Le Vulpin des prés

Publié le 12 Mai 2021

Le Vulpin des prés,  (Alopecurus pratensis)
Le Vulpin des prés,  (Alopecurus pratensis)

Le Vulpin des prés, (Alopecurus pratensis)

Ligule de Vulpin des prés,  (Alopecurus pratensis)

Ligule de Vulpin des prés, (Alopecurus pratensis)

Les fleurs de couleur vive sont faciles à identifier en tant que fleurs. Il existe d’autres plantes à fleurs bien plus discrète. Elles possèdent  des fleurs vertes ou brunes comme les graminées. Le mois de mai correspond au démarrage de leur floraison. Prenons comme exemple ce Vulpin des prés, une des plus précoces, visible en ce moment dans les prairies enrichies en fertilisants naturels ou  chimiques.
Roland


Nom scientifique : Alopecurus pratensis L., 1754
 
Origine du nom : alopecurus dérive du grec « Alopex et oura» signifiant « queue de  renard » pour rappeler l’allure de  l’épi en queue de renard et «pratensis », le pré.

Nom en dialecte et allemand : Wiesen-Fuchsschwanz (comme en français)

Nom anglais
 : meadow foxtail, field meadow foxtail

Date de l’observation: le 7 mai à Altwiller

Famille de plantes : C’est la grande famille des  Poacées autrefois dénommées Graminées.
Il existe plus de 12 000 espèces identifiées au niveau mondial et plusieurs centaines en France.
Ce sont toutes ces herbes qui ressemblent de près ou de loin à du maïs, du riz, canne à sucre, du bambou, du mil, du blé, de l’avoine ou encore de l’orge.
C’est LA famille de première importance au niveau nutritionnel, toutes les céréales comestibles en font partie

Elle recouvre 40% de la couverture végétale terrestre.
Caractères communs :
Plantes herbacées à fleurs peu visibles, non colorées. Leurs  tiges, les chaumes,  sont  cylindriques, creuses et portent des nœuds où naissent les feuilles.
Normalement une feuille possède une partie élargie, le limbe et une partie étroite le pétiole qui la raccorde à la tige comme la feuille d’un pommier par exemple.
Les feuilles des Poacées, n’ont pas de vrai pétiole et forment une gaine foliaire entourant la tige à partir du nœud. Le limbe de la feuille s’élargit  quand il s’écarte de la tige, à partir de la ligule. Il  devient alors visible pour l’observateur. Il lui est aussi facile de reconnaitre au toucher ces nœuds car renforcés par des fibres.
Le réseau racinaire des Poacées est variable pour s’adapter à tous les milieux. . Il est très perfectionné  et permet à certaines espèces d’améliorer les rendements agricoles ou de s’étendre rapidement  pour former des grandes pelouses ou gazons, par tallage ou drageonnage.
Il existe 36 espèces de vulpin de par le monde dont 8 en France.


Hauteur: de 30 à 100 cm

Tige : herbe vivace. La tige est droite et les gaines (feuilles le long de la tige) lisses et cylindriques.

Feuillage: feuilles de 2 à 15cm  de long sont scabres (rugueuses-coupantes) et mesurent de 3 à 10 mm de large
 vert clair

La ligule  est une cicatrice qui apparait  à l’endroit ou la feuille rejoint la tige. Elle est souvent typique d’une espèce. Ici elle  mesure 1 à 2.5 mm  et son sommet est déchiré en lambeaux.

Epi de Vulpin des prés,  (Alopecurus pratensis)
Epi de Vulpin des prés,  (Alopecurus pratensis)
Epi de Vulpin des prés,  (Alopecurus pratensis)

Epi de Vulpin des prés, (Alopecurus pratensis)

Floraison: d’avril à juin
 
Couleur des fleurs: les fleurs des graminées et de ce vulpin sont groupées en petits éléments dénommés épillets. Ils sont ensuite groupés par 4 à 6 sur un axe relié à la tige principale. L’ensemble de tous les épillets forme l’épi. Ici cet épi est une panicule très allongée, cylindrique, dense, de 3 à 9 cm pour 0,6 à 1,5 cm de large. Chez le Vulpin des prés chaque  épillet ne contient qu’une seule  fleur fertile.

Les 2 glumes sont les enveloppes externes de l’épillet et sont identiques.  Les glumelles petites écailles qui entourent la fleur,  sont soudées à leur base et mesurent 4 à 7mm. La glumelle extérieure  possède une arrête dorsale longue de 6 à 10 mm qui dépasse l’épillet.

La composition et disposition des épillets est typique de chaque poacée et nécessite  une bonne loupe pour l’observation.


Les étamines sont typiquement en forme d'X et les fleurs femelles ont la forme de longs plumeaux blancs (voir photo). Leur surface est papilleuse, collante ce  qui permet d’améliorer la collecte de grains de pollen. Cette plante est autostérile car les fleurs femelles sont bien plus précoces que les mâles et exige donc une  fécondation croisée

Confusion possible : avec d’autres poacées comme la fléole des prés et d’autres vulpins

Habitat: plante nitrophile, terrains et  prairies humides, fossés et bords des chemins.


 Fruit : une graine ou caryopse de forme elliptique et comprimé sur les côtés.

Protection : plante non réglementée


Usages :
Agricole : cette plante est considérée  comme ayant une bonne  valeur  fourragère en Europe. Elle est remarquable par sa haute teneur en protéines comparée à des poacées-graminées analogues comme la Flouve odorante ou le Pâturin des prés. Sa valeur nutritionnelle évolue pendant son cycle  végétatif et selon la teneur en éléments minéraux du sol et de l’azote en particulier.




Intérêt écologique : les chenilles de certains papillons se développent sur cette espèce (Thymelicus lineola) et certains moustiques viennent s’y abreuver.
 

Médecine : pas d’usage trouvé.


Texte et photos Roland Gissinger (Anab) Relecture Bernard Weinzaepflen (Anab)



Sources bibliographiques voir index biodiversité

Valeur nutritive de poacées de prairies de montagne - étude Inra (2010)

 

Rédigé par ANAB

Publié dans #Biodiversité de notre région, #Fleurs vertes-brunes

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