Le Rouge-gorge familier (Erithacus rubecula))

Publié le 15 Novembre 2020

Rougegorge familier (Erithacus rubecula)- Photos Guy Schneller (Anab)
Rougegorge familier (Erithacus rubecula)- Photos Guy Schneller (Anab)

Rougegorge familier (Erithacus rubecula)- Photos Guy Schneller (Anab)

Nom scientifique : Erithacus rubecula (Linnaeus, 1758)


Origine du nom :  « eruthakos» était probablement le nom en grec ancien de la mésange et a signifié par la suite  « petit oiseau» ce qui correspond bien à cette espèce. Le nom d’espèce  « rubela » signifie en latin « rouge », racine que l’on trouve dans d’autres  mots comme le rubis, la rubéole…

Nom allemand : Rotkehlchen

Nom anglais : European Robin

Observation : le 29 octobre à Keskastel

Famille : passereau de la famille des  Muscicapidae, mot qui peut paraitre barbare. Il est en fait une contraction de « musca » la mouche et « capere » , prendre, donc oiseaux insectivores. Elle comprend seulement 310 espèces groupées en 58 genres. Les plus connus sont les gobe-mouches dont le Gobe-mouche à collier, le Gorge-bleue à miroir, le Rossignol philomène, les traquets. Ce sont des oiseaux forestiers et de milieux ouverts  de petite taille avec une grosse tête, de grands yeux et un bec pointu et solide. Ils cherchent les insectes  au sol et dans les arbres dans lesquels ils nichent et pondent des œufs souvent bleus. Cette famille de passereaux a été modifiée très largement après des études génétiques qui ont démontré les parentés plus ou moins proches des différentes espèces.

Dimensions et poids : 14 cm avec la queue, envergure 20 cm, poids  16 à 22 g.

Longévité : 15  ans

Description : c’est un petit oiseau de forme ronde avec le bas de la tête et le poitrail orange. Eh oui il n’est pas rouge. Il a été nommé Rouge-gorge dès le Moyen-âge. Le nom de la couleur  orange  est apparu avec les fruits du même nom seulement au XVème siècle d’où ce décalage de nom puisque l’on ne savait pas dire orange. Le dessus de la  tête est brun comme le corps, les ailes et ses fines pattes. Le ventre est blanc. Le bec est conique et épais, les yeux noirs.
La femelle est identique au mâle. Les petits sont mouchetés de taches brun-clair et sont  peu typés. Ils n’ont pas encore leur gorge orange et ressemblent  aux jeunes du Rossignol philomène.
. (Écoutez ci-dessous).
Rouge-gorge familier (Erithacus rubecula)- Photo Claudie Stenger
Rouge-gorge familier (Erithacus rubecula)- Photo Claudie Stenger
Rouge-gorge familier (Erithacus rubecula)- Photo Claudie Stenger
Rouge-gorge familier (Erithacus rubecula)- Photo Claudie Stenger

Rouge-gorge familier (Erithacus rubecula)- Photo Claudie Stenger

Juvénille de Rouge-gorge familier (Erithacus rubecula)- Photo Claudie Stenger

Juvénille de Rouge-gorge familier (Erithacus rubecula)- Photo Claudie Stenger

Vol : rapide et direct. Les trajets sont courts.

Migration et sensibilité aux champs magnétiques :
Cet oiseau est un migrateur pour les populations des pays  nordiques. La France  voit arriver des Rouges-gorges du Nord à la fin de l’automne.
Les oiseaux migrateurs possèdent tous un système de guidage pour trouver la route vers leurs lieux d’hivernage ou l’inverse. Cette découverte est assez récente par le couple  de zoologistes  Roswitha et Wolfgang Wiltschko en 1970. Ces recherches ont démontré  que des protéines présentes  chez de nombreuses espèces (dont l’homme) étaient responsables de la magnétoréception : les cryptoprotéines ;
Elles sont présentes dans l’œil de certains passereaux mais tout n’est pas encore clair et des recherches se poursuivent.
Les champs magnétiques artificiels perturbent la sensibilité de ces  récepteurs et des études ont été faites chez le Rouge-gorge. En 2014  l’université d’Oldenbourg a étudié les effets des champs magnétiques du type : ligne à haute tension, radio à modulation d’amplitude, téléphone mobile.
C’est par hasard que les chercheurs ont remarqué cet effet. Au sortir de leur  cage en bois le Rouge gorge avait du mal à s’envoler dans une direction donnée alors qu’en temps normal  il s’échappe rapidement  de la cage et part dans une direction précise.

