Céraiste commun, Mouron d'alouette

Publié le 3 Novembre 2021

Céraiste commun, Mouron d'alouette (Cerastium fontanum subsp. vulgare)
Céraiste commun, Mouron d'alouette (Cerastium fontanum subsp. vulgare)

Céraiste commun, Mouron d'alouette (Cerastium fontanum subsp. vulgare)

Cette petite plante aux fleurs blanches est encore en fleurs à cette saison dans les prairies de notre région. Essayons de la distinguer d’autres plantes semblables.
Roland


Nom scientifique : Cerastium fontanum subsp. vulgare (Hartm.) Greuter & Burdet, 1982
synonyme Cerastium vulgatum.

Explication  pour ceux qui trouvent compliqué (ils ont raison)  la mention de sous-espèce. Rappelons que cette précision provient du fait que l’espèce type de Cerastium fontanum  décrite dans l’Herbier de référence diffère de cette sous espèce et de manière stable et régulière. Les botanistes ont donc créé une sous- catégorie pour y classer des sous-espèces.

 
Origine du nom : vient du grec "keras", la corne, allusion à la forme des capsules en corne de vache et de "fontanus" fontaine

Nom en dialecte et allemand : Hornkraut, Gemeines Hornkraut

Nom anglais : Mouse-ear chickweed

Date et lieu de l’observation: le 24 octobre à Haselbourg (57)

Famille de plantes : celle des  Caryophyllaceae, celle de l’œillet des fleuristes, des stellaires comme le Mouron des oiseaux et la Stellaire graminée. La famille comprend 80 genres  et 2000 espèces, la plupart sont des herbacées disséminées dans l’hémisphère nord, le bassin méditerranéen en particulier.

Cette famille est homogène. Les caractères communs  sont :
les feuilles opposées fixées sur des nœuds. Ce sont des épaississements d’anneaux de vaisseaux de la plante qui la rendent fragile à ces endroits.
La plupart des genres sont de symétrie 5,  axiale. Les pétales sont soudés comme chez le silène ou non.

Les graines, souvent recouvertes de picots,  sont contenues dans une capsule ouvrant avec des dents ou des fentes.

Type : plante vivace

Hauteur: de 10 à 40 cm

Tige : dressée sans rejets stériles plus ou moins velue, à poils de moins de 0.5 mm

Feuilles: jusqu’à 3 cm, velues, vert foncé, ovales plus ou moins aigües, avec des entre nœuds, comme chez les œillets. Les bractées, ces petites feuilles à la base des fleurs, sont souvent scarieuses, c'est-à-dire plus ou moins translucides.

Céraiste commun, Mouron d'alouette (Cerastium fontanum subsp. vulgare)
Céraiste commun, Mouron d'alouette (Cerastium fontanum subsp. vulgare)
Céraiste commun, Mouron d'alouette (Cerastium fontanum subsp. vulgare)
Céraiste commun, Mouron d'alouette (Cerastium fontanum subsp. vulgare)

Céraiste commun, Mouron d'alouette (Cerastium fontanum subsp. vulgare)

Floraison: avril à novembre

Couleur des fleurs : blanche. Les fleurs sont  petites avec 5 pétales de 4 à 9 mm, non ciliés et profondément divisés. L’intérieur de la fleur comprend 5 styles, les extrémités vertes des organes femelles et 10 étamines. La taille des pétales  égale ou dépasse un peu les sépales ces petites feuilles qui protègent la fleur. Les sépales (3-6.5 mm) ont quelques poils à leur extrémité. Ils sont velus avec peu ou pas de poils glanduleux  et translucides sur les bords. Ces détails permettent d’identifier ce Cerastium fontanum des autres céraistes.

Confusion possible : avec les stellaires. Critère important, les stellaires possèdent  3 styles au lieu de 5 pour la grande majorité des céraistes. Une confusion est possible  avec d’autres céraistes et entre les différentes sous-espèces identifiées.


 

 
Fleurs
Fruits
Cerastium fontanum subsp. vulgare
Céraiste commun, Mouron d'alouette
Pétales sans  onglet cilié
Poils étalés glanduleux
Capsule elliptique  moins de 12 mm
 
Cerastium fontanum
Céraiste des sources
Pétales sans  onglet cilié
Poils non  glanduleux 1 mm
Rejets stériles
Grande capsule de 12 à 18 mm
Cerastium fontanum subsp. lucorum
Céraiste des bois
Inflorescence très glanduleuse
Pétales à onglet cilié

(forêts humides, bords des ruisseaux)
Grande capsule de 12 à 18 mm


Habitat: elle pousse un peu partout dans les prés, prairies et reposoirs d’animaux domestiques, dans tous les pays et est même considérée comme envahissante dans les pays du nord (Groenland)


Fruit : une capsule elliptique  de 7 à 12 mm plus grande que les sépales. Elle  s’ouvre par 4 à 10 petites dents. Elle contient de nombreuses graines brunes à tubercules plats  de 0.5 à 0.8 mm.


Protection : pas de protection légale pour cette plante commune.


Usage alimentaire : était utilisée pour faire une infusion apaisante mais sa ressemblance avec d’autres plantes devrait vous inviter à vous abstenir


Médecine : cette plante était utilisée  pour alléger les maux de tête, la toux.  Comme pour toutes les plantes à usage médicinal pas d’utilisation sans une identification certaine et un avis médical compétent.



Texte et photos Roland Gissinger (Anab) Relecture Bernard Weinzaepflen (Anab)


Sources bibliographiques voir index biodiversité

Rédigé par ANAB

Publié dans #Fleurs blanches, #Biodiversité de notre région

Commenter cet article
B
Bonjour Roland,<br /> je me pose certaines questions: ????.<br /> Pourquoi une sous-espèce et non pas une espèce différente ?<br /> Sont-elles fertiles entre elles ?<br /> Existe-t-il des hybrides ?
Répondre
R
Bonjour Bernard, merci de ces questions mais je ne sais pas si je suis très compétent sur ce sujet.<br /> <br /> La séparation des espèces c'est en principe la fertilité dans tous les sens. Mâle A avec femelle B et B avec A, puis descendance.<br /> <br /> Pour les sous espèces elles sont définies après avoir identifié des caractères stables et des "mariages" rares. Ils sont compromis par des dates de floraison différente, des milieux différents, un nombre de chromosomes différents, de l'ADN différent, des incompatibilités physiques (pollen par exemple)°. <br /> <br /> Cette zone de définition des sous espèces est une zone grise.<br /> Des milliers de sous espèces de fleurs ont été supprimées ces dernières années. Il s'agissait après études précises de simples variations de milieu, de saison ou d'individu.<br /> Pour ce céraiste c'est pareil. Les anciennes flores ne mentionnent pas les sous espèces de notre article. Il est possible que dans 10 ans des études démontrent que ces sous espèces sont elles aussi des distinctions de botanistes qui ont voulu se faire plaisir et rien d'autre.