L’Anémone hépatique, Hépatique à trois lobes

Publié le 24 Mars 2021

Anémone hépatique, Hépatique à trois lobes (Anemone hepatica)- Photos  Bernard Weinzaepflen (Anab)
Anémone hépatique, Hépatique à trois lobes (Anemone hepatica)- Photos  Bernard Weinzaepflen (Anab)
Anémone hépatique, Hépatique à trois lobes (Anemone hepatica)- Photos  Bernard Weinzaepflen (Anab)
Anémone hépatique, Hépatique à trois lobes (Anemone hepatica)- Photos  Bernard Weinzaepflen (Anab)

Anémone hépatique, Hépatique à trois lobes (Anemone hepatica)- Photos Bernard Weinzaepflen (Anab)

Feuille et fleurs d'Anémone hépatique, Hépatique à trois lobes (Anemone hepatica)-  Photos  Bernard Weinzaepflen (Anab)
Feuille et fleurs d'Anémone hépatique, Hépatique à trois lobes (Anemone hepatica)-  Photos  Bernard Weinzaepflen (Anab)
Feuille et fleurs d'Anémone hépatique, Hépatique à trois lobes (Anemone hepatica)-  Photos  Bernard Weinzaepflen (Anab)

Feuille et fleurs d'Anémone hépatique, Hépatique à trois lobes (Anemone hepatica)- Photos Bernard Weinzaepflen (Anab)

Nous vous avons présenté  voici quelques semaines une grande renoncule des Alpes, Anemona alpina.  Voici une petite plante voisine d’aspect très différent mais de structure presque identique et  toujours  une renonculacée.
Découvrir cette plante aux couleurs vives au début du printemps, dans le sous-bois ou sur un rocher est toujours une belle surprise. Merci Bernard de me l’avoir rappelé et d’illustrer cet  article.
Roland


Nom scientifique : Anemone hepatica L., 1753,
ancien nom Hepatica nobilis. Les études génétiques récentes l’ont reclassée avec les anémones.

Origine du nom : origine incertaine de « anémone ». Il pourrait venir,  «  du grec « anemos » le vent, car les graines se dispersent par le vent grâce à leurs « ailes ».  Anémone pourrait être une déformation  d’une racine sémitique du Moyen Orient  « naaman », l’adoré, devenu ensuite la légende d’Adonis l’amant d’Aphrodite dans la mythologie grecque. Chez les grecs anciens, la fleur anémone était  née du sang d’Adonis blessé par un sanglier à la chasse. A noter qu’une belle anémone porte le nom d’Adonis goutte de sang.  Le prénom vient du latin « hepatica », « le foie », allusion à la forme en trois lobes des feuilles.



Nom allemand et dialecte: Leberblüem, Leberblümchen



Nom anglais : common hepatica, liverwort, kidneywort, or pennywort,

Date et lieu de l’observation : le 7 mars au Hundsruck (68)

Famille de plantes : celle de l’anémone et du bouton d’or (Renonculacées). Il existe 56 genres et plus de 2100 espèces. La plupart des plantes de cette famille sont toxiques car contenant des alcaloïdes  et en particulier une cardiotoxine, la proto-anémonine. Certaines sont mortelles comme l’Aconit tue Loup.
Ce sont des plantes herbacées  avec seulement quelques arbres et plutôt réparties dans l’hémisphère Nord.
Les généticiens-botanistes les ont identifiées comme plantes primitives en raison du grand nombre d’étamines disposées en hélice et de leurs carpelles libres.

Beaucoup de renonculacées ont des fleurs à 5 pétales et 5 sépales libres mais leurs formes peuvent être très variées :
rien de commun pour un non initié entre l’aconit et les anémones, entre les hellébores et les clématites.

 

Catégorie : petite plante vivace violacée.

Hauteur : 5 à 15 cm

Tige : courte tige souterraine ou rhizome d’où partent des racines.


Feuillage : feuilles  à long pétiole velu  à trois lobes (trilobés) persistantes, épaisses, d’allure coriace. Elles sont vert-foncé sur le dessus et pourpres  ou violacées en-dessous, de 7 à 9 cm de long pour 5 à 6 de large.
 

