Bette commune, Betterave commune, Betterave rouge, Betterave fourragère, Betterave sucrière Betterave maritime (Beta vulgaris subsp. maritima )

Publié le 14 Septembre 2022

Bette commune, Betterave commune, Betterave rouge, Betterave fourragère, Betterave sucrière (Beta vulgaris subsp. vulgaris ou maritima)- Photos Sylvie T.
Bette commune, Betterave commune, Betterave rouge, Betterave fourragère, Betterave sucrière (Beta vulgaris subsp. vulgaris ou maritima)- Photos Sylvie T.

Bette commune, Betterave commune, Betterave rouge, Betterave fourragère, Betterave sucrière (Beta vulgaris subsp. vulgaris ou maritima)- Photos Sylvie T.

Côte de bette-Photo creative commons

Côte de bette-Photo creative commons


 

Sylvie nous a posé un quiz  mercredi dernier que je vous révèle aujourd'hui. Pour ce quiz je me suis arraché les cheveux sans trouver. Pas étonnant ce problème capillaire puisque d’après une lectrice fidèle et compétente, « la gourmande », ce quiz est un « strubi ». Ce terme alsacien désigne une « tête ébouriffée ». Avouez que cela correspond tout à fait à son aspect  figé par les photos de Sylvie.
Je vous propose de mieux connaitre cette plante.
Roland


Nom scientifique : Beta vulgaris L., 1753 subsp. vulgaris


Origine du nom : vient du grec « betta » qui désignait cette plante et du latin  « vulgaris », qui signifie «commun».
Des restes de betterave ont été trouvées dans des tombes néolithiques de -4500 ans et dans une pyramide à Saqqarah (-1000 avJC).  C’est dire que cette plante est connue et utilisée depuis très  longtemps.

Autres noms communs : impossible de les citer tous, par exemple : la betterave rouge c’est aussi la « racine rouge ». Le plus souvent, la betterave c’est la bette, Bette-épinard et les feuilles de bette, « la poirée ».
La blette avec un « l » désigne une autre amaranthacée, Amaranthus bitum. Attention à ne pas confondre.
Un des liens cités en fin d'article, « la bette au jardin »,  utilise à de nombreuses reprises ce faux ami dans son texte…

Allemand/ dialecte: Rübe, Futerrübe, Zuckerrübe, Rote Bete,
Runkelrübe,

Anglais : Foliage Beet, Root Beet

Date et lieu  de l’observation : dans un jardin le 28/8/2022 région du Lancashire (GB)



Famille de plantes : celle des Amaranthacées. Elle contient 175 genres et plus de 2200 espèces, comme les épinards, la rhubarbe . Certaines sont des arbustes et quelques autres des lianes ou des arbres. La famille des Chenopodiacées a été dissoute pour être incluse dans cette famille..

Caractères généraux mais pas toujours communs : feuilles généralement alternes, fleurs parfaites à symétrie radiale. Au niveau de l’expression des gènes : les Amaranthacées produisent de la bétalaïne, colorant typé,  qui leur donne une couleur rouge éclatant. C’est le cas pour  la betterave rouge. Les chénopodiacées produisent des isoflavones, agents de protection des plantes contre les attaques de moisissures.

Particularité biochimique : la synthèse des sucres de ces plantes est en C4. La plante utilise pour cette synthèse des sucres ayant 4 atomes de carbone au lieu de 3 pour la plupart des plantes. Les oxalates font partie du métabolisme  des plantes en C4. Cette substance est légèrement toxique pour les herbivores. En plus de cet avantage, l’acide oxalique  rend les plantes en C4 plus efficaces pour produire de la matière organique donc des feuilles, des tiges, quand il fait chaud au-dessus disons de 30°C. Cet avantage évolutif est apparu déjà voici 24 millions d’années. Il a permis à ces plantes d’occuper ou de mieux occuper les milieux arides.
En dessous les plantes en C3 sont plus efficaces.
Avec le changement climatique nous risquons de voir plus d'amaranthacées


Catégorie : plante bisannuelle, rarement vivace. Avec une racine pivot très épaisse et des tiges feuillées pouvant atteindre 2 mètres.
Beta vulgaris regroupe des variétés très utiles et très différentes :
les betteraves fourragère, les betteraves à sucre, les bettes, les betteraves rouges, la Bette maritime plante sauvage…
Il existe plus de 1600 variétés de betteraves rien qu’en France ! Difficile d’être complet sur un tel sujet.


