Galle du lierre terrestre
Publié le 9 Juin 2018
Date de l’observation: 02 juin 2018 à Diemeringen
Agent cécidogène : Liposthenes glechomae Insecte - Ordre des Hyménoptères - Famille des Cynipidae
Ces curieuses « boules » sur du lierre terrestre (Glechoma hederacea) vont être l’occasion d’un phénomène qu’on peut observer en botanique, la formation des galles.
Qu’est-ce qu’une galle ?
Les Galles (du latin), ou cécidies (du grec) sont des excroissances, des malformations sur les végétaux provoquées par des insectes, acariens, nématodes, champignons,virus, bactéries ou végétaux. La science qui étudie les galles est la cécidologie. À ne pas confondre avec la gale, qui est une maladie de la peau qui affecte les vertébrés, y compris l'Homme; elle est due à un acarien, le Sarcopte de la gale. On dénombre actuellement 1500 insectes en France pouvant générer une galle.
Comment se forme une galle ?
Les mécanismes de la cécidogenèse (formation d’une galle) restent très mal connus.
En réponse à un stimulus produit par l'organisme induisant la galle (au niveau du site de piqûre de la plante par l’insecte ou directement au contact de l’œuf ou de la larve dans la plante), un phénomène de dédifférenciation des cellules végétales a lieu, suivi d'une modification du développement du tissu végétal avec notamment une augmentation en nombre et taille des cellules végétales donnant la galle. Des modifications des taux d’hormones végétales au site où commence le développement d'une galle, ou dans la galle, ont été mises en évidence. Une hormone végétale par exemple stimule la production de nouvelles cellules par mitose (ce qu’on appelle mérèse) et l’élongation des cellules nouvellement formées(dénommée « l’auxèse »).
Quel rôle joue la galle ?
Les galles jouent un double rôle dans le développement des organismes qui en induisent le développement : à la fois un rôle nutritionnel et un rôle de protection contre les modifications du climat ou les prédateurs. Les galles sont très diverses, certaines de structure très simple ne comprenant que peu de types de tissus végétaux différents alors que d'autres présentent une structure complexe avec différentes couches de tissus végétaux spécialisées dans la nutrition de la larve (dans le cas de larves induites par des insectes) et d'autres dans la protection de la larve. Certaines galles présentent des tissus externes jouant un rôle de protection contre des stress abiotiques ( pluie, déshydratation, vent) ou des facteurs biotiques (rôle défensif contre des parasites et pathogènes). Ce rôle défensif expliquerait leur coloration aposématique avertissant de leur toxicité. Qu’est ce que l’aposématisme ? L'aposématisme est l'ensemble des mécanismes grâce auxquels un animal envoie un signal à d'éventuels prédateurs afin de les prévenir qu'il n'est pas comestible. Et en effet, de nombreuses galles arborent une coloration rouge vive, peu encline à la consommation.
Ces tissus présentent généralement des caractéristiques particulières. Un puceron par exemple est capable d'induire l'accumulation de composés phénoliques dans les tissus périphériques de la galle qu'il induit. Ces composés sont toxiques pour les herbivores qui les évitent généralement. D’autres induisent l'accumulation de tannins, toxiques pour les herbivores et les champignons, dans les parties externes de la galle
Les galles constituent ainsi un parasitisme très évolué, désavantageux pour la plante mais qui semble généralement remarquablement bien le supporter. L'entomologiste Mahadeva Subramania Mani pense que l'adoption de ce mode de vie parasitaire par les plantes libres présente un avantage qui explique le succès de son évolution par sélection naturelle. La formation de la galle serait une réaction adaptative du végétal dans la mesure où elle limite le parasite dans l'espace et dans le temps, lui imposant ainsi une grande spécialisation et une moindre nocivité.
La galle du lierre terrestre
En juin, le cynipidé (de petits insectes hyménoptères dont la caractéristique est justement de se reproduire en formant une galle) Liposthenes glechomae provoque la formation d'une galle arrondie, charnue, d'une taille allant du petit pois à une noix, sur le Lierre terrestre (Glechoma hederacea) . La galle est plus ou moins poilue et d'une couleur allant du vert au rouge vif.
Toutes les parties aériennes de la plante (feuille, pétiole, fleur, tige) peuvent porter cette galle dont la cavité est occupée par une grosse larve blanche.
Les galles peuvent être isolées ou accolées les unes aux autres. On les consommait autrefois.
Autre exemple de galle induite par un cynipidé : Le Cynips du rosier.
Texte, photos, et bibliographie : Gilles Weiskircher (Anab )
Pour approfondir le sujet des galles
Tout d’abord un excellent site internet : http://liboupat2.free.fr/Galles/galles.htm
guide des galles de France et d’Europe aux éditions Belin
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