Concentrer les aides sur l’agriculture vertueuse Alsace Nature et la qualité de l’eau

Publié le 8 Décembre 2017

« Il n’est pas normal qu’on continue à subventionner ce modèle-là ».

« Il n’est pas normal qu’on continue à subventionner ce modèle-là ».



paru dans les DNA S.W. 07/12/2017

Alsace Nature dénonce l’aggravation de la pollution de la nappe phréatique d’Alsace par les pesticides, témoin de l’échec des politiques publiques de l’eau et de l’agriculture.

Combien de temps les consommateurs et les contribuables devront-ils financer contre leur gré « un système mortifère » ?

Lors de son intervention à l’occasion de la présentation de l’état des eaux souterraines en Alsace par l’Aprona, Daniel Reininger, président d’Alsace Nature, a dénoncé la politique publique de l’eau qui investit des millions d’euros dans la protection de la ressource aquatique alors que l’utilisation des pesticides et des engrais continue de dégrader la nappe.

Pointant la désinvolture des industriels qui mettent sur le marché des produits toujours plus toxiques et celle de l’État qui les autorise, il regrette l’abandon du principe pollueur-payeur qui « aurait le mérite de désigner clairement les responsables », en l’occurrence tous les acteurs et promoteurs du « modèle agricole dominant actuel, dirigé par le marché et la productivité ».

Non seulement les pollueurs ne sont pas inquiétés « mais en plus on les subventionne », grogne le président d’Alsace Nature. La PAC a certes été un peu verdie « mais elle continue d’arroser tout le monde. On saupoudre au lieu de soutenir massivement l’agriculture vertueuse ». Pire, ces subventions européennes servent « à importer du soja transgénique d’Amérique ou à exporter nos produits bas de gamme vers l’Afrique où nous ruinons les paysans locaux ».

Changer de gouvernance agricole

« L’agriculture doit sortir de toute urgence de la becquée chimique » d’autant que l’eau n’est pas sa seule victime : les sols sont détruits, la biodiversité souffre, la santé humaine en pâtit sans compter que les intrants chimiques limitent le stockage du carbone en sous-sol, pourtant un enjeu majeur dans la lutte contre le réchauffement climatique. « On peut commencer par se passer de désherbant, les alternatives mécaniques existent et sont éprouvées. »

En mettant tout bout à bout, le vrai prix des choses, la santé, les services rendus par la nature, l’aspect social, « le modèle économique de l’agriculture biologique est viable ». Mais face au lobby agroalimentaire, tout n’est question que de courage et de volonté politique.

« Un pas déterminant serait d’avoir un vrai ministre de l’Agriculture en lieu et place d’un délégué de la FNSEA et de changer la gouvernance des chambres d’agriculture ». Alsace Nature estime anormal que les contribuables participent à leur financement (un quart des recettes de la chambre d’agriculture d’Alsace sont des subventions) « sans que la société civile, consommateurs, spécialistes de l’environnement et de la protection animale, y ait son mot à dire ».

Rédigé par ANAB

Publié dans #Pollution-pesticides

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