Hauteur : 50 à 200 cm

Tige: . fixée sur ne racine pivot très épaisse, avec des tiges feuillées pouvant atteindre 2 mètres.
Les tiges sont dressées pour les espèces cultivées et souvent couchées ourles espèces sauvages

Feuillage : feuilles grandes (5 à 20 cm) à très grandes pour les plantes cultivées (50cm et plus) et larges (10 à 15 cm et plus )   à bord ondulé.
La nervure médiane est forte et les feuilles de la base ont un long pétiole.

Floraison :  juillet à septembre


Fleurs : les fleurs très petites (1 à 2 mm) sont situées sur des groupes compacts interrompus, formant de longs épis à l’extrémité des tiges. L’inflorescence apparait rouge ou verte à maturité. Les fleurs sont formées de 5 tépales rassemblées en coupe. Souvent ils sont fusionnés.
Les 5 étamines sont petites et jaunes et les 2 à 3 stigmates plumeux et roses.


Pollinisation : de grandes quantités de pollen sont émises par cette plante. C’est donc le vent l’agent pollinisateur. De nombreuses variétés sont hybrides et par suite, stériles.
 
Fruits
: sont groupés en glomérules. Le fruit sec est en forme de lentille de 2 à 3 mm, couleur rouge brillant.

Habitat : plante cultivée au soleil  dans un climat frais et modéré, partout dans le monde sauf dans les pays à fortes gelées

Habitat de la sous espèce maritime :  sur des endroits assez secs, mesoxérophiles, le long des côtes atlantiques et méditerranéennes, plus rare dans le Nord.
On la trouve sur les côtes avec falaises, plages pierreuses et sablonneuses ainsi que dans les endroits saumâtres ou salés.


Confusions possibles : oui, avec les autres plantes de la même famille ou les épinards.
Ah, quand même ce n'est pas seulement une plante cultivée, il existe une sous espèce sauvage, la sous espèce
Beta vulgaris L., 1753 maritima
Elle n’a pas de racine charnue comme les autres betteraves  mais une racine dure. Elle possède de nombreuses tiges rampantes et les feuilles sont petites, moins de 10cm,  charnues sans être très épaisses et vernissées.

Protection légale
Cette plante  de bord de mer est classée vulnérable dans la région Picardie et Znieff dans les régions Hauts-de-France, Haute-Normandie et Picardie.

Les ZNIEFF , Zones Naturelles d’Intérêt Écologique Faunistique et Floristique ont  pour objectif d’identifier et de décrire des secteurs présentant de fortes capacités biologiques et un bon état de conservation.

Écologie : plusieurs insectes y trouvent leur nourriture

Usage alimentaire :
Les racines sont consommées par les humains (betterave rouge), les animaux (betterave fourragère) ou utilisées en industrie (sucre).
Les feuilles sont en général cuites rapidement ou plus longuement comme les épinards.

Difficile d’énumérer toutes les formes de consommation.
Les betteraves rouges sont cuites au four, bouillies et consommées de suite ou conservées dans une marinade ou par stérilisation.
Le bortsch est une soupe de betterave très populaire dans les pays de l’est.

Betterave à sucre
La découverte  de l’utilisation possible de cette betterave remonte au XVIII siècle, en 1747 quand Andreas Marggraf a quantifié les teneurs ensucre et montré qu’il était possible de l’extraire. La première usine a démarré sa fabrication en 1801.
La teneur en sucre est de 10% dans les betteraves mais est bien plus élevée dans les betteraves sucrières, soit 16 à 20%. Les betteraves sont riches en acide folique : 100 g de betterave contiennent le quart de nos besoins journaliers.
A noter que de plus en plus ces betteraves servent aussi à fabriquer de l’éthanol pour les biocarburants de nos automobiles et du biogaz.

