Le Roitelet huppé (Regulus regulus)

Publié le 7 Novembre 2021

Le Roitelet huppé (Regulus regulus) Photos Claudie Stenger
Le Roitelet huppé (Regulus regulus) Photos Claudie Stenger
Le Roitelet huppé (Regulus regulus) Photos Claudie Stenger

Le Roitelet huppé (Regulus regulus) Photos Claudie Stenger

Le Roitelet huppé (Regulus regulus) Photos Claudie Stenger
Le Roitelet huppé (Regulus regulus) Photos Claudie Stenger
Le Roitelet huppé (Regulus regulus) Photos Claudie Stenger
Le Roitelet huppé (Regulus regulus) Photos Claudie Stenger

Le Roitelet huppé (Regulus regulus) Photos Claudie Stenger

                        Le Roitelet huppé (Regulus regulus) Photos Claudie Stenger
Voici le plus petit oiseau d’Europe. Il faut sur la balance mettre trois oiseaux pour égaler le poids  d’une enveloppe timbrée, papier et format standard ! (Si vous prenez du kraft c'est plus lourd). Il est typique et original avec sa petite huppe sur la tête.
Roland


Nom scientifique : Regulus regulus (Linnaeus, 1758)

Etymologie : « regulus» vient du latin  « roi, chevalier». Il faut rapprocher ce nom à celui de la légende liée, voir en fin d‘article.



Nom Allemand/dialecte : Wintergoldhähnchen

Nom anglais : Goldcrest

Observation : à Diemeringen le  5 juillet
s
Dimensions et poids : 8-9  cm, et 14 cm d’envergure.  Poids de  4,5 à 7 g.

Longévité : 4 ans mais la mortalité est l’une des plus élevée chez les oiseaux soit 80% la première année.

Classification et famille: celle des regulidae. qui sont des oiseaux de très petite taille, 8 à 10 cm. Elle comprend  seulement un genre et 6 espèces.  Ils construisent leur nid sur une branche avec une ouverture très petite et sont insectivores.

Description :
Le Roitelet huppé est un des plus petits oiseaux d’Europe avec le Troglodyte mignon. Les individus mâles et femelles sont presque identiques mise à part, la tête: la calotte jaune-vert est bordée de noir chez le mâle. Sur la tête, il arbore une huppe brillante  jaune qui lui a donné son nom. L’arrière de la  huppe est jaune orangé chez le mâle. Le bec  noir est typique des insectivores, fin et pointu. Le corps est jaune-vert dans la partie supérieure, plus sombre  pour le reste avec deux barres alaires, rayures blanches sur les ailes.

Chant :

Le chant du Roitelet huppé est très aigu, peu puissant. Il est une suite de sons fins et aigus qui dure 3 à 4 secondes, répétée 5 à 7 fois en une minute.

 

Nourriture: il est insectivore. Ses terrains de chasse préférés se situent sous les feuilles dans les arbres, près du sol, au pied des arbres. Le Roitelet consomme des insectes et leurs larves, des collemboles en majorité, des pucerons, des insectes emprisonnés dans des toiles,  des chenilles, des araignées et les œufs d’insecte. En hiver il collabore à la recherche de nourriture avec d’autres oiseaux comme les mésanges. Il est prouvé que la recherche collective dans ces groupes est bien plus fructueuse que celle d’un oiseau solitaire.
 


Vol : il est énergique et imprévisible avec de  nombreux changements de direction et survols. En recherche de nourriture il parcourt frénétiquement le feuillage des arbres les branches et le tronc.

Comportement : ce petit oiseau est monogame et défend son territoire contre les autres mâles en bougeant sa tête et en érigeant sa huppe. Il peut exister des conflits de territoire avec le Roitelet à triple bandeau, une espèce très voisine, mais ils sont rares. Ce cas peut arriver du fait d’une densité trop élevée
 d’oiseaux.


