Le Cognassier

Publié le 31 Octobre 2021

Le Cognassier et ses fruits  (Cydonia oblonga)
Le Cognassier et ses fruits  (Cydonia oblonga)
Le Cognassier et ses fruits  (Cydonia oblonga)

Le Cognassier et ses fruits (Cydonia oblonga)

Cet arbre se raréfie dans les jardins de nos campagnes où il a pourtant toute sa place. Il donne en plus de ses somptueuses fleurs au  printemps,  de beaux  fruits jaunes. Ils sont  parfumés et peuvent être transformés en délicieuses  confitures et pâtes de fruits pour les  gourmands.

Roland



Nom scientifique : Cydonia oblonga Mill., 1768

Origine du nom: dérive  du latin «Cydonia»,  qui désignait une ancienne ville de Grèce, La Canée,   et de « oblonga», oiseaux, car nombreux sont ceux qui raffolent de ses fruits.

Autres noms communs : Coignier, Coudonnier…

Nom commun allemand/ dialecte : Quittebaum

Nom anglais :  quince


Date de l’observation:  le 26 octobre  à Burbach (67)

Famille de plantes :  celle des Rosacées, celle de nos  arbres fruitiers comme le cerisier, le prunier, le prunelier, , le pommier, le poirier, l’amandier … mais aussi la fraise, l’églantier. C’est donc une famille économiquement très importante.
Les rosacées ont comme point commun des feuilles dentées. Les fleurs de symétrie 5, ont de nombreuses étamines et pistils composés de 5 carpelles.
Les poils de l’épiderme se transforment en aiguillons (ronces, roses) ou épines (pruniers). Ce phénomène a été développé par ces plantes pour éviter le broutage par les animaux herbivores. Ce sont des défenses physiques qui complètent ou remplacent les défenses chimiques, les tanins que produisent les plantes.

Origine du cognassier: cet arbre serait originaire des régions d’Asie centrale, Arménie, Iran, Caucase où il existe des preuves de sa culture à -4000 av. J.-C.
Il a été planté vers l’ouest plus tard, la Grèce (-600), Rome (-200 av.J.-C.). Il reste cultivé dans ses régions d’origine où il représente  27% de la production mondiale pour la seule Turquie.
Il est voisin de l’arbuste de décoration, le Cognassier du Japon, Chaenomeles japonica  qui se distingue par ses fleurs nombreuses, ses repousses mais aussi par  la dangerosité de ses épines.

Catégorie: arbre de petite taille, allure de pommier, houppier compact et globuleux, bourgeons pointus. Sa durée de vie est d’environ 50 ans, bien inférieure à celle du  pommier.

Hauteur: 5 m jusqu’à 8 m

Tronc : écorce gris clair, brillante d’abord lisse, qui se desquame avec l’âge en lames irrégulières et atteint  30 cm de diamètre.
Tiges et racines: d’abord duveteux les rameaux deviennent glabres. Cet arbre ne drageonne pas et pour cette raison servait souvent de référence pour délimiter des parcelles. Il servait ainsi de matériel de bornage en Gascogne.
Feuilles: de 6 à 10 cm de long pour 3 à 5 cm de large, entières, caduques, alternes, simples, ovales à court pétiole.  Le dessus est vert, et le dessous très duveteux, tomenteux.


 

Développement des fleurs du Cognassier (Cydonia oblonga)
Développement des fleurs du Cognassier (Cydonia oblonga)
Développement des fleurs du Cognassier (Cydonia oblonga)
Développement des fleurs du Cognassier (Cydonia oblonga)
Développement des fleurs du Cognassier (Cydonia oblonga)
Développement des fleurs du Cognassier (Cydonia oblonga)

Développement des fleurs du Cognassier (Cydonia oblonga)

Fruits  et momie d'un fruit du Le Cognassier (Cydonia oblonga)
Fruits  et momie d'un fruit du Le Cognassier (Cydonia oblonga)
Fruits  et momie d'un fruit du Le Cognassier (Cydonia oblonga)

Fruits et momie d'un fruit du Le Cognassier (Cydonia oblonga)

Floraison: d’avril à mai

Couleur des fleurs: fleurs isolées de 4 à 6 cm, de couleur rose pâle ou blanc avec de nombreuses étamines à anthère jaune avant fécondation et aux filets (tiges support) violets.  Les 5 styles se prolongent par 5 loges carpellaires soudées qui abritent 8 à 16  ovules sur deux rangs.
Les fleurs sont à 5 pétales. Les  5 sépales sont velus et  triangulaires. Comme la plupart des rosacées ils sont réfléchis à maturité et adhérents au fruit.
Il existe des variétés de coings autofertiles. Les fleurs sont aussi  pollinisées par les insectes, en particulier par les abeilles et petits bourdons  attirés par un nectar à la base des pétales et du pollen abondants.

Fruits: appelés coings ; ils sont jaunes, odorants, bosselés, avec une peau cotonneuse, de 7 à 12 cm pour 6 à 10 cm de large, en forme de poire ou de pomme. Certaines variétés sont très grosses et les fruits peuvent dépasser le kg. Les coings étaient aussi appelés, pommes d’or ou poires de Cydonie. Les fruits des variétés  sauvages sont bien plus petits, de l’ordre de 3 à 5 cm. Leur chair est très très ferme pour ne pas dire dure comme du bois.
Remarquez que le coing est consommable en l’état, dans les régions de climat chaud car il nécessite une longue période de fructification.  Dans ces régions les périodes de gel apparaissent très tardivement ou pas du tout.
Pour les puristes, le coing n’est pas un fruit mais un pyridion, un faux fruit qui s’est développé autour des carpelles. La limite est visible par cette membrane verte et un peu dure autour des pépins et qui constitue en fait le trognon.