Colorants :
Les betteraves ont des couleurs très différentes allant de l’incolore pour la betterave à sucre au jaune et au rouge intense pour la betterave rouge. Ceci provient de la nature des composants pigmentaires présents. Ces colorants sont des betalaïnes et non des anthocyanes comme la très grande majorité des plantes. La probétanine et la néobétanine donnent des couleurs rouges violet intenses et très stables. Pour cette raison de plus en plus des extraits de betterave (E162)  remplacent les colorants rouges habituels (rouge de cochenille) suspectés d’être toxiques ou car trop chers dans les produits alimentaires industriels qui en contenaient.

Les pigments jaune et orange , les bétaxanthines, comme l’indicaxanthine et la vulgaxanthine  sont aussi de puissants antioxydants qui empêchent l’oxydation de la vitamine E.

Usage médicinal :
Chez les romains la betterave  était utilisée contre la fièvre et la constipation. Plus tard , au Moyen Age, la théorie des signatures a fait qu’elle servait de médicament pour les problèmes de cœur, de sang, des menstruations et  aussi contre les maux de tête, les ulcères…

Des découvertes récents ont permis de la recommander contre certains  cancers et pour améliorer le système immunitaire.
Selon les conditions de culture les betteraves se transforment en véritables pompes à nitrates. Les teneurs peuvent dépasser 500 ou 2000 mg/100 grammes.
Ces teneurs ne sont pas inoffensives . Les nitrates absorbés en grosses quantités se réduisent en nitrites dans le système digestif. Ces substances très réactives forment avec les hydrolysats de protéines de viande ou d'une autre source,  des nitrosamines. Ce sont de dangereux cancérigènes.
D’autres tests montrent que l'extrait de betterave a un effet sur la réduction de l’hémolyse des globules rouges et contrel e cholestérol et l'athérosclérose (dernière source citée du web) .


Comme toujours, et avant toute utilisation, il faut consulter un médecin pour être averti des éventuels effets indésirables ainsi que des interactions possibles avec les médicaments classiques.

 

Photos sauf mention et webographie : Sylvie T.

Texte de synthèse Roland Gissinger (Anab)




Bibliographie

Sources bibliographiques voir index biodiversité

Beta vulgaris – en langue française
Beta vulgaris- plus complet, en anglais

La bette au jardin
La betterave par Rustica

Betterave sucrière
Colorant E162 à base de betterave
Propriétés de Beta vulgaris sur la fonction cardiaque (2020)
Synthèse des effets d’extraits de Beta vulgaris sur la fonction cardiaque (2019)

Betterave maritime (Beta vulgaris subsp. maritima )- vue à la pointe de Bilfot sur les Côtes d'Armor (22)
Betterave maritime (Beta vulgaris subsp. maritima )- vue à la pointe de Bilfot sur les Côtes d'Armor (22)
Betterave maritime (Beta vulgaris subsp. maritima )- vue à la pointe de Bilfot sur les Côtes d'Armor (22)
Betterave maritime (Beta vulgaris subsp. maritima )- vue à la pointe de Bilfot sur les Côtes d'Armor (22)
Betterave maritime (Beta vulgaris subsp. maritima )- vue à la pointe de Bilfot sur les Côtes d'Armor (22)

Betterave maritime (Beta vulgaris subsp. maritima )- vue à la pointe de Bilfot sur les Côtes d'Armor (22)

Commenter cet article
M
Effectivement, la poirée est ce légume ancien qu'est beta vulgaris, qui dans une recette médiévale était cuisinée en potée (se dit potiou chez nous ) en mélange avec des poireaux d'où poirée .<br /> Chouette article où j'ai pu enfin départager les bettes et les blettes !
Répondre
R
Merci Martine de tes commentaires instructifs. Il ne te reste plus qu'à nous faire déguster ta potiou! 😜
P
Merci des précisions !
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A
Merci Pierre de cette appréciation
T
Merci pour cet article très intéressant.<br /> Que d'histoire et de science derrière cette plante qui, même quand elle paraît facilement identifiable, suscite beaucoup de vives discussions dans les potagers et sur des forums internet de jardiniers.
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A
Merci Toll d'avoir aimé cet article et bon courage pour vos discussions sur ce sujet dans vos forums.<br /> Roland