Analyses d'air

Publié le 23 Février 2018

paru dans les DNA


Spécialisé dans les kits d’analyse de l’environnement et de recherche de pesticides, le laboratoire indépendant Kudzu Science connaît une forte croissance. La petite société strasbourgeoise investit des niches comme le contrôle des médicaments ou de l’air des cockpits d’avions.

Vincent Peynet, directeur du laboratoire Kudzu Science qui commercialise des kits d’analyse de l’environnement pour particuliers et professionnels.

Vincent Peynet, directeur du laboratoire Kudzu Science qui commercialise des kits d’analyse de l’environnement pour particuliers et professionnels.

La sensibilité des citoyens à leur environnement quotidien et domestique ne cesse de croître. Il y a quelques jours, une association a révélé la présence de pesticides liés à l’usage agricole dans des maisons du Médoc. Elle s’appuyait sur les analyses d’un laboratoire indépendant strasbourgeois, Kudzu Science.

« Celui qui a envie de savoir ne doit pas être bloqué pour savoir. Notre objectif est de rendre visible l’invisible », explique Vincent Peynet, le directeur de la société lancée en 2011.

Rendre visible l’invisible, les analyses accessibles, et les comptes-rendus scientifiques compréhensibles. C’est autour de cette promesse que l’entreprise a développé une gamme d’analyses faciles d’utilisation et certifiées par le comité français d’accréditation. « Nous ne vendons rien derrière. Nous nous arrêtons au constat scientifique », insiste Vincent Peynet.

« La qualité de l’air intérieur est un enjeu majeur »

Les tarifs des kits vont de 79 à 350 euros. Ils couvrent quatre grandes familles : les composés organiques volatiles (benzène, formaldéhyde…), les allergènes domestiques (acariens, chats, blattes…), les moisissures dans l’environnement et les analyses chimiques des poussières. « Nous cherchons des polluants comme les pesticides, les plastifiants ou les retardateurs de flammes dont on ignore encore les effets liés aux expositions chroniques », relève le directeur.

Précurseur dans les recherches de pesticides, de métaux lourds ou d’addiction par analyse des cheveux, la société de cinq personnes a développé deux nouveaux produits de niche. Le premier évalue la qualité de l’air intérieur après un dégât du feu ou un incendie. Le second est un test capillaire développé en partenariat avec l’association des victimes du syndrome aérotoxique. Ce kit vérifie la contamination potentielle par des agents neurotoxiques émanant des systèmes de pressurisation et de climatisation des avions.

Le laboratoire développe également une analyse de médicaments qui permet d’évaluer la présence et le dosage du principe actif. Un secteur amené à croître avec les achats sur Internet et les contrefaçons.

Depuis sa création, la société (qui ne commique pas son chiffre d’affaires) affiche une croissance annuelle de 30 %. L’enrichissement de son catalogue, l’international, « des tarifs compétitifs » et « un service de qualité » expliquent ce développement autant que la vivacité de la demande. La part de la clientèle des particuliers, majoritaire au début, s’est réduite au profit des professionnels qui représentent désormais les trois quarts de son marché.

« Une solution innovante de prélèvement de sang »

Acteur du secteur de l’ingénierie et du management d’infrastructures, le groupe Edeis est entré dans le capital de l’entreprise au printemps 2017. « Cet actionnariat commun traduit la volonté du président d’Edeis de développer le bâtiment sain », relève Vincent Peynet. « La qualité de l’air intérieur est un enjeu majeur. Son coût socio-économique est évalué à 20 milliards par an. »

Après l’eau, l’air, les sols et les cheveux, Kudzu Science travaille à « une solution innovante de prélèvement de sang », l’idée étant de faire une analyse à partir d’une simple goutte. Une doctorante a été recrutée à cet effet. Le laboratoire collabore également au diagnostic des eaux usées dans l’Eurométropole, et à l’étude du transport des pesticides, en lien avec l’université de Strasbourg, dans le cadre du plan Ecophyto.

DNA/Franck Buchy 22/02/2018

 

Rédigé par ANAB

Publié dans #Pollution-pesticides

Commenter cet article