Comment un insecte oblige le crapaud qui l’a avalé à le vomir

Publié le 18 Février 2018

Fallait pas me manger !", pourrait dire un coléoptère bombardier de l'espèce Pheropsophus jessoensis à un crapaud trop gourmand qui l'aurait avalé. Car cet insecte est capable de dégager des produits corrosifs et brûlants dans le tube digestif du crapaud, le forçant à le vomir !  "Nous avons montré que le scarabée bombardier rejetait des produits chimiques chauds à l'intérieur du crapaud, le forçant ainsi à vomir", explique à l'AFP Shinji Sugiura de l'Université de Kobe (Japon), co-auteur de l'étude publiée le 7 février 2018 dans la revue Biology Letters.

Des crapauds pris de "hauts-le-cœur"

Pour arriver à ces conclusions, les chercheurs nippons ont étudié en laboratoire deux espèces de crapauds : les Bufo japonicus et les Bufo torrenticola, toutes les deux friandes de coléoptères bombardiers. Résultat : 43% des crapauds ont vomi les coléoptères après avoir été pris de "hauts-le-cœur", le tout dans un laps de temps allant de 12 à 107 minutes. De plus, tous les insectes vomis étaient vivants et actifs bien que recouverts de mucus.

Selon les chercheurs, le jet toxique (composé de benzoquinone, de méthyl, de benzoquinone et de vapeur d'eau) atteint en moyenne les 100°C. Il est éjecté à partir de la pointe de l'abdomen de l'animal. Après que l'amphibien a avalé sa proie, "une explosion était audible à l'intérieur de chaque crapaud, signe que le spray chimique avait été éjecté", racontent les chercheurs. Une technique de survie qui semble efficace plus le coléoptère est gros et plus le crapaud est petit.

Une question encore en suspens 

Mais si les chercheurs ont découvert comment les coléoptères bombardiers parvenaient à s'échapper des tubes digestifs, une autre question reste ouverte : comment peuvent-ils survivre aux acides qui y sont produits le temps qu'ils soient vomis ? "Le taux de survie de P. jessoensis à l'intérieur des crapauds était plus élevé que celui des autres coléoptères, ce qui suggère qu'il a peut-être développé une tolérance élevée pour les sucs digestifs des prédateurs", avance Shinji Sugiura. De prochaines études devraient confirmer cette hypothèse.

Rédigé par ANAB

Publié dans #Vidéo nature

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R
Hans désolé pour toi et les autres lecteurs, j'avais mis un mauvais lien. En principe là cela marche
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H
J'aimerais bien regarder le video, mais je ne vois que la publicité de'Le Monde". Comment ça fonctionne?
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