Françoise Jaehn

Auguste Endrés a été l’un des grands chasseurs d’orchidées des Amériques, à l’instar de cette Guarianthe skinneri (fleur nationale du Costa-Rica). Photo : Françoise Jaehn

Le Cercle généalogique d’Alsace s’est penché sur la vie et l’œuvre d’Auguste Endrés. Originaire d’Alsace bossue, ce naturaliste, botaniste et plus particulièrement chasseur d’orchidées, est parti au XIXe siècle faire carrière en Amérique.

Quand nous effectuons des recherches généalogiques pour un article destiné à notre revue trimestrielle, nous sommes amenés la plupart du temps à reconstituer l’ascendance d’un personnage célèbre, Auguste Bartholdi, J. K. Rowling, Michel Berger. Inutile de préciser qui ils sont et ce qui les a rendus célèbres.

Pourtant, de temps en temps, notre travail se porte sur quelqu’un de bien moins connu. Tel est le cas d’Auguste Endrés, et pour cause !

Auguste Endrés est né en 1838 à Herbitzheim, à la pointe nord-ouest de l’Alsace, dans une région connue sous le nom d’Alsace Bossue. Fils aîné d’un instituteur de campagne, il passe ses premières années dans son village au sein d’un foyer qui compte bientôt huit autres enfants.

Profondes racines

Les recherches ont montré que la famille a de profondes racines dans la région de Sarre-Union, étendant ses branches d’une part jusqu’à Wasselonne, d’autre part jusqu’à Waldmohr dans le proche Palatinat.

Vers 1855, Auguste émigre en Amérique. C’est la lettre de démission du poste d’instituteur de son père, Philippe, qui nous apprend qu’Auguste, ainsi que son grand-père maternel de qui il tient son prénom, Auguste Reeb, et quelques autres membres de sa famille ont déjà franchi l’Atlantique pour s’installer à New York. Philippe, ses enfants et son épouse, les rejoignent en octobre 1857 et s’installent peu après en Ohio.

Si l’on perd de vue Auguste durant ces années - il ne figure pas parmi les membres de la famille dans le recensement de Cincinnati en 1860 -, on le retrouve à New York en 1866. Il y obtient la nationalité américaine. C’est donc fraîchement naturalisé, qu’il embarque comme botaniste sur un navire pour le Nicaragua la même année. Le but de son voyage est autre, mais n’est pas accessible par la mer. Pour parvenir au cœur du Costa-Rica, but de son expédition, il lui faut, en plus, remonter les fleuves à bord de canoés, puis franchir les montagnes à dos de mule. Le périple, semé de dangers, dure près de trois semaines.

A peine arrivé, Auguste commence à recenser les orchidées sauvages, dont la plupart sont encore inconnues alors. Il les cueille, les prépare pour être expédiées en Europe à destination de ses collègues botanistes, les observe au microscope, les décrit et les dessine en de fabuleux croquis très détaillés. Auguste, s’il est botaniste, est également un véritable artiste. En quelques années seulement, il envoie des milliers de plantes en Europe. Il est également en contact avec le Smithsonian Institute de Washington, auquel il envoie une importante collection d’oiseaux-mouches, comportant la majorité des espèces actuellement connues, car Auguste ne se limite pas à l’étude de la flore.

En 1871, il séjourne au Panama. Les relations qu’il entretient avec ses collègues européens ne lui procurent pas la satisfaction souhaitée. Ses courriers nous révèlent qu’il les considère comme des célébrités de vitrine. Un de ses principaux destinataires, Heinrich Reichenbach, directeur des Jardins botaniques de Hambourg, met des freins à la publication de ses travaux. Auguste songe à renoncer à cette coopération. En 1874, il voyage en Europe, sans doute pour le rencontrer, avant de s’en retourner au Costa Rica. C’est là qu’il trouve une mort brutale, sans cause réellement identifiée.

Tombé dans l’oubli

L’histoire n’est hélas pas finie.

Reichenbach, à la suite du décès d’Endrés, écarte tous les manuscrits et planches illustrées envoyés par le jeune homme en vue de la publication d’un ouvrage, sans doute pour éviter que ce dernier lui fasse de l’ombre. De plus, il fait préciser dans son testament qu’il lègue toutes ses collections au Museum de Vienne, à condition qu’elles ne soient pas exposées durant 25 ans après son décès. Après le décès de Reichenbach en 1889, l’œuvre d’Auguste Endrés sombre ainsi dans l’oubli.

On doit sa résurrection au travail minutieux de trois passionnés d’orchidées, Carlos Ossenbach, Franco Pupulin et Rudolf Jenny, qui ont publié en 2013 un fabuleux et volumineux ouvrage Orchids in the life and work of Auguste R. Endrés , édité par le Museum d’histoire naturelle de Vienne.

Nous remercions Françoise Jaehn, de l’Association Régionale des Orchidophiles de Strasbourg, pour les photos prises lors d’un voyage au Costa-Rica

www.aros.asso.fr / L’ascendance d’Auguste Endres a été publiée dans le Bulletin du Cercle généalogique d’Alsace n° 171, septembre 2010.




Photo orchidée Lepanthes sur internet , comparez l'illustration d'Endrés avec une photo  de la plante, il avait  un beau coup de crayon, n'est-ce pas?

Auguste Endrés, découvreur d’orchidées exotiques
Lepanthes pulcherrima photo Daniel Jimenez

Lepanthes pulcherrima photo Daniel Jimenez

Rédigé par ANAB

Publié dans #Actu-conf-films-expo

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