Éranthe d'hiver- Hellébore d’hiver

Publié le 10 Mars 2019

Éranthe d'hiver Hellébore d’hiver(Eranthis hyemalis um) Photo Florian (Anab)

Éranthe d'hiver Hellébore d’hiver(Eranthis hyemalis um) Photo Florian (Anab)

Je vous présente une rareté mais certains d’entre vous l’ont déjà vue. L’Eranthe d’hiver est  une plante de printemps, très précoce et  extrêmement rare hors jardins. Elle est en Alsace depuis des centaines d’années mais toujours très localisée et à peu d’endroits.
Roland



Nom scientifique :  Eranthis hyemalis (L.) Salisb., 1807  

Origine du nom : du grec « er  » qui désignait « le printemps » et « anthos », la  plante allusion à sa précocité et du latin « hyemalis » hivernal.
 
Nom en dialecte et allemand : Winterling

Date de l’observation: 3 mars  région d‘Obernai

Famille de plantes :. celle des Renonculacées(celle de l’aconit, du bouton d’or, des anémones, des ancolies, des hellébores).
C’est une famille de 2100 plantes vivaces est dite archaïque. Les pétales, les sépales les nombreuses étamines et les nombreux ovaires sont insérés  en spirale. Il s’agit de caractères primitifs dans l’évolution des plantes.


Hauteur: 8 à 15cm - plante vivace

Tige :  est issue d’un rhizome qui est une racine épaissie, tubéreuse , elle est terminée par une fleur vers le haut.

Feuilles: feuilles de la base sont vert pâle à long pétiole. Le limbe est divisé deux fois en 3 lobes.
Les feuilles de la tige (caulinaires) sont linéaires (en ligne non découpée) et apparaissent après les fleurs.

Floraison: de janvier à mars


 

Éranthe d'hiver Hellébore d’hiver(Eranthis hyemalis um) Photo Florian (Anab)
Éranthe d'hiver Hellébore d’hiver(Eranthis hyemalis um) Photo Florian (Anab)

Éranthe d'hiver Hellébore d’hiver(Eranthis hyemalis um) Photo Florian (Anab)

Couleur des fleurs: les fleurs sont jaune-vif. et mesurent  2 à 4 cm. Elles sont solitaires, sans pétioles et entourées de 3 bractées palmées partant du même niveau (en verticille).
Les sépales sont identiques aux pétales, au nombre total de 6 à 8.
Les nectaires, qui parfument la fleur sont en forme de très petits pétales.
Les étamines sont nombreuses comme la majorité des renoncules. Les éléments femelles de la fleur, les styles sont articulés et la partie inférieure terminée par un crochet.


Confusion possible :
Avec les boutons d’or pour les non initiés, en particulier les renoncules proches du bouton d’or (Ranunculus sp ) nettement moins précoces.


Habitat: plante d’origine montagnarde, aime les sols frais de mi ombre, vallées profondes, parcs, ruines,  et jardins

Fruit : 4 à 5 des follicules en forme de gousses. Ils renferment plusieurs graines.

Usage alimentaire : plante toxique

Usage médicinal :  interdit pour les plantes hors jardins, en milieu naturel car elle y est très rare .



Statut de protection : elle est très rare mais elle n’a pas aucun statut de protection. Cela provient   sans doute de son origine "hors région". Elle a souvent été plantée sur d’anciennes habitations disparues ou près de vieux châteaux.
A noter que cette plante est souvent cultivée dans les jardins.




Texte Roland Gissinger (Anab)



Sources bibliographiques voir index biodiversité

Rédigé par ANAB

Publié dans #Fleurs jaunes

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J
« Eranthis hyemalis, d'origine méditerranéenne, nommée par les gens de la région : Schlossbluemle ou Herraldsbluemle; d'après la tradition elle aurait été introduite au temps des croisades. »<br /> — Jean Braun & Lucien Sittler , Guide des Vosges (1974).<br /> <br /> L'Eranthe d'hiver fait partie des ces plantes (groseillier, pervenche, ...) que certains auteurs appellent "Flore castrale". Mythe et Légende ? Je ne suis pas convaincu de la véracité mais j'ai vraiment envie d'y croire !
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R
Merci jc de ces confirmations. L'origine "castrale" plus ou moins artificielle est sans doute la raison pour laquelle elle n'a pas de protection légale. Car cette plante est rare.
J
« La petite Eranthis hyemalis, fleur des chevaliers, s'est maintenue sans relâche depuis 5 siècles là où jadis fut le jardin du château et nous rappelle qu'elle fut plantée ici par un chevalier revenu d'Italie. »<br /> — Henri Ulrich , Châteaux des Vosges. (1960)
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R
Merci beaucoup jc de ces précisions historiques qui complètent cet article.Belle mémoire des livres.