La Jacinthe des bois, Jacinthe sauvage, Scille penchée (Hyacinthoides non-scripta)

Publié le 9 Janvier 2022

Jacinthe sauvage, Jacinthe des bois, Scille penchée  (Hyacinthoides non-scripta)
Jacinthe sauvage, Jacinthe des bois, Scille penchée  (Hyacinthoides non-scripta)

Jacinthe sauvage, Jacinthe des bois, Scille penchée (Hyacinthoides non-scripta)

 

Voici une plante spectaculaire avec ses grandes fleurs bleues et donc bien appréciée des  jardiniers. Elle peut envahir rapidement un jardin (à l’ombre). Elle est peu visible dans nos forêts mais abondante dans le nord et l’ouest du pays.

Roland


Nom scientifique : Hyacinthoides non-scripta (L.) Chouard ex Rothm., 1944

Origine du nom : du grec « hyacynthoides »,  «comme une jacinthe »  car cette plante a d’abord été classée par Linné, le grand botaniste suédois, parmi les jacinthes et de « non-scripta », signifie « non écrit ».
Hyacinthe était un très beau jeune homme dans la mythologie grecque. Il a été blessé par un disque lancé par son ami le dieu Apollon. C’est le dieu du vent Zéphyr, jaloux de leur amitié  qui a dévié le disque pendant le lancer. Du sang de la blessure de Hyacinthe a jailli une fleur, la Jacinthe qui porte sur ses pétales  la letre initiale de son prénom. La plante du jour porte comme  deuxième nom « non scripta », « non écrit ».  car justement cette initiale « Y » (de
Ὑάκινθος-Hyacinthos)   n’est pas écrite ni dessinée dans ses pétales comme le dit la légende.
Il semblerait qu’une confusion ait  été faite entre la Jacinthe et l’Iris. Cette dernière possède bien des pétales en forme de « Y ».


Autres noms communs : Fausse jacinthe des bois, Endymion penché, Muguet bleu, Bleuet des bois, Martinet, Scille penchée.


Dialecte, allemand: Atlantische Hasenglöckchen oder Englisches Hasenglöckchen,

Nom anglais : bluebell or common bluebell


Date et lieu  de l’observation : le 24 avril à Altwiller (67)

Famille de plantes: celle des Asparagacées, celle du muguet, de l’asperge, des jacinthes, du sceau de Salomon, la Phalangère à feuille de lys…qui étaient autrefois classés dans les Liliacées. Depuis les dernières modifications par l’organisme de classification des plantes, l’AGP Angiosperm Phylogeny Group, cette famille comprend 2900 espèces réparties en 114 genres.
La majorité d’entre elles sont des plantes vivaces à bulbes, ou rhizomes  ou tubercules ou encore des lianes. Les feuilles sont réduites et les fleurs typiquement de type 3 ou 6.

Catégorie : plante vivace glabre sur un petit bulbe (1 à 1.5 cm) qui prolifère rapidement chaque année. Le bulbe s’enfonce progressivement dans les sols meubles grâce à ses  racines contractiles pour y rechercher l’humidité nécessaire.

Port : tige cylindrique, droite, glabre

Hauteur : 20 à 50 cm

Feuillage : 3 à 6 feuilles issues de la base, en ruban, brillantes, molles et de couleur vert gai. Elles ne dépassent pas l’inflorescence et mesurent 7 à 20 mm de large pour 10 à 20 cm de long et se terminent par une pointe fermée dénommée capuchon.


 

 

 

 

 

Dans les prairies d'Alsace Bossue zoom sur une unique Jacinthe sauvage, Jacinthe des bois, Scille penchée  (Hyacinthoides non-scripta)
Dans les prairies d'Alsace Bossue zoom sur une unique Jacinthe sauvage, Jacinthe des bois, Scille penchée  (Hyacinthoides non-scripta)
Dans les prairies d'Alsace Bossue zoom sur une unique Jacinthe sauvage, Jacinthe des bois, Scille penchée  (Hyacinthoides non-scripta)
Dans les prairies d'Alsace Bossue zoom sur une unique Jacinthe sauvage, Jacinthe des bois, Scille penchée  (Hyacinthoides non-scripta)
Dans les prairies d'Alsace Bossue zoom sur une unique Jacinthe sauvage, Jacinthe des bois, Scille penchée  (Hyacinthoides non-scripta)

