La Petite Nymphe au Corps de Feu (Pyrrhosoma nymphula)

Publié le 26 Mai 2019

Mâle Pyrrhosoma nymphula en tandem avec une  femelle de type "typica" (à droite)

Mâle Pyrrhosoma nymphula en tandem avec une femelle de type "typica" (à droite)

C'est en ce moment, la saison du renouveau de la nature. Près des milieux aquatiques,  les premières libellules apparaissent.

Parmi ces insectes précoces que l'on peut observer au printemps, il y a la Petite nymphe au corps de feu, visible dès le mois d'avril.

 

Nom scientifique : Pyrrhosoma nymphula (Sulzer 1776)

 

Classification :

 

La Petite nymphe au corps de feu est un insecte, du groupe des libellules. Le terme « libellules » est couramment utilisé pour nommer les insectes appartenant à l'ordre des ODONATES, qui regroupe "les libellules vraies" ou Anisoptera et "les demoiselles"  ou Zygoptera.
 

Pyrrhosoma nymphula est une demoiselle, donc de l'ordre des Zygoptera,  de la famille des Agrions ou   Coenagrionidae.

 

Taille totale : 33- 36 mm pour une envergure de 45 -55 mm

 

Période de vol : avril à août

Mâle Pyrrhosoma nymphula en tandem avec une  femelle de type "melanotum" (à droite)

Mâle Pyrrhosoma nymphula en tandem avec une femelle de type "melanotum" (à droite)

Identification :

 

Parmi les demoiselles d'Alsace et Lorraine seule cette Petite nymphe au corps de feu   a un abdomen à dominante rouge vif.

Elle a un thorax de couleur brun métallique à noir, avec une large bande antéhumérale (voir la flèche sur la photo pour la visualiser) rouge pour le mâle ou jaune à rougeâtre  pour la femelle.

 

Le profil du thorax est caractéristique avec une petite encoche noire sur une grosse bande jaune sur les côtés.

Les pattes noires et des ptérostigmas sombres distinguent l'espèce de l'Agrion délicat.
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Les pterostigmas sont des taches opaques situées à l’extrémité des ailes, au bord antérieur, souvent en forme de losanges. Ils sont  très visibles sur les photos.

L'Agrion délicat, avec lequel il peut être confondu,  a des pattes et ptérostigmas rouges et pas de bande antéhumérale. Il est répandu dans différentes régions en France, mais ni en Alsace, ni en  Lorraine.

 

Les imagos immatures sont faciles à reconnaître grâce aux deux anneaux sombres des yeux, les yeux ne sont pas encore rouge-marron comme chez les individus matures.

 

L'abdomen rouge présente une coloration noire-dorée sur les derniers segments (S7-S9) pour le mâle. La coloration de l'abdomen de la femelle est assez variable avec un noir plus ou moins étendu sur le dessus. On distingue les formes typica, fulvipes et melanotum.

Mâle immature et points d'identification de son imago (mature)  –Extrait du  « Photo-Guide des Libellules » de Dirk Pape-Lange

Mâle immature et points d'identification de son imago (mature) –Extrait du « Photo-Guide des Libellules » de Dirk Pape-Lange

Points d'identification de femelle des formes, typica et fulvipes. Extrait du « Photo-Guide des Libellules » de Dirk Pape-Lange

Points d'identification de femelle des formes, typica et fulvipes. Extrait du « Photo-Guide des Libellules » de Dirk Pape-Lange

Répartition et Abondance :

 

Pyrrhosoma nymphula est une espèce ubiquiste-  c’est à dire qui s’adapte facilement- présente dans presque toute l'Europe. Elle s'observe du littoral aux massifs montagneux en France, sauf la Corse. C'est l'une des libellules les plus fréquentes en Alsace et Lorraine. L'espèce est largement distribuée.

 

 

Biologie :

 

La Petite nymphe au corps de feu passe la plus grande partie de sa vie en stade larvaire dans l'eau, comme c'est le cas pour la majorité des libellules. Pendant le dernier stade larvaire la taille du corps atteint plus de 17 mm. Les larves se développent dans la végétation immergée et parmi les plantes au fond de l'eau en décomposition.

