La Punaise à pattes rousses, Punaise des bois (Pentatoma rufipes)
Publié le 2 Avril 2023
Voici une punaise joliment décorée et assez courante en France métropolitaine. Celle-ci n’est pas un danger pour l’agriculture.
Roland
Nom scientifique : Pentatoma rufipes (Linnaeus, 1758), autre nom scientifique : Tropicoris rufipes.
Nom commun : Punaise des bois.
Etymologie du nom : « Pentatoma» signifie « 5 articles », c-à-d 5 articles antennaires, une caractéristique de cette famille de punaise,
« rufipes » en latin signifie « pieds rouges », un caractère propre à cette espèce également.
Nom allemand : Rotbeinige Baumwanze
Nom anglais : Forest bug
Observation : le 17 juin à Oermingen (67)
Famille : cette Punaise à pattes rousses appartient à la Famille des Pentatomidae, Sous-Ordre des Hétéroptères, Ordre des Hémiptères.
L’Ordre des Hémiptères comprend un nombre énorme d’espèces, 100 000 espèces environ dans le monde !
Les Hémiptères sont des insectes qui possèdent des pièces buccales piqueuses enfermées dans un rostre et fonctionnant comme une petite aiguille hypodermique qui aspire les sucs des plantes ou de petits animaux .
Dans l’ordre des Hémiptères, on distingue deux sous ordres qui n’ont en commun que la structure des pièces buccales et sont considérés aujourd’hui comme des ordres séparés :
- les Hétéroptères : qui comprennent entre autre, la Punaise pyjama ou Punaise arlequin, Graphosoma italicum, notre Gendarme, Pyrrhocoris apterus, la Réduve irascible, Rhynocoris iracundus ...
- les Homoptères : où on peut trouver, la Cigale commune, Lyristes plebejus, le Cercope sanguinolent, Cercopis vulnerata et sur nos rosiers, le puceron Macrosiphum rosae ou la cochenille, Aulacapsis rosae …
Chez les Hétéroptères (30 000 espèces), les ailes antérieures sont divisées en 2 régions : l’une basale, coriace ( la corie ), l’autre apicale toujours membraneuse ; les ailes postérieures sont, elles toujours membraneuses.
Chez les Homoptères, les ailes antérieures ont une structure uniforme soit coriace soit membraneuse.
La distinction Hétéroptères / Homoptères a été chamboulée par les études sur l’appareil buccal puis des études génétiques en 1995. De nombreux ouvrages conservent néanmoins l’ancienne organisation.
Les Pentatomidae ont une allure de punaise habituelle. Il existe 150 différentes punaises en France et plus de 1300 ont été répertoriées au niveau mondial Leurs antennes ont 5 articles. Le corps démarre derrière la tête avec le pronotum souvent anguleux. Juste derrière le pronotum, le scutellum ou bouclier , est une pièce dorsale situé à la jonction des ailes. Son développement est plus ou moins important selon les espèces.
Ces punaises se caractérisent aussi par la possibilité d’émettre des substances répulsives pour se protéger des prédateurs.
Dimensions : 13 à 15 mm sans prendre en compte les antennes.
Durée de vie: avril à octobre, hiverne sous l’écorce des arbres sous forme de larve stade 2 et non d’adulte comme d‘autres punaises .
Description :
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Pour bien la distinguer d’autres punaises, voici des points de reconnaissance :
1/ Les antennes sont composées de 5 segments non contrastés et atteignent les 2/3 de la longueur de la punaise.
2/ Le pronotum ( partie antérieure du thorax situé derrière la tête ) est brun avec deux pointes sur les côtés.
Le scutellum, brun également, de forme triangulaire se termine par une pointe très claire, jaune à orange.
Le connexivum ( bord de l’abdomen ) est faite d’un damier noir et blanc étroit.
