Le Ciste blanchâtre, Ciste cotonneux

Publié le 3 Août 2022

Ciste blanchâtre, Ciste cotonneux (Cistus albidus)
Ciste blanchâtre, Ciste cotonneux (Cistus albidus)
Ciste blanchâtre, Ciste cotonneux (Cistus albidus)

Ciste blanchâtre, Ciste cotonneux (Cistus albidus)

Voici une plante qui est d’actualité avec les nombreux incendies du Midi. Les plantes de cette famille sont pyrophiles. La pyrophilie est  la propriété d’un organisme vivant, de tirer un bénéfice du feu, ici une plante.  Les cistes sont caractéristiques des pays méditerranéens. Pas étonnant que notre région, ici en Alsace, en compte à peu près autant que les doigts d’une main.
Vous aurez peut-être la chance de la voir pendant vos vacances.


Roland


Nom scientifique :
Cistus albidus L., 1753
Autres noms communs : Ciste blanc, Ciste mâle à feuilles blanches.



Origine du nom: son nom grec « kiste »  qui signifie panier, boite, provient de la forme de ses fruits. Son nom d’espèce « albidus », blanc,  n’est pas en relation avec la couleur de ses fleurs mais avec celle de ses feuilles, très cotonneuses.

Nom commun allemand/ dialecte : Weißliche Zistrose

Nom commun anglais : grey-leaved cistus, rock rose, white dart

Date de l’observation: le 17 juillet à Gravesson (13)

Famille de plantes : celle des Cistaceae  qui comprend les cistes, les hélianthèmes, les fumana
Ce sont  de petits arbustes,  arbrisseaux et herbes vivaces ou annuelles,  plutôt présents dans les zones méditerranéennes. Les feuilles sont en général opposées et simples, souvent coriaces.
Les fleurs sont solitaires ou en inflorescence cymeuse. Leur symétrie est d’ordre 5 : 5 pétales de couleur vive souvent fripés ou chiffonnés, rapidement caducs, 5 sépales, des étamines souvent très nombreuses (100). Elles murissent depuis l’intérieur vers l’extérieur ce qui est inhabituel, et cachent le stigmate qui se termine à la base par un ovaire en 3, 5  ou 10 parties.
Cette fleur de ciste ressemble à celle des mauves dont elle proche. Les Cistacées (Cistaceae)  sont d’ailleurs regroupées avec les Malvacées (Malvaceae) et Tiliacées (Tiliaceae), les tilleuls, dans l’ordre des Malvales.


Rôle des cistacées dans les incendies  et rôle écologique:
Les cistes s’installent dans les champs et des pâturages laissés à l’abandon. Ce sont aussi des plantes pionnières qui poussent en premier après les incendies de forêts, maquis et garigues.
Le feu et sa chaleur lève la dormance de la graine et provoque la germination des graines. Ce sont des plantes très inflammables en été. Elles entretiennent ainsi un cycle élevé d’incendies là où elles se trouvent. Elles sont de la matière inflammable et en même temps des banques de graines cachées dans le sol qui germent aussitôt après l’incendie



Catégorie: arbuste typique de garigue aux grandes fleurs roses

Hauteur: 50 à 120 cm de haut

Tiges et racines: tiges ligneuses dressées

Feuilles: sessiles, entières, planes, ovales, et opposées. Elles sont blanchâtres sur les deux faces car couvertes de petits poils étoilés.
Elles  mesurent jusqu’à 6 cm  de long pour 0.5 à 3 cm  de large et possèdent 3 nervures marquées sur le dessous.
Pour survivre dans les terrains arides cette plante a développé comme d’autres espèces de ces écosystèmes arides une grande pilosité. Des  poils fins forment un feutrage qui isole les tissus de la plante de l’air sec extérieur et freine sa déshydratation.


 

Ciste blanchâtre, Ciste cotonneux (Cistus albidus)
Ciste blanchâtre, Ciste cotonneux (Cistus albidus)

Ciste blanchâtre, Ciste cotonneux (Cistus albidus)

Fruits du Ciste blanchâtre, Ciste cotonneux (Cistus albidus)-      Répartition de ce ciste (INPN)
Fruits du Ciste blanchâtre, Ciste cotonneux (Cistus albidus)-      Répartition de ce ciste (INPN)

Fruits du Ciste blanchâtre, Ciste cotonneux (Cistus albidus)- Répartition de ce ciste (INPN)

Ciste crépu, Ciste crispé, Cystus crispus (Aude)
Ciste crépu, Ciste crispé, Cystus crispus (Aude)

Ciste crépu, Ciste crispé, Cystus crispus (Aude)

Floraison: avril  à juillet

Couleur des fleurs : fleurs roses de 40 à 60 mm à symétrie radiale. Ses cinq pétales sont fripés. Ces fleurs sont solitaires et disposées en cymes, sur des rameaux de quelques cm qui se ramifient par deux et arrêtent leur croissance avec une fleur à l’extrémité.
Les  étamines sont très nombreuses et ont des anthères jaune vif qui cachent le style de même  longueur
Le calice à 5 sépales pointus (de 3 à 5 mm) est vert.


Pollinisation : par des insectes. Plante riche en pollen et très attirante pour eux.

Confusion possible: oui avec des hybrides de cette espèce et d’autres cistes de la même couleur comme Cystus crispus, le Ciste crépu, crispé, mais dont les feuilles sont ondulées, crispées. Au contraire,  celles du Cystus albidus, vedette du jour, sont plates.