Floraison : mars à avril

Couleur  des fleurs: couleur d’un beau bleu violacé mais parfois blanches. La corole est formée de 6 à 9 pétales. Il s’agit de  tépales car les sépales d’habitude verts sont ici de même couleur et forme que les pétales.  A noter que sous le dessous de la fleur se trouve un involucre de 3 bractées  (petites feuilles) qui simule les sépales du calice. Ces bractées ont la même fonction que des sépales: protéger la fleur avant éclosion. Au centre de la fleur se trouvent de nombreuses étamines aux extrémités (anthères) blanches et de nombreux carpelles (organes femelles).
Plante  ne produisant pas de nectar mais pollinisée par des abeilles solitaires de type Lasioglossum ou Andrena.

Confusion : difficile, plante d’aspect et de couleur uniques.

Habitat : sous-bois frais, humides, friches, prés dans les collines calcaires et montagnes moyennes. Présente dans les Vosges et collines sous-vosgiennes dans notre région jusqu’à 1000m.

Fruits : nombreux akènes, chacun muni d’un plumeau formé par le style qui va favoriser sa dispersion par le vent. En fait, ce sont les fourmis qui améliorent la dissémination des graines après en avoir consommé une partie, « récompense » fabriquée par la plante.

Protection : plante peu commune dans notre région. Elle est classée vulnérable (VU) en Basse Normandie et en danger (EN) en Ile de France.

Cette plante est classée Znieff en Alsace, Bourgogne, Champagne-Ardenne, Franche-Comté , Haute Normandie et  Ile de France.
Les ZNIEFF , Zones Naturelles d’Intérêt Écologique Faunistique et Floristique ont  pour objectif d’identifier et de décrire des secteurs présentant de fortes capacités biologiques et un bon état de conservation. (Source Inventaire National du Patrimoine Naturel)

Usage alimentaire : aucun car toxique

Usage horticole : utilisée en jardinerie ainsi que ses nombreux cultivars aux couleurs les plus diverses. Il existe une folie de l’Hépatique au Japon. Certaines variétés selon les régions (Pyrénées) ou pays (Amérique, Corée, Japon…)  diffèrent en couleur et forme de notre Hépatique.

Usage médicinal :
La forme de certaines plantes ou de leurs feuilles faisait croire à nos ancêtres qu’elle avait le pouvoir de guérir les maladies d’un organe analogue,
 comme par exemple le poumon  si la feuille avait des taches comme un poumon (les pulmonaires) . C’est la théorie des signatures. En général c’était très faux mais ici c’est le cas où cela marche !!
L’Hépatique a un réel pouvoir  sur les troubles hépatiques selon les sources les plus fiables comme wikiphyto :

Principes actifs :
hétérosides flavonoiques dérivés du  quercétol et du kaempférol, flavones qui sont des sucres combinés à des phénols, véritables marqueurs génétiques de chaque famille ou espèce de plante. Ils possèdent des propriétés anti-oxydantes et anti-inflammatoires importantes, anthocyanes (colorants naturels), polyphénols (autres marqueurs génétiques)

L’Hépatique contient aussi de la protoanémonine.
Cette molécule a des propriétés antibactériennes contre les Escherichia coli et Staphylocoque aureus, deux bactéries responsables de nombreuses pathologies et décès chez les personnes fragiles.
La protoanémonine a été utilisée dans les coccidioïdomycoses et les maladies parasitaire à Trypanosome
Elle est antispasmodique, diminue la toux, les migraines et névralgies.
Elle a des  propriétés vésicantes et allergisantes pour la peau. A l’état sec, soit foin ou  plante séchée,  la protoanémonine se transforme en dimère d’anémonine,  inactive et presque inoffensive.

Selon wikiphyto la plante entière est diurétique, hépatotrope (possède une action spécifique sur le foie), cholagogue (facilite l’évacuation de la bile et donc la digestion)  et antispasmodique (diminue les contractions musculaires anormales).




Photos  Bernard Weinzaepflen (Anab)

Texte Roland Gissinger (Anab) –Relecture Bernard Weinzaepflen (Anab)


 

 

 

 

Rédigé par ANAB

Publié dans #Fleurs violettes, #Biodiversité hors région

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