Pollinisation des plantes par les insectes : 3/ les diptères

Publié le 17 Décembre 2017

Syrphe-, Helophilus pendulus, et  syrphe sp +Graphosoma lineatum (hémiptère/hétéroptère)
Syrphe-, Helophilus pendulus, et  syrphe sp +Graphosoma lineatum (hémiptère/hétéroptère)

Syrphe-, Helophilus pendulus, et syrphe sp +Graphosoma lineatum (hémiptère/hétéroptère)

La pollinisation des plantes par les insectes :  les coléoptères  épisode 1

Pollinisation des plantes par les insectes : les hyménoptères épisode2

Pollinisation des plantes par les insectes : les diptères  épisode 3

La pollinisation des plantes par les insectes :  les papillons épisode 4

La pollinisation des plantes par les animaux vertébrés ou zoogamie- épisode 5

Pollinisation par soi même= autopollinisation- épisode 6



La pollinisation des plantes à fleurs, est le transport des grains de pollen des anthères, organes mâles qui les élaborent jusqu’aux stigmates,  parties réceptrices femelles de la fleur.
Ce transport permet la réunion des patrimoines génétiques femelle et mâle d’une plante et par suite la dissémination de la plante  via les graines ou/et les fruits  qui contiennent les graines. Nous nous intéressons pour le moment  à la pollinisation par les insectes.


Nous avons déjà vu dans un article précédent que les coléoptèreset les hyménoptères     pollinisent les fleurs.
Un autre  groupe d’insectes pollinisent de manière importante les fleurs, il s’agit des diptères  Cet ordre des insectes regroupe plus de 1 000 000 espèces de par le monde. A ce jour seulement  100 000 environ sont décrites. Ils sont au moins 8000 espèces en France. C’est donc peu dire qu’ils sont  encore mal connus


Leurs caractères communs sont pour résumer :
- des insectes à métamorphose complète en 4 stades (œuf, larve, nymphe, imago)
- 2  ailes membraneuses assemblées pour un vol efficace qui donne leur nom à cet ordre (diptéres = du  latin di ptera =  2 ailes) et quelquefois stationnaire
La deuxième paire d’ailes est absente ou a été transformée en petits balanciers qui servent à améliorer la stabilité du vol
- des pièces buccales de type suceur avec une trompe (proboscis) quelquefois en forme de dard pour piquer (les moustiques).
ils ont des capteurs très sensibles de goût , d’odeur ou de chaleur.
Une grande proportion des diptères est phytophage (un tiers) , carnivores suceurs de sang,  d’autres mangent les excréments (nécrophages)  ou  les cadavres (nécrophages).
Pas étonnant dans ces conditions qu’un certain nombre, dont les moustiques et les mouches  transmettent des maladies très dangereuses ou  contagieuses comme le paludisme, la dengue, la malaria, des filiaroses, le virus Zika. Elles ont de ce fait un impact économique énorme dans le monde et les pays tropicaux en particulier.

Pour se faire une idée plus concrète  et pour ceux qui connaissent
ce sont les mouches,
les syrphes, les tachinaires, les tipules, .les moustiques, les anophèles, Difficile d’en parler car c’est un groupe complexe dont il existe peu de spécialiste

La mouche bleue transporte aussi des grains de pollen !!

La mouche bleue transporte aussi des grains de pollen !!

Eristale  et Syrphe + Rhyngia campestris sur une succise
Eristale  et Syrphe + Rhyngia campestris sur une succise

Eristale et Syrphe + Rhyngia campestris sur une succise

1/ Importance des diptères selon les milieux :
Une étude du Muséum et du CNRS montre que les dipères sont importants en montagne.
« Dans les milieux  tempérés à froids, où les abeilles sont  naturellement moins abondantes , la reproduction des plantes  dépendrait donc principalement de ces pollinisateurs secondaires, mais leur identité et leur impact réel ne  sont pas encore précisément connus.  Les chercheurs ont mené une étude dans une prairie subalpine du  parc  national du Mercantour, dans le  but de détecter ces pollinisateurs secondaires potentiels. La fréquence des visites de 19 plantes à fleurs  par les différents groupes d'insectes a été évaluée pour construire le réseau plantes  – visiteurs et  déterminer les principaux visiteurs pour chacune d’elles. Conformément aux attentes, d'autres groupes que les hyménoptères se révèlent d'importants visiteurs de  fleurs à cette altitude mais les proportions obtenues sont surprenantes : 23 % seulement de ce s visiteurs  sont des hyménoptères contre 62 % pour les diptères. Plus étonnant encore : plus de la moitié des visites  de diptères sont dues à un seul et même groupe, celui des Empidinae. Lorsqu'ils sont comparés aux seuls  abeilles et bourdons, ils sont les principaux visiteurs de 10 des 19 plantes étudiées contre seulement  quatre pour ces derniers. »

Cette famille peu connue compte 2000 espèces dans les zones froides ou tempérées. Les chercheurs ont trouvé une centaine d’espèces différentes dans le Parc du Mercantour. Selon eux , ces diptères, Empidinae. sont une composante majeure de l’entomofaune d’altitude et jouent un rôle majeur dans les écosystèmes en participant à la pollinisation des fleurs.