Reproduction: au printemps, fin avril, début mai, le couple construit un nid au sommet d’un arbre). Le nid suspendu à une branche par des fils et toiles d’araignées  est une merveille d’isolation en 3 couches. L’extérieur est constitué de lichens, de brindilles, de mousse. La couche interne est faite avec de la mousse tandis que l’intérieur où seront couvés les œufs et garni de plumes et de poils.  Le nid mesure environ 9 cm de diamètre et est surtout l’œuvre de la femelle.

Nidification La femelle pond fin avril, début mai, 7 à  12 œufs de couleur jaune crème, qu’elle couve seule pendant 2 semaines. C’est une mère tenace qui continue à rester dans le nid même si elle est dérangée ou si le nid est emporté ! Quand elle n’arrive plus à couver tous les œufs, elle  est relayée par le mâle.
 Les jeunes peuvent voler après 15 à 17 jours et sont autonomes après un mois. Le père participe au nourrissage des jeunes y compris après leur premier envol. La mère  entreprend  une deuxième couvée immédiatement et quelquefois même dans un deuxième nid  avant que les jeunes aient quitté le premier nid. Les jeunes sont adultes après 1 an.


Habitat : son territoire préféré est les milieux boisés, forêts de conifères, mais aussi les friches et  les jardins avec conifères.
Les densités d’oiseaux peuvent être élevées dans les pays nordiques comme la Norvège, jusqu’à 6 couples pour un hectare. On le trouve jusqu’en Asie centrale.

Migration : migrateur partiel, une partie des oiseaux du nord migre de fin août à novembre en direction du sud ou de la montagne vers la plaine. Les chercheurs ont remarqué que les roitelets se chargeaient en graisse avant leur migration. Ils peuvent ensuite parcourir 250 à 800 km en une journée.

Prédateurs : le prédateur principal est l’Épervier d’Europe mais il peut aussi être chassé par des faucons et les chouettes hulottes,



Statut et protection: Cet oiseau est totalement protégé par la loi*. Le nombre actuel (300 à 450 000 couples en France) est en déclin. Ce déclin est lié à la diminution de sa nourriture favorite, les insectes, provoquée par l’usage des pesticides. La population de roitelets huppés diminue moins rapidement que celle d’autres passereaux  car cet oiseau exploite des niches de nourriture plus difficiles à atteindre par des oiseaux plus grands.

Légende : une fable d’Esope (-600 av JC) raconte que les oiseaux voulaient désigner un roi, celui qui volerait le plus haut. L’aigle y parvint facilement  mais lorsque trop fatigué il voulut descendre, le roitelet caché dans son plumage s’éleva encore plus haut en criant « je suis le roi ». C’est pourquoi il est appelé roi dans de nombreux pays. En retour pour le punir de sa triche les autres oiseaux l’ont enfermé dans un trou de souris d’où il s’est échappé.

Cette légende est souvent attribuée au Troglodyte mignon qui ne possède pas cette Huppe « royale ». Ceci provient aussi de la confusion des mots grecs sur  le troglodyte (de basileus le roi) et les crêtes du roitelet (de basiliskos, un roitelet).

Voir aussi le pdf en annexe.

Poésie

D'avoir volé plus haut que l'aigle,
Il est devenu le roi des prêtres,
Plus rusé que le renard
Il résista à César.
Taranis en fit son auguste,
Tandis que Pline un corpus.
Et telle Alice
Dans l'invisible se glisse.
Il est le plus petit,
Des petits.
Mais dès l'aurore,
Son chant est le plus fort.
Joyeux aux premières lueurs
Il est l'oiseau rieur.

"Christophe Zins."

Article illustré par notre collègue photographe naturaliste, Claudie Stenger dont vous avez déjà pu apprécier les photos sur notre blog. D’autres de ses photos sont visibles sur Flickr (cliquer)

Texte  Roland Gissinger (Anab)  Relecture Bernard Weinzaepflen (Anab)
Poésie Christophe Zins

 

Légende détaillée du roitelet

Rédigé par ANAB

Publié dans #Oiseaux, #Biodiversité de notre région

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B
Magnifiques photos !
Répondre
R
Merci Bernard pour Claudie, pour son talent et sa patience à photographier ces beaux oiseaux