Dans les prairies d'Alsace Bossue zoom sur une unique Jacinthe sauvage, Jacinthe des bois, Scille penchée (Hyacinthoides non-scripta)

Implantation géographique qui montre bien la nature océanique de la Jacinthe des bois  (INPN)Situation

Implantation géographique qui montre bien la nature océanique de la Jacinthe des bois (INPN)Situation

 

Floraison : d’avril à mai   La fleur accomplit une grande partie de son cycle végétal au printemps quand les arbres sont encore dénudés.
Elle accumule alors des réserves dans ses bulbes.

Fleurs : fleurs de couleur bleu-violet ; parfumées,  situées à l’extrémité de la tige en grappe pendante  unilatérale (racème) de 5 à 16 fleurs.

Les fleurs de 14 à 20 mm sont formées par 6 tépales soudés en entonnoir et dont les extrémités sont découpées et recourbées. Les étamines ont des anthères blanc crème. Les fleurs sont reliées par un court pétiole à la tige nue et munies de deux bractées à leur base.

Pollinisation par les bourdons et d’autres insectes car cette plante est riche en nectar.


Confusion possible : peu probable

Fruits : capsules ovoïdes à trois loges. A maturité, les graines sont striées et rugueuses.

Habitat : plante typique du climat océanique et de terrains à l’ombre (espèce sciaphile). Elle aime les forêts à humus qui contiennent du sable et des argiles.  Elle est très présente dans l’ouest et  le nord du pays. Dans la région Grand Est, chez nous, c’est une rareté ou alors une évadée de jardin.
Elle peut couvrir de très vastes zones dans les forêts anciennes de type chênaie-charmaie ou hêtraie où elle forme d’immenses tapis bleu-violet très spectaculaires.

Usage alimentaire :
les bulbes cuits seraient comestibles après plusieurs cuissons mais restent amers. Abstenez-vous.

Usage artisanal : le liquide extrait des tiges et oignons était utilisé autrefois comme colle forte pour les reliures et empennages de flèches.

Usage médicinal : les jacinthes comme celles-ci produisent de nombreux composés chimiques très actifs. Certains alcaloïdes solubles dans l’eau sont semblables à ceux utilisés contre le VIH et le cancer.
 Wikiphyto indique des propriétés en homéopathie pour les amygdalites. La médecine ancienne l’utilisait comme diurétique et hémostatique

Protection : plante peu fréquente, disparue de certaines  régions par suite d’une trop grande cueillette. Elle est donc interdite de récolte dans de nombreuses régions et départements afin de protéger les paysages naturels forestiers. C’est le cas en particulier du centre et de toute la partie sud‑ouest de notre pays. Voir la longue liste fin de page sur le site de l’INPN cliquer.

 Une autre menace pèse sur cette espèce. Il s’agit de la présence d’une espèce de jardinerie importée d’Espagne, Hyacinthoides non-scripta subsp. hispanica ou  Hyacinthoides hispanica. Elle est reconnaissable à sa couleur nettement plus pâle ou blanche, aux tépales moins recourbées et à sa faible odeur. La séparation de ces deux espèces remonte à la période historique  (- 6000 ans). A cause de cette proximité temporelle, elles s’hybrident très facilement et donnent une espèce fertile, connue sous le nom de Hyacinthoides X massartiana qui progresse rapidement au détriment de notre espèce locale. Elle s’est échappée des jardins, ou est quelquefois plantée par des personnes de bonne foi pensant repeupler la forêt avec la jacinthe des bois.

L’Angleterre, où elle était très abondante, est le pays phare pour cette plante. En raison de sa forte régression, cette plante bénéficie depuis 1998 d’une protection juridique particulière et sévère ,  pour là-bas aussi, protéger les paysages forestiers . Il est interdit d’arracher ces bulbes en forêt. La vente d’un bulbe est punie jusqu’à  5000 livres (£) d’amende soit environ 6000 €.  On ne rigole plus.


Texte et photos : Roland Gissinger (ANAB) relecture Bernard Weinzaepflen




Voir la bibliographie utilisée dans notre rubrique répertoire- index des plantes

 

Rédigé par ANAB

Publié dans #Fleurs violettes, #Biodiversité de notre région

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