La Soldanelle des Alpes

Publié le 6 Février 2022

Soldanelle des Alpes (Soldanella alpina)
Soldanelle des Alpes (Soldanella alpina)
Soldanelle des Alpes (Soldanella alpina)

Soldanelle des Alpes (Soldanella alpina)

Voici une petite fleur à allure et couleur uniques qui fleurit au début du printemps dès la fonte des neiges  dans les montagnes  du Jura, Alpes et Pyrénées.
Roland



Nom scientifique : Soldanella alpina L., 1753

Origine du nom : proviendrait du latin « solidus »,  qui désigne une pièce d’or de forme analogue aux feuilles de cette plante  et de « alpina », signifie « alpin».

Dialecte, allemand: Alpen-Soldanella

Nom anglais : alpine snowbell

Date et lieu  de l’observation : le 5 juin  à La Dôle (Jura)

Famille de plantes:
celle des Primulacées (primevères, lysimaques, cyclamen, soldanelle, androsaces des montagnes).
Ce sont des plantes le plus souvent vivaces, à racines épaisses (rhizome, tubercules), des régions froides, tempérées et tropicales. Cette famille est bien représentée sous nos latitudes. Les fleurs ont une symétrie d’ordre 5. Elles ont 5 pétales soudés, 5 étamines  et 5 carpelles soudés en un ovaire. Il n’existe qu’une soixante de genres  mais de très nombreuses espèces, pas  loin de 3000.


Catégorie : plante vivace glabre issue d’un petit bulbe (1 à 1.5 cm)

Port : tige nue, droite

Hauteur : 5 à 15 cm

Feuillage : les  feuilles sont toutes issues  de la base, portées par un long pétiole. Elles mesurent  de 1 à 3 cm et sont  de  couleur vert sombre. Leur forme est ronde ou réniforme  (en forme de rein).  




 

Fruit de la Soldanelle des Alpes (Soldanella alpina)

Fruit de la Soldanelle des Alpes (Soldanella alpina)

Répartition de ma Soldanelle des Alpes (Soldanella alpina) selon l'INPN

Répartition de ma Soldanelle des Alpes (Soldanella alpina) selon l'INPN

Floraison : avril à juillet   

Fleurs : Elles sont de couleur violette ou bleue ;  situées par 2 ou 3 à l’extrémité de la tige en grappe pendante.  Les fleurs de 10 à 15 mm sont en forme de jupette. Les 5 pétales sont soudés en entonnoir et leurs extrémités découpées en lanières jusqu’à 50%. Les étamines ont des anthères blanc crème et des filets très courts. Le pistil se termine par un style saillant. Les fleurs, reliées par un court pétiole à la tige nue, sont munies de deux bractées à leur base.
Les 5 sépales sont linéaires et ne dépassent pas les pétales.

Pollinisation : Elle s’effectue par les bourdons et d’autres insectes qui sont attirés par cette plante riche en nectar.

Confusion possible : non, aspect unique


Fruits : c’est une longue capsule conique dressée qui s’ouvre par 10 perforations. Dès juillet, les fruits sont mûrs et le calice résiduel sert de parachute et facilite la dispersion des graines (0.8mm)


Habitat : plante de pleine lumière qui aime les sols calcaires. Elle est typique des pelouses et rocailles  riches en humus et humides des prairies et  combes froides à neige, Jura, Préalpes, Alpes, Pyrénées.
Les plantes de montagne comme cette soldanelle  sont soumises à des stress très importants. La variation de lumière et de chaleur affecte les réactions physicochimiques qui permettent le développement de la plante. Les réactions peuvent diminuer d’un facteur de 10 dans la journée. Les plantes de plaine transplantées en montagne ne résistent pas au climat montagnard.
En plus d’une chimie spéciale d’altitude, une des adaptations de cette soldanelle est la permanence des feuilles qui résistent à -20°C pendant 2 à 3 ans. Cela permet le redémarrage de la photosynthèse aux premiers rayons de soleil du printemps. Ces feuilles supportent aussi des températures de +40°C ! La soldanelle secrète des protecteurs de type flavonoïdes  contre les UV des rayons solaires. Elle possède aussi de nombreux caroténoïdes  comme la zéaxanthine qui permettent de dissiper  rapidement en énergie calorique l’excédent d’énergie lumineuse reçu.
Des tests sont menés sur cette plante pour comprendre ses mécanismes de résistance et anticiper le changement climatique en cours.

Usage alimentaire : pas d’usage connu. 

Usage médicinal :
Une décoction de ses racines aurait un effet bénéfique laxatif pour certains. Comme il existe un tas de plantes communes ayant cet effet, il est absolument sans intérêt  de  la cueillir vu sa rareté et son statut de protection.


Protection : plante peu fréquente, disparue de certaines  régions par suite d’une trop grande cueillette. Elle est donc interdite de récolte dans de nombreuses régions et départements afin de protéger les paysages naturels forestiers. C’est le cas en particulier du centre et de toute la partie
 sud-ouest de notre pays. Voir la longue liste fin de page sur le site de l’INPN cliquer.


Texte et photos : Roland Gissinger (ANAB) relecture Bernard Weinzaepflen


Voir la bibliographie utilisée dans notre rubrique répertoire- index des plantes
Etude sur la résistance des plantes alpines:
Streb P., Cornic G., Photosynthesis and Antioxidative Protection in Alpine Herbs, In Lütz C. (Ed) Plants in Alpine Regions: Cell Physiology of Adaptation and Survival Strategies, Springer Wien New York, pp 75-97, 2012

Rôle de la Ptox dans l’acclimatation des plantes alpines aux conditions extrêmes

 

 

Rédigé par ANAB

Publié dans #Fleurs violettes, #Biodiversité hors région

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