Grand Débat : oui ! Grand Enfumage : non !

Publié le 4 Février 2019

Grand Débat : oui ! Grand Enfumage : non !
A l’heure précise où certains se félicitent, et remercient le Gouvernement de l’opportunité laissée au peuple de pouvoir s’exprimer dans le cadre du « Grand Débat National », les arbres continuent de tomber et le terrassement progresse sur le chantier du projet de Grand Contournement Ouest (GCO), la décision d’enfouir les 42 000 tonnes de déchets toxiques à StocaMine est arbitrairement prise d’en haut, des centaines de projets néfastes et fortement contestés par la population poursuivent leur petit bonhomme de chemin, en Alsace et ailleurs… Et si finalement le temps ne s’était pas suspendu pour laisser place au débat qui nous a été promis ?

Alors  que  le  président  de  la  République  a  précisé   « je  veux  que  cette consultation  soit  organisée  en  toute indépendance et soit encadrée par toutes les garanties de loyauté et de transparence » nous constatons amèrement, que les enjeux majeurs sont une fois de plus simplement omis. Pour commencer, le pilotage est réalisé par les membres du Gouvernement : exit l’indépendance. Ensuite, l’état des lieux n’est pas objectif et aucun sujet n’est réellement mis en pause le temps de recueillir les avis de nos chers concitoyens : auf wiedersehen la loyauté. Pour finir, dans la fiche de cadrage relative à la transition écologique, la formulation des questions n’est ni ouverte ni neutre : ciao transparence… Donc pour résumer, nous serions aujourd’hui exceptionnellement sollicités dans le cadre du Grand Débat National pour exprimer nos requêtes au gouvernement, mais surtout pas celles qui ont été écartées d’office du débat et de toutes manières sans ralentir la course effrénée des projets et réformes, qui en toute logique devraient attendre les conclusions de cette grande consultation… Et ce n’est là que la partie immergée de l’iceberg (qui en attendant, fond inexorablement, du fait des graves manquements de nos politiques, quels qu’ils soient, du Champion de la Terre jusqu’au niveau le plus local, devant le plus grand défi de notre époque : le dérèglement climatique !). Qui connait les modalités de réponses du gouvernement ? Vont-ils piocher dans la Grande Boite à dée Nationale ce qui leur semble juste et nécessaire pour l’humanité ? Malheureusement on ne connait que trop bien cette mélodie : c’est celle du « Cause toujours », où à la fin les mêmes décident pour les autres en faisant croire que le « débat » a trouvé consensus.

Ce Vaste Enfumage National suscite une certaine défiance chez une partie de la population, que nous partageons au sein de notre association. Mais comment une fédération comme Alsace Nature, qui rassemble avec son mouvement France Nature Environnement plusieurs centaines de milliers de sympathisants au niveau national, peut s’abstenir de participer à une telle consultation ? qui d’autre porterait la voix de la transition écologique sur notre territoire ? les risques de régression ne sont-ils pas trop forts ?

Alsace Nature a vu passer des gouvernements qui font, d’autres qui défont, les suivants qui font et qui défont dans la même année… toujours avec des manières de faire innovantes et pleines de promesses, pour au final piétiner toujours pareillement la représentativité citoyenne, augmenter les inégalités ou toutes autres formes d’injustices, au détriment des plus faibles, de l’environnement… et surtout du bon sens.

Sans garanties de bonne volonté de la part de l’Etat, Alsace Nature ne servira donc pas de faire-valoir dans le Grand Débat National, ni en tant qu’organisateur, ni en tant que participant. Avant tout positionnement de notre part et pour retrouver confiance dans toutes les formes d’instances de consultation du public, nous attendons un geste qui soit à la hauteur de ce qui est annoncé dans ce Grand Débat. Cela passe pour nous par la suspension des projets en cours très impactant pour l’environnement, et qui ont fait l’objet d’une expression citoyenne forte contre leur mise en œuvre, notamment un moratoire sur les projets de GCO et d'enfouissement à Stocamine. Nous attendons donc un message positif et tangible avant toute forme d’engagement et n’encourageons pas à répondre dans le cadre trop réducteur du formulaire mis à disposition.

Toutefois, nous nous engageons à poursuivre sans relâche les missions que nous confèrent nos statuts et plus que jamais à défendre l’environnement dans tous les lieux et à toute les occasions où notre voix pourra être entendue comme c’est le cas depuis près de 55 ans.

La situation planétaire et les enjeux qui sont face à nous, ne trouveront de solution que dans un sursaut démocratique et un changement profond de notre société. Les associations y sont prêtes et elles se tiennent à disposition, à ce dessein, de tous ceux qui souhaiteront prendre réellement en main le destin de l’homme sur cette planète.

Rédigé par ANAB

Publié dans #Opinions

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P
Bizarre cette décision de ne pas vouloir participer. les "yaka" et "fautqu'on" font légions en ce moment. Etes vous bien clairs avec le changement climatique? Quel est donc déjà le bilan carbone d'un courrier électronique? Plantez vous au moins un arbre tous les ans? Supportez vous un tas de compost et branchage au fond de votre jardin? Laissez vous fleurir les ronds de fleurs de votre pelouse pour les abeilles bourdons ?etc
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A
Merci de ton commentaire Philos. <br /> Les petits gestes, chacun de nous j'espère en fait et personne n’est un modèle parfait. <br /> <br /> Ici, la position d'Alsace Nature de méfiance se comprend quand on se rappelle les dernières décisions régionales et nationales du gouvernement. Chat échaudé craint l'eau froide.<br /> <br /> Régionales, maintien du contournement de Strasbourg, sans respect de la loi et avec mépris des consultations du public le tout accompagné de répression policière très violente et aussi l'affaire Stockamine des dernières semaines. <br /> <br /> Au niveau national, le glyphosate a été maintenu, les pesticides pour les abeilles ont eu droit à des dérogations, les opposants non violents au nucléaire dans la région de Bures sont traités comme des djihadistes.<br /> Les exemples sont trop nombreux pour tous les citer. <br /> Le départ de Hulot et l'absence de vision sur la protection de 'environnement sont la marque de fabrique du gouvernement actuel..<br /> <br /> Ajoute à cela, que les associations de bénévoles ont aussi vu fondre leurs subventions et moyens pour avoir oser contester les décisions en matière d'environnement. Le dialogue avec les autorités régionales ou gouvernementales se transforme en jeu de dupes. On consulte mais sans écouter, juste pour la galerie ou alors pour se faire approuver. Tout cela n'est pas de la politique, c'est du vécu.<br /> <br /> <br /> Roland<br /> <br /> Roland<br />