Traces du sieur Tesson (traces de blaireau) les griffures, coulées et poils

Publié le 28 Février 2018

Coulées de blaireau
Coulées de blaireau

Coulées de blaireau


Nous avons déjà vu  les terriers imposants que peut construire un blaireau. Dans un autre article je vous ai présenté  des photos pour reconnaitre ses traces de pattes.

Je vous présente  ici  d’autres traces et indices de présence  laissés par notre ami blaireau.

Dimensions du blaireau :
Le blaireau est le plus gros mustélidé d’Europe après le Glouton (35kg). Un blaireau adulte  mesure 30 cm au garrot, et 60 à 90 cm de long avec la queue qui fait elle de 12 à  20cm. Son poids est de 8 à   12 kg. Il  atteint 15 kg avant l’hiver, après que le blaireau se soit gavé de réserves, les fruits en particulier. Les sucres de ces fruits sont transformés en graisse pour lui permettre bien passer l’hiver. Cette graisse a une épaisseur de 3 à 5 cm.
En parlant d’hiver, même si le blaireau est appelé « ourson européen », contrairement aux idées reçues,  il n’hiberne pas comme le font la plupart des ours comme l’Ours des Pyrénées. Il hiverne et  vit la saison froide au ralenti pour économiser son énergie mais c’est tout. Beaucoup d’humains aussi font la même chose, d’ailleurs, si vous regardez un peu autour de vous…

Les blaireaux d’Espagne sont sensiblement plus  légers puisqu’ils ne pèsent que 7 kg.  Cette différence de poids  est liée essentiellement au climat mais aussi à la génétique et à l’alimentation.


Coulées
Le blaireau est nocturne et assez routinier. L’un découle de l’autre. Il a une bonne vision crépusculaire, c'est-à-dire quand la lumière est faible mais n’a pas de vision proprement nocturne. C’est grâce à un organe spécialisé, véritable amplificateur de lumière situé derrière la rétine, le tapetum lucidum que le blaireau voit mieux que nous la nuit. Il se sert beaucoup de son odorat très développé pour s’orienter, suivre les limites de son territoire  et reprendre aussi  le chemin de la veille pour faire ses courses.
Ses griffes par temps humide, donc pendant la saison froide, abrasent le sol et selon le terrain, rendent boueuses les sentiers ou coulées qu’il emprunte. Il est alors facile de suivre le blaireau à la trace sur ses coulées.


 

Griffes et griffures de blaireau  dans la terre, sur un tronc et sur une pierre de 20cm de longueur évacuée devant un terrier
Griffes et griffures de blaireau  dans la terre, sur un tronc et sur une pierre de 20cm de longueur évacuée devant un terrier
Griffes et griffures de blaireau  dans la terre, sur un tronc et sur une pierre de 20cm de longueur évacuée devant un terrier
Griffes et griffures de blaireau  dans la terre, sur un tronc et sur une pierre de 20cm de longueur évacuée devant un terrier

Griffes et griffures de blaireau dans la terre, sur un tronc et sur une pierre de 20cm de longueur évacuée devant un terrier


Griffures :

Le blaireau laisse des  traces caractéristiques des empreintes de  ses  pattes. (voir notre article sur ce sujet).
Il laisse aussi des traces  de ses griffes qu’il a non-rétractiles au contraire des félins comme le chat.
Il est possible d’observer régulièrement des traces de  griffures sur les arbres quand il se nettoie les griffes ou fait des exercices pour renforcer ses muscles des pattes. Ces marques résultent de la forme de ses griffes très longues et résistantes. (voir photos)

Ces griffures sont en général,  quatre traces bien parallèles sur une grande longueur, de 10 à 50cm.
 De tels arbres sont à rechercher à proximité des terriers.
D’autres griffures sont quelquefois vues  sur des pierres à la manière des traces relevées sur les polissoirs préhistoriques quand nos ancêtres affûtaient les pointes en pierre de leur lances et leurs haches.
La pierre en photo a été trouvée sur le tas de déblais tout frais de terrier. La confusion avec autre chose n’est pas possible. Pour cette  pierre,  soit le blaireau a voulu la dégager  du terrier car elle le gênait dans une galerie.
Peut-être l’a-t-il trouvée à son goût pour faire de l’affûtage de ses griffes  comme nos ancêtres préhistoriques polissaient leurs haches préhistoriques en pierre sur des rochers (polissoirs).

Des griffures sont aussi très souvent observées sur les entrées de terriers en pente ou sur les « coulées »,  petits chemins utilisés par les blaireaux en quête de nourriture. Elles n’apparaissent pas  sur des terrains secs ou caillouteux.
Ces griffures sont plus courtes, le temps que le blaireau a glissé ou s’est accroché à ses griffes pour ne pas déraper ou pour monter une pente,  soit 3 à 10 cm.
Si vous voyez ce genre de traces sur un chemin, c’est à n’en pas douter  des traces de blaireau.


 

Poils de jarre de blaireau sur un barbelé et vue au microscope électronique
Poils de jarre de blaireau sur un barbelé et vue au microscope électronique

Poils de jarre de blaireau sur un barbelé et vue au microscope électronique

Poils
Le blaireau possède deux types de poils.
Les poils de duvet ou de bourre, de 2 à 4cm,  qui sont très fins, ondulés  et forment une toison isolante sur tout son corps.
Les poils visibles sont dénommés poils de jarre, longs de 5 à 10cm, raides et creux ; Ils sont  de couleur contrastée, avec des bandes, blanches e t noires alternées.

Sur les obstacles  surbaissés le blaireau laisse aussi des traces de son passage. Il est fréquent ainsi  de trouver des poils de jarre sur la rangée la plus basse des barbelés ou plus rarement sur des branches.





Texte et photos Roland Gissinger (Anab)

Rédigé par ANAB

Publié dans #Biodiversité de notre région

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