Dans une cage dite de Faraday, couverte avec de l’aluminium tout autour du bois et  reliée à la terre, le Rouge gorge peut s’orienter sans difficulté car il perçoit  le champ magnétique terrestre. Dans une cage en bois non isolée,  il est perturbé. Tous ces champs magnétiques regroupés sous le terme de « smog électromagnétique » perturbent la migration des oiseaux et expliquent sans doute en partie  la diminution des migrations observées par les ornithologistes en Europe.



Habitat : oiseau présent  dans les milieux arborés: forêts de feuillus mélangées à des conifères, jardins, vergers, parcs.

Nourriture : se nourrit d’araignées et d’insectes, mollusques, vers rampants. Il avance en sautillant au sol pour chercher des proies ainsi que dans le potager que vous venez de bêcher. Il  consomme aussi des petits bourgeons et fruits et  fréquente les mangeoires en hiver. Des graines mélangées à de la graisse ou du beurre constituent une bonne protection pour résister au froid hivernal. Il accepte bien volontiers des cacahuètes, des petites graines et des vers de farine. Le problème est qu’il préfère déguster tout cela au sol et  il est impératif de le protéger des chats et de la pluie.

Comportement : les Rouges-gorges sont territoriaux. Ils défendent toute l’année avec énergie leur  territoire contre tout intrus. La taille de cet espace correspond à la surface nécessaire pour sa survie.  Le couple vit séparé en automne et hiver et chacun défend alors son nouveau territoire.

Nidification : le couple construit  dans un buisson un nid d’environ 10 cm  fait de brindilles et mousses et garni à l’intérieur de plumes et duvets  dans un buisson.  Il adopte facilement comme nid une cavité dans un arbre mais aussi toutes sortes de formes arrondies comme des cruches, anciens récipients en terre cuite ou métal. La femelle  y pond  4 à 7 œufs blancs tachetés de rouge brun qu’elle couve pendant 2 semaines.
Les jeunes sont rapidement autonomes et peuvent voler après   2 ou 3 semaines.


Prédateurs : rapaces, corneilles. Parasitée par le Coucou gris.

Protection  strictement protégé par la loi. D’après l’INPN, sa population serait stable et l’estimation de qualité  moyenne,  entre 350 000  et 700 000 couples nicheurs sur notre territoire. Le  Rouge-gorge familier  est  classé LC, préoccupation mineure. (en 2020).

 

Article illustré par Guy Schneller (Anab) et Claudie Stenger, d’autres photos d’oiseaux  et animaux sauvages sont visibles sur Flickr (cliquer)

Texte, bibliographie  Roland Gissinger (Anab) –Relecture Bernard Weinzaepflen

Webographie :
Oiseaux.net,
Wikipédia, Oiseau-libre.net
https://de.wikipedia.org/wiki/Fliegenschn%C3%A4pper


 n°103  de La Hulotte qui est presqu'intégralement consacré à "Barberousse" le Rouge-gorge

Effets biologiques et environnementaux des champs électromagnétiques – smog électromagnétique 

 https://www.sciencemag.org/news/2014/05/electronic-smog-disorients-european-robins

https://fr.wikipedia.org/wiki/Effets_biologiques_et_environnementaux_des_champs_%C3%A9lectromagn%C3%A9tiques

Rédigé par ANAB

Publié dans #Oiseaux

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M
ça donne envie d'acheter la hulotte !
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B
Bjr, n'hésitez pas! La période est propice pour vous la faire offrir.<br /> Je lit la Hulotte depuis le début, et je me réjouis d'avance de recevoir le prochain numéro.<br /> Actuellement c'est le moineau qui tien la vedette.<br /> Bonne journée ensoleillée.
J
Adorable passereau peu farouche dont les vocalises enchantent mes journées!
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