Habitat : arbre planté dans les vergers, les haies, le long des chemins et cours d’eau jusqu’à 800 m d’altitude. Il est rarement subspontané.
Il préfère les sols bien drainés. On le multiplie par bouturage et greffes.

Horticulture et utilisation du bois : le bois de très belle couleur rouge ou rose est utilisé pour le tournage de pièces décoratives, le déroulage mais surtout pour la fabrique de meubles, parquets, instruments de lutherie.

Maladies : le cognassier  est sensible à des maladies comme la moniliose, l’entomosporiose du feuillage et les polypores sur des arbres blessés.

Utilisations médicinales:
La grande richesse en substances gélifiantes et en tanins explique  que le coing est un important produit de la pharmacopée traditionnelle.
Les graines servent à préparer un antitussif ou de la pommade pour les peaux abîmées, les brûlures et comme base de pommade pour des cosmétiques.
Le jus de coing apaise les maux de gorge et réduit les problèmes intestinaux. Il est aussi utilisé comme support de parfums en raison de son odeur subtile et agréable composé d’au moins 85 substances différentes.
Les nombreux polyphénols (au moins 27  différents), pectines, gélifiants  et ses autres composants lui donnent un profil favorable  pour être utilisé contre des maladies comme le diabète, le cancer, les infections microbiennes, les allergies, les inflammations.
Une revue est citée en fin d’article mais il faudrait y consacrer tout un sujet.  A titre d’exemple : les feuilles de coing ont un meilleur effet antioxydant que les feuilles de thé vert.

Utilisation alimentaire :
Les fruits sont employés depuis l’Antiquité pour accompagner des plats, viandes en particulier. Ils sont très utilisés en raison de leur haute teneur en principes gélifiants comme les pectines. Le duvet de la peau riche en substances amères doit être enlevé car il peut contaminer la chair ou le jus. Après cuisson au four ou à la vapeur, il est possible d’en faire des gelées de confitures et des pâtes de fruits de belle couleur orangée, des jus de fruits, compotes, du vin et des eaux de vie.
Les coings coupés peuvent par infusion produire un jus qui fermentera en vin de coing.

Valeur alimentaire : les coings sont riches en sucre (15 g/100 grammes) et contiennent de la vitamine C, 15 mg/100 g soit 25% des apports recommandés par jour,  du potassium des minéraux (fer, cuivre, zinc..). Ils sont riches en tanins et acide tannique  qui procurent cette âpreté de goût, en acides organiques (citrique, malique, quinique, shikimique…). Ses hautes teneurs en  pectines et mucilages permettent  la fabrication de gelées.

Légende : ce fruit était vénéré chez les grecs anciens car il venait de l’Orient et sans doute de la déesse Aphrodite, déesse de l’amour qui l’avait reçu en cadeau de Pâris, fils du roi Priam. Patrick ML nous dit que dans la mythologie grecque Zeus en avait aussi offert à Héra sa femme.  (Merci Patrick). Pour poursuivre  cette tradition, une mariée grecque mangeait un coing avant d’entrer dans sa chambre nuptiale rejoindre son mari. Son baiser était ainsi, parfumé, ni désagréable, ni déplaisant.

Poésie
Pour ce fruit,
Apicius gargotier d'art,
Sublima son nectar,
D'un porrum magnifique.
Pour ce Fruit,
D'avoir mordu,
Le fruit charnu,
Le baiser allégorique,
D'une antique promise,
En un parfum qui érotise,
Embrasa les vers de Plutarque.
Pour ce fruit,
Atlante posa son arc
Trahi par les reflets d'or,
Dès l'or, Melanion en fit son trésor.
C.Z

Texte et photos Roland Gissinger (Anab) relecture Bernard Weinzaepflen  (Anab).
Poésie Christophe Zins (lecteur de notre blog)  merci Christophe




Sources bibliographiques voir index biodiversité
 Tout savoir sur le coing (en anglais)
Importance médicale du coing (en anglais)

Rédigé par ANAB

Publié dans #Arbres, #Biodiversité de notre région

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B
Merci, car vous êtes le meilleur site que j'ai trouvé sur le coing. Je compte créer une page sur le sujet sur mon propre site, et je souhaite citer vos informations sur le coing, en insérant le lien vers votre site, bien entendu. <br /> Très bon travail. Merci.
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R
Merci Romain de ces qualificatifs flatteurs.<br /> Aucun problème pour reprendre nos informations même si elles ont coûté un peu de transpiration; Moi aussi je n'invente pas ces données, je fais la synthèse de documents ou sites jugés comme fiables.
L
Fruit parfait pour une gourmande... .mais qu'une fois transformé.
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R
Tout à fait la gourmande, non cuit le coing est une arme de "poing".
S
Bonjour à tous,<br /> stériliser en bocaux.excellent.je les utilise pour être servis avec du foie gras ou poêlé .. Faire revenir les tranches dans une poêle avec du beurre et poser dans l'assiette ...
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R
Bonjour Sylvie, tu nous invites quand pour goûter?
H
un article riche d' information pour ce fruit cadeau de la nature : une recette simple , la compote de pomme coing avec un soupçon de miel de châtaignier est un régal pour nos papilles !
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A
merci Heintz de ce commentaire gourmand<br /> Roland