La couleur claire au printemps devient plus sombre à l’automne avec des marques oranges et rouges. De nombreuses punaises changent de couleur ainsi. On suppose que la nourriture et l’état de maturité de l’insecte jouent un rôle mais cette explication n’a pas, à ce jour été démontrée.
3/ Les pattes sont orangées.
Les larves sont gris sombre tacheté de jaune clair.
Nourriture :
Elle se nourrit grâce à son très long rostre, tuyau acéré qu’elle plonge dans les tissus des plantes. S’en servant comme paille, elle aspire la sève sucrée des plantes. Elle se nourrit de la sève des chênes, aulnes, érables, tilleuls, noisetiers, pommiers, cerisiers… Elle est dite « polyphage ».
Elle peut selon les conditions s’en prendre aux œufs d’autres insectes, insectes morts ou même aux larves de sa propre espèce (cannibalisme) en cas de famine.
Habitat: forêt, haie, jardins, vergers .
Elle vit dans les arbres, dont elle suce la sève. Elle se nourrit aussi d’insectes.
Elle est présente dans toute l’Europe et l’Asie jusqu’à 1500 m.
Biologique et activité : la Punaise des bois produit deux sortes de salive pour piquer les végétaux : une "salive gel" qui maintient le rostre dans le végétal piqué et une salive injectée qui liquéfie les tissus grâce à ses enzymes.
Elle possède un appareil odoriférant constitué de glandes situées sur la partie dorsoabdominale chez les larves et métathoracique chez les adultes.
Ces pentatomes produisent des sécrétions toxiques et nauséabondes mais qui, au parfum de pomme, cassis, jacinthe peuvent être parfois agréables... Sans doute ces sécrétions ont-elles aussi un rôle hormonal et de reconnaissance.
Il existe de petits hymenoptères parasitoïdes de ces punaises ( de leurs œufs précisément ), Trissolcus nigripedius et Telenomus gifuensis.
Ils sont utilisées en agriculture biologique si l’action de « ravageur » sur les cultures de ces punaises est trop important.
Reproduction: Les adultes s’accouplent pendant 20 minutes à trente heures. Cette durée permettrait au mâle d’assurer sa descendance en évitant l’approche d’autres mâles. La copulation a lieu têtes opposées sur la période mai et juin.
Les femelles fécondées pondent de petits amas d’œufs sous les feuilles.
Les œufs vont éclore après 2 à 3 semaines, durée qui dépend de la température ambiante. Des punaises miniatures en sortent et se développent en 5 stades successifs. Au premier stade elles se nourrissent de substances présentes sur les enveloppes des œufs.
Pour chaque mue, la punaise se met tête vers le bas en restant accrochée par ses pattes arrières. L’enveloppe ancienne se fend, comme une fermeture éclair, au milieu du thorax. La punaise passe en premier sa tête par l’ouverture, puis les pattes et termine par l’abdomen.
Cette mue dure environ 30 minutes et se poursuit par un durcissement à l’air des nouveaux tissus et par leur coloration. A ce moment- là, elle ne peut fuir aucun prédateur et la perte d’individus est notable. Les punaises arrivent au stade adulte sans passer par un stade nymphe ou chrysalide comme chez d’autres insectes. On parle dans ce cas de métamorphose incomplète ou d’insecte paurométabole (métamorphose pauvre). C’est le cas aussi chez les sauterelles, les criquets et les mantes.
Les larves, alors de couleur blanc -jaune tacheté de noir, se nourrissent de feuilles et de rameaux.
Elles seront adultes au milieu de l’été.
Protection : insecte non protégé et sans statut de protection car non menacé.
Texte et bibliographie : Martine Devondel et Roland Gissinger (Anab) -Détermination insectes Martine,- Photos : Roland
Bibliographie
Sites internet d’entomologie.
Insectes de France et d’Europe occidentale, Michael Chinery, Arthaud
Livre très joli et instructif, Insectes remarquables de Lorraine et d’Alsace, JY Nogret - S Vitzthum , édition Serpenoise
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pentatomidae
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