Séneçon du Cap, Séneçon sud-africain

Publié le 16 Décembre 2018

Séneçon du Cap, Séneçon sud-africain  (Senecio inaequidens )
Séneçon du Cap, Séneçon sud-africain  (Senecio inaequidens )

Séneçon du Cap, Séneçon sud-africain (Senecio inaequidens )

Ce séneçon ressemble à beaucoup d’autres puisque la flore française et européenne est riche de  plus de 40 espèces (en incluant  les jacobea).
Il s’agit là d’un élément importé d’une région lointaine comme son nom l’indique. Il a réussi à s’adapter à notre climat et nos régions. Au lieu de faire tranquillement sa place, ce séneçon est devenu un envahisseur qui se développe au détriment de nos espèces locales.
.
Roland



Nom scientifique : Senecio inaequidens DC., 1838

Allemand/ dialecte: Südafrikanisches Greiskraut

Date et lieu  de l’observation : le 15 décembre à Rimsdorf


Famille de plantes : celle de la marguerite et de la pâquerette (Astéracées), du topinambour, du tournesol.
Ce sénéçon  appartient à cette très grande famille des astéracées qui couvre toute la planète avec ses 23000 espèces. Ce sont des plantes bien adaptées à leur milieu car très diversifiées. La plupart utilise la dissémination des graines par le vent grâce au petit parachute plumeux accroché à  leur graine.

Les caractères distinctifs des séneçons sont :
- plantes sans épines
- ensemble des bractées (petites feuilles sous le capitule) sur un seul rang ou avec quelques bractées formant un calicule.
 Un caractère distinctif et très présent  est que l’extrémité des bractées se termine par une pointe noire ou très foncée.
- fleurs jaunes
- akènes avec aigrette



Catégorie : plante vivace , dont les parties aériennes meurent après l’hiver (hémicryptophyte).


Hauteur : 40 à 60 cm de haut.

Tige: ligneuse  et très rameuse dès sa base , glabre

Feuillage : les feuilles ne sont pas divisées mais linéaires, dentées,  de 6 à 7 cm  de long pour 2 à 3 mm de large seulement carénées, à l’extrémité elles portent une fine pointe

Floraison :  juillet  à  décembre


 

Fleurs et fruits du Séneçon du Cap, Séneçon sud-africain  (Senecio inaequidens )
Fleurs et fruits du Séneçon du Cap, Séneçon sud-africain  (Senecio inaequidens )
Fleurs et fruits du Séneçon du Cap, Séneçon sud-africain  (Senecio inaequidens )

Fleurs et fruits du Séneçon du Cap, Séneçon sud-africain (Senecio inaequidens )

Fleurs : jaunes, capitules assez larges, de 2 à 3 cm de diamètre et regroupés en corymbes irréguliers. Fleurs en languette (ligulées) sont au nombre de 12 à 15 et se retournent après l’éclosion. L’extrémité des bractées irrégulières du calicule est brune.
 Les boutons de fleurs pendent avant l’éclosion.

Fruits :  petits,  dénommés akènes, surmontés d’une aigrette blanche qui favorise sa dissémination sur de longues distances
Une plante peu produire 10 à 30 000 graines par an qui explique son caractère invasif. Ces graines peuvent survivre deux ans et la germination peut se produire de 14 à 30 °C.

 
Habitat :  aime les milieux et lieux incultes eutrophiles ou pas, milieux et bords d’autoroute par lesquels il entreprend une expansion rapide , friches, chemins, vignobles.
Est résistant au sel ( halophile) il peut donc coloniser rapidement les  plages et les dunes du front de mer.


Statut : envahisseur,  surtout chez nous dans le midi, rapidité d’invasion directement liée au changement climatique

Confusion possible : difficile car les feuilles sont vraiment uniques au sein de ce genre  

Origine du nom : dérive  du mot latin «senex », qui signifie vieillard, (en principe) à cheveux blancs comme les longs filaments blancs de ses graines et du latin   « inaequatus et dens » , qui signifie « inégales », et « dents », donc à dents inégales, relatif à ses feuilles 



Usage alimentaire : aucun, toxique !!

Usage médicinal :


Les sénéçons contiennent  des substances toxiques pour les animaux, porcs et chevaux qui accroissent le caractère invasif.
Ce sont des Alcaloïdes pyrrolizidiniques : sénéciphylline, , rétorsine, spartioidine, usaramine, integerrimine

Comme toujours, les alcaloïdes sont toxiques dans un usage courant. Ils peuvent être des médicaments dans d’autres cas.
Dans les alcaloïdes on trouve des anti tumoraux, anticancéreux (taxol) des antiparasitaires, antiviraux, antidiabétiques, analgésiques (morphine, codéine).


C’est l’évolution des plantes et animaux qui a induit la sécrétion de substances toxiques aussi variées. Leur toxicité  provient du fait qu’elles sont en principe « destinées »  à  se protéger de la prédation animale: cas de nombreux insectes comme papillons, coccinelles, fourmis, mais aussi des batraciens, et du broutage de la plante par les mammifères : castor, ruminants, herbivores, Autres plantes connues pour cette défense naturelle:  renoncules, digitales, solanacées…




Texte,  photos, bibliographie  Roland Gissinger (Anab)



Bibliographie

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Rédigé par ANAB

Publié dans #Biodiversité de notre région, #Fleurs jaunes

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J
Bonjour, sauf erreur de ma part il n'est pas mentionné dans l'article que cette espèce est halophile (non pas qu'elle soit spécialisée en téléphonie, mais qu'elle supporte le sel). C'est pourquoi elle est très invasive sur le littoral méditerranéen. Chez nous, comme c'est dit ici, elle colonise les abords des routes et les terres-pleins centraux autoroutiers où le salage hivernal réduit toute concurrence herbacée. A noter un autre Seneçon invasif qui est arrivé il y a peu, le Seneçon printanier (Senecio vernalis).
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R
Merci beaucoup Jc L de ces précisions et lecture attentive. Je rajoute la mention qu'il ne déteste pas le sel directement dans le texte.