Houppe ou Orthotriche diaphane

Publié le 5 Décembre 2020

Houppe ou Orthotriche diaphane (Orthotrichum diaphanum)  Photos Gilles Weiskircher (Anab)
Houppe ou Orthotriche diaphane (Orthotrichum diaphanum)  Photos Gilles Weiskircher (Anab)
Houppe ou Orthotriche diaphane (Orthotrichum diaphanum)  Photos Gilles Weiskircher (Anab)

Houppe ou Orthotriche diaphane (Orthotrichum diaphanum) Photos Gilles Weiskircher (Anab)

Nom scientifique :  Orthotrichum diaphanum Schrad. ex Brid., 1801


Date de l’observation: 17 mars 2019 à Zetting

Classification: mousse de la famille des Orthotrichaceae

Description :

Cette mousse commune est aisément reconnaissable car c'est le seul Orthotrichum qui possède un poil hyalin à l'apex de la feuille. La mousse forme des coussinets atteignant 1 cm de hauteur. Elle a des feuilles ovales-elliptiques dont les marges des feuilles sont retroussées. La nervure médiane se termine avant la pointe de la feuille et se termine par une pointe  nettement hyaline. La capsule est presque complètement enfoncée dans les feuilles.

 

Habitat: très commun sur les arbres et les arbustes, également saxicole. Le spécimen a été trouvé sur un poteau électrique.

Protection et classement :
Elle figure sur la Liste rouge des Bryophytes menacées en Alsace (2014) en statut LC (Préoccupation mineure)


 

Feuilles d'Houppe ou Orthotriche diaphane (Orthotrichum diaphanum) vues au grossissement 20 puis 40 puis 100- microscope X 100. Photos Gilles Weiskircher (Anab)
Feuilles d'Houppe ou Orthotriche diaphane (Orthotrichum diaphanum) vues au grossissement 20 puis 40 puis 100- microscope X 100. Photos Gilles Weiskircher (Anab)
Feuilles d'Houppe ou Orthotriche diaphane (Orthotrichum diaphanum) vues au grossissement 20 puis 40 puis 100- microscope X 100. Photos Gilles Weiskircher (Anab)

Feuilles d'Houppe ou Orthotriche diaphane (Orthotrichum diaphanum) vues au grossissement 20 puis 40 puis 100- microscope X 100. Photos Gilles Weiskircher (Anab)

Le sporophyte, un parasite ?

 

On a vu, dans les précédents épisodes, que le sporophyte est la phase diploïde de la vie d’une mousse et qu’elle émerge sur le gamétophyte,  soit en position latérale chez les mousses pleurocarpes, soit en position apicale chez les mousses acrocarpes. Le sporophyte est peu visible et fugace.  Il vit en quelque sorte en « parasite » du gamétophyte qui, lui, correspond à la plante feuillée visible. Il est entièrement dépendant du gamétophyte. Il ne fait pas de photosynthèse, mais est nourri par le gamétophyte. S'il ne s'agissait pas de la même espèce, on pourrait dire que le sporophyte parasite  le gamétophyte. En effet, il s'ancre à l'extrémité du gamétophyte grâce à un suçoir qui lui permet de vivre sur ce dernier.

 

La double individualité des mousses

 

La biologie des mousses est déroutante. L’ espèce existe sous deux formes bien différentes, une forme haploïde et une forme diploïde, l’un allant même se nourrir grâce à l’autre. Il est troublant et déroutant de parler de parasitisme pour une même espèce, d’une plante se parasitant elle-même, mais certains éléments de vie du sporophyte facilitent cette analogie. Le sporophyte, pour schématiser, est comme un « embryon » issu de la fécondation des gamètes du gamétophyte. Sauf que cet embryon ne va pas ressembler morphologiquement à ses parents mais constitue une entité bien spécifique.

 

Toutes ces constatations perturbent les animaux que nous sommes, habitués et aguerris à la biologie animale, à une biologie très souvent zoocentrée. Mais ce serait oublier une autre biologie tout aussi originale et spécifique, la biologie végétale, qu’on gagnerait à approfondir dans les cursus scolaires tant elle a de choses à nous apprendre.


Texte, photos, et bibliographie : Gilles Weiskircher (Anab)

 


Sources :

http://www.naturedugard.org/atlas.php?id_groupe=204&id_sp=5021

Bonnier Gaston. La double individualité du végétal.. In: L'année psychologique. 1906 vol. 13. pp. 420-458

Rédigé par ANAB

Publié dans #Mousses-Algues

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M
Merci, Gilles !<br /> Tu me donnes envie de m'intéresser d'un peu plus près aux mousses .
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