Au dernier stade larvaire ( ou nymphe) de Pyrrhosoma nymphula intervient la métamorphose. C'est une transformation morphologique et physiologique profonde qui dure quelques jours. Le corps de l'insecte adulte prend forme à l'intérieur de l'enveloppe de chitine.

L'émergence est la dernière mue. La larve grimpe sur une tige d'une plante aquatique pour se libérer de l'enveloppe larvaire et devient l'insecte aérien.

 

Coeur copulatoire de Pyrrhosoma nymphula, Photo de Dirk Pape-Lange

Coeur copulatoire de Pyrrhosoma nymphula, Photo de Dirk Pape-Lange

 

Après une phase de maturation, les mâles et femelles se rejoignent aux points d'eau.

Les mâles, étant assez territoriaux, captent les femelles à l'aide des appendices anaux derrière la tête et forment un tandem et le cœur copulatoire pour transférer le sperme.

En tandem, le mâle surveille sa partenaire. La femelle pond jusqu'à trois centaines d'oeufs dans la végétation flottante ou immergée. C'est une ponte endophyte : A l'aide de son ovipositeur la femelle insère les œufs dans le tissu végétal.

2 à 5 semaines plus tard les œufs éclosent et la période larvaire suivante dure un ou deux ans, parfois trois. La succession de 12 mues est nécessaire avant d'atteindre le dernier stade larvaire.

La ponte en tandem de Pyrrhosoma nymphula

La ponte en tandem de Pyrrhosoma nymphula

Les larves sont carnivores et se nourrissent  d'autres invertébrés comme des insectes et poissons de très petite taille.

Les belles Nymphes au corps de feu dont  nous admirons la beauté et leur grâce d’acrobates aériens, chassent des insectes en plein vol à partir d'un perchoir. Leurs proies sont surtout des diptères.

Pyrrhosoma nymphula au milieu de l'émergence, il ne reste qu’à libérer l'abdomen en totalité de l'enveloppe de chitine de la nymphe

Pyrrhosoma nymphula au milieu de l'émergence, il ne reste qu’à libérer l'abdomen en totalité de l'enveloppe de chitine de la nymphe

La jeune libellule à côté de son ancien enveloppe larvaire (l'exuvie),  en train de sécher. Bien visibles, les fils blancs des trachées respiratoires de la larve

La jeune libellule à côté de son ancien enveloppe larvaire (l'exuvie), en train de sécher. Bien visibles, les fils blancs des trachées respiratoires de la larve

Pyrrhosoma nymphula après le séchage, les couleurs de l'imago adulte sont presque atteintes, avant le vol imaginal

Pyrrhosoma nymphula après le séchage, les couleurs de l'imago adulte sont presque atteintes, avant le vol imaginal

Ecologie et Habitat :

 

Pyrrhosoma nymphula se reproduit dans des milieux humides très variés Cette espèce apprécie les eaux stagnantes comme les lacs, les étangs, les mares, les fossés et les canaux, mais aussi les secteurs calmes des rivières. Les points d'eau dans les jardins et parcs attirent la Petite nymphe au corps de feu ainsi que les zones humides artificielles et  sont colonisés rapidement.

Les zones humides doivent être riches en végétation aquatique flottante et immergée.

 

Protection :

 

Pyrrhosoma nymphula n'est pas une espèce menacée en France. Son abondance s'explique par le large spectre de milieux aquatiques qu'elle peut habiter. Elle subit cependant le risque de la disparition importante des zones humides et donc de ses mileiux de vie



Texte, photos sauf mention et bibliographie de  Hans Jurgen Blum (Anab)






 

Rédigé par ANAB

Publié dans #Insectes de chez nous

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Merci pour ce super article bien documenté et avec de magnifiques photos ! <br /> Il faut absolument protéger les zones humides...
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R
Merci Raymonde de dire comme je le pense , que tu as trouvé magnifiques ces photos. <br /> Hans nous a fait un beau cadeau avec ces photos époustouflantes et les illustrations pédagogiques de son ami Dirk Pape-Lange.<br /> <br /> Merci Hans.