 

Syrphe ceinturé  (Episyrphus balteatus)
Syrphe ceinturé  (Episyrphus balteatus)

Syrphe ceinturé (Episyrphus balteatus)

Syrphe

Syrphe


2/ Des acrobates de haut vol : les syrphidés
Ce sont les diptères les plus étudiés. Vous les reconnaitrez facilement à leurs couleurs, souvent très  proches  de celles de guêpes et à leur vol en hélicoptère, en surplace à l’approche des fleurs.
Chaque espèce possède une trope spécialisée à un type de fleur et un régime alimentaire spécifique : pollen, pollen + nectar, nectar de tel type de fleur…
Les insectes adultes vient et se nourrissent sur les fleurs. Où ils trouvent gîte et couvert.
Leurs larves ont des biologies très différentes et surprenantes.
Elles vivent dans les matières en décomposition comme le fumier (erysétales) ou l’eau croupie (autres syrphidés) ou encore sur des végétaux où elles sont de grands consommateurs de pucerons. Ces larves de syrphidés, comme le Syrphe ceinturé,  sont des auxilaires recherchés des agriculteurs.
L’insecte adulte,
Episyrphus balteatus, avec des ailes, se nourrit du pollen et nectar des fleurs et les pollinise.  Il a ses préférences en fleurs : Apiacées (famille de la carotte, du céleri…), Astéracées (celle de la marguerite…), Brassicacées (celle du chou...).

 

Tachinaire sp

Tachinaire sp

3/ Des parasites d’autres insectes :  les tachinaires et bombyles:
Tachinidae Ce groupe d e diptères s’est fait une spécialité de parasiter d’autres insectes en perçant le squelette de l’insecte se y déposant des œufs. Les larves vont se nourrir du corps de l’insecte  et le dévorer vivant progressivement.
Adultes ils ne vont se nourrir que de végétaux, pollen et nectar par exemple.
Ces diptères sont velus et ramassent au passage des grains de pollen qu’ils vont secouer sur les fleurs suivantes. Ce transport de pollen est « encouragé» par les plantes en leur distribuant  des récompenses, le pollen et le nectar.

Les bombyles sont ces petits insectes, spécialistes du surplace, qui possèdent une très longue trompe pour pomper le nectar. Leur corps très velu sert lui aussi au  ramassage du pollen.
Vous l’apprécierez moins quand vous saurez qu’il est un parasite des abeilles solitaires. Il pond à la sauvette un ou des oeufs sur les pontes des abeilles et sur leurs réserves.
Ses larves vont se développer plus rapidement que celles des abeilles et  les éliminer.



 

Bombyle sp sur Oeillet des chartreux et Campanule raiponse
Bombyle sp sur Oeillet des chartreux et Campanule raiponse

Bombyle sp sur Oeillet des chartreux et Campanule raiponse

4/ Exemples d’efficacité de pollinisation selon des études faites au Maroc
Pour la production des semences de certaines cultures horticoles comme l’oignon et les carottes, les mouches de la famille des Calliforidae sont essentielles et très efficaces.  
Même qualifiés d’insectes pollinisateurs mineurs ils interviennent à hauteur de 10% dans la pollinisation des cultures maraîchères. Il est  donc important de les protéger.

5/ Diptères pas ou peu concernés par la pollinisation
Ce sont les diptères que nous n’aimons pas trop comme les types moustiques. Ce n’est pas le sujet du jour donc on s’étendra pas plus.



Texte, photos, et bibliographie : Roland Gissinger (Anab)

Noms des insectes à vérifier, merci aux spécialistes



https://fr.wikipedia.org/wiki/Diptera
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ristale
http://www.ecosociosystemes.fr/tachinaire.html

Rédigé par ANAB

Publié dans #découverte nature

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R
Mais oui Hans tu as tout à fait raison, j'ai zappé. En plus j'ai fait une fiche de présentation sur le bloghttp://naturealsacebossue.over-blog.com/2015/07/la-punaise-arlequin.html<br /> <br /> Merci de cette rectification et de ton commentaire
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H
N'étant pas du tout spécialiste en entomologie, je me permets te signaler une petite erreur, Roland.<br /> Le Graphosoma(image no.2) n'est pas un coléoptère, il est un hétéroptère dans l'ordre des hémiptères.<br /> Il y a 4 ou 5 ans j' ai eu une vraie invasion de graphosoma italicum dans mon aneth. Depuis je sais que c'est un hétéroptère.<br /> <br /> Concernant l'article, je suis surpris , que les diptères jouent aussi un rôle important dans la pollinisation et donc dans les écosystèmes naturels.
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