Fruits: les fruits sont des capsules ligneuses, ovales de 4 à  6 mm, qui libèrent, par 5 valves, de petites graines de 1 à 2 mm qui seront disséminées par les animaux.

Habitat: espèce typique des forêts claires, des espaces brûlés des garrigues et maquis du sud de la France, du Portugal à l’Italie et jusqu’au proche Maghreb.

Protection : plante assez commune, non protégée par la loi mais classée Znieff dans la région Midi-Pyrénées.


Écologie : cette plante a fait l’objet de nombreuses recherches en Espagne ;
Viabilité des graines(1)  : elle n’est pas affectée par leur âge (tests sur des graines de 3, 8 et 13 ans). Toutefois les individus les plus âgés ont moins de fleurs. Physiologie en cas de stress hydrique (2) : les plantes des milieux très secs ont un meilleur fonctionnement photochimique durant les périodes très sèches que celles de milieux plus arrosés.  Ceci peut résulter d’une sélection naturelle des plants.
Une autre étude (3) n’a pas montré de différence significative sur les quantités d’enzymes malgré des variations importantes d’ADN. Le substrat (étude4) sur lequel se développe le Ciste blanc détermine le moment d’apparition du stress hydrique en période de sécheresse. Il démarre à 13 jours sur un substrat commercial (sphaigne, fibre de coco, perlite) et à 53 jours avec un compost plus complet (lisier, fibre de coco, perlite).
Une étude récente de 2021(5)  a montré le lien entre l’accumulation de vitamine E dans la plante et l’acide jasmonique, une hormone végétale déjà connue. Un composant proche (OPDA) de cet acide a un effet contraire. Ceci prouve une régulation de la vitamine E par les jasmonates. La vitamine E est une réponse au stress de la plante. Ce type de découverte permet de mieux comprendre comment les plantes résistent au stress hydrique. La compréhension de tous ces mécanismes  permettra à l’avenir de chercher et de sélectionner les plantes les plus résistantes aux épisodes de canicule et de sécheresse.(6)




Horticulture : les cistes, dont celui-ci, sont souvent plantés dans les jardins en raison de leurs très belles fleurs et de leur aptitude à pousser sur terrains secs.
Les cistes  sont fréquemment parasités par le Cytinet, Cyttinus hypocistis, plante très curieuse sur laquelle nous reviendrons à l’occasion.


Usage alimentaire: les feuilles de cette plante sont utilisées pour la préparation d’infusions digestives et prévenir les douleurs gastriques.

Médecine traditionnelle :
Il aurait été utilisé pour ses propriétés bactéricide, analgésique et anti inflammatoire. Les feuilles en cataplasme étaient utilisées pour guérir les abcès.

Il existe un ciste officinal, riche en pouvoirs pharmacologiques et en particulier, un bon potentiel de cicatrisation. C’est le Ciste labdanifère, Cistus ladaniferus. Ses propriétés sont connues de longue date puisqu’il est déjà cité dans la Bible à côté de la myrrhe et de l’encens.

 

Médecine actuelle :
Pas de citation de ce ciste dans wikiphyto

Composants actifs retrouvés dans cette plante sont de grandes quantités de tanins, leucoanthocyanes et glucosides. Ils  expliquent  ses propriétés vulnéraires. Des tests cliniques restent à faire pour mieux utiliser cette plante.

Comme toujours, et avant toute utilisation, il faut consulter un médecin pour être averti des éventuels effets indésirables ainsi que des interactions possibles avec les médicaments classiques.


 

Texte,  photos, bibliographie  Roland Gissinger (Anab) ) Relecture Bernard Weinzaepflen (Anab)




Voir la bibliographie utilisée dans notre rubrique répertoire- index des plantes


1/ Etude de l’effet de l’âge sur les graines de Cystus albidus (2014)
2/ Etude de la physiologie de Cistus albidus dans différentes conditions de stress hydrique (2005)
3/ Etude des enzymes et variations d’ADN sur Cistus albidus (2006)
4/ Suivi du s tress hydrique avec différents composts sur Cistus albidus (2021)
5/ Lien entre l’accumulation de vitamine E dans la plante et l’acide jasmonique chez Citus albidus (2021)
6/ Effets du feu et du climat sur le développent de Cistus albidus  (2020)

 

Rédigé par ANAB

Publié dans #Fleurs roses, #Biodiversité hors région

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L
Hello,<br /> Je suis étonné de la voir sur la carte en Alsace Moselle. Introduite ?
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R
Hello L jc, merci de cette bonne remarque.<br /> je me suis posé la même question.<br /> Ce ciste n'apparait pas dans la Flore d'Alsace de 1965 ni dans le très récent Atlas de Lorraine.<br /> <br /> Les données sont sous https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/91630/tab/carte<br /> Autrefois on avait accès à la date et à l'émetteur de la donnée.<br /> A ce jour je n'ai plus accès à ces détails;<br /> Les cartes détaillées montrent que les points d'observation sont le long des routes (les quelques données du Grand Est).<br /> Ce sont soit des plantations ou des spontanés mais impossible de faire la différence. pour le moment;
T
Un article très intéressant, surtout pour le comportement pyrophile de la plante et la rapidité de sa propagation après des incendies.
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R
Merci Toll de ce commentaire. La vie profite de toutes les opportunités, même des destructions.