La Coccinelle ocellée ou l’ Anatis ocellé (Anatis ocellata).

Publié le 2 Juillet 2023

La Coccinelle ocellée ou l’ Anatis ocellé (Anatis ocellata).- Photos Martine Devondel (Anab)
La Coccinelle ocellée ou l’ Anatis ocellé (Anatis ocellata).- Photos Martine Devondel (Anab)

La Coccinelle ocellée ou l’ Anatis ocellé (Anatis ocellata).- Photos Martine Devondel (Anab)

La Coccinelle ocellée ou l’ Anatis ocellé (Anatis ocellata).
La Coccinelle ocellée ou l’ Anatis ocellé (Anatis ocellata).
La Coccinelle ocellée ou l’ Anatis ocellé (Anatis ocellata).
La Coccinelle ocellée ou l’ Anatis ocellé (Anatis ocellata).
La Coccinelle ocellée ou l’ Anatis ocellé (Anatis ocellata).
La Coccinelle ocellée ou l’ Anatis ocellé (Anatis ocellata).

La Coccinelle ocellée ou l’ Anatis ocellé (Anatis ocellata).

Tout le monde connait les coccinelles. En voici une bien moins commune que la coccinelle à 7 points. Encore faut-il regarder de près pour la distinguer. Martine et Roland


Nom scientifique : Anatis ocellata ( Linnaeus, 1758).

Etymologie : «Anatis»  signifie en latin « canard », en référence à son corps très convexe. Son nom d’espèce latinisé « ocellata», signifie « tache, ocelle » car celles de cette coccinelle sont remarquables.

Nom allemand: Augenmarienkäfer oder Augenfleck-Marienkäfer

Nom anglais: eyed ladybug

Classification et famille :
Les coccinelles font  partie de l’ordre des Coléoptères, l’un des plus riches sur Terre : 400.000 espèces décrites sur 1.500.000 probables.
Les coléoptères sont, rappelez-vous, des insectes à métamorphose complète qui regroupent tous les insectes dont la première paire d’ailes ne participe plus au vol, ayant évolué en organes de protection. Il ne s’agit plus d’ailes membraneuses, mais de structures épaisses, rigides et renforcées de chitine : les élytres. Lorsque le coléoptère ne vole pas, les deux élytres recouvrent en général complétement l’abdomen en se rejoignant au niveau de la ligne médiane du dos. Ils forment une solide carapace protectrice de l’abdomen. Au moment de s’envoler, le coléoptère soulève ses deux élytres vers l’avant puis déploie sa deuxième paires d’ailes. Tous les coléoptères ont en outre des pièces buccales broyeuses et des antennes qui comptent en général moins de 11 articles.
 Ils sont partout et ont colonisé tous les milieux sauf la mer.


La Coccinelle ocellée appartient à la famille des Coccinellidae, les coccinelles dont on connait plus de 6.000 espèces. C’est une famille très ancienne apparue voici plus de 140 millions d’années.
La plupart des coccinelles sont très colorées. Le nom «coccinelle vient d’ailleurs de « coccinus », écarlate.
Les coccinelles sont classées selon leur régime alimentaire. S’il est connu qu’elles mangent des pucerons, vous  apprendrez peut-être que certains spécialisées  pour dévorer des acariens, d’autres des
aleurodes (mini « mouches blanches» de l’ordre des Homoptères), d’autres des cochenilles. Certains groupes sont  végétariens ou mycophages (mangeurs  de champignons).
La taille des coccinelles varie de 0.8 mm à 1.0 cm.
La tête est peu visible et porte deux antennes de 11 articles, les 3 derniers étant en forme de massue aplatie. Derrière elle se situe comme un bouclier,  le pronotum et à l’arrière, le thorax qui porte les ailes transparentes et les élytres souvent décorées de taches rondes. Le nombre de points n’a rien à voir avec l’âge contrairement à certaines idées fixes.
La métamorphose des coccinelles comprend 4 stades depuis l’œuf, la larve, la nymphe et l’adulte ou imago.


Date de l’observation: le  14 juin dans la région de la Jungfrau (Suisse). Observable de mai à août.

Dimensions : 8 à 9  mm de long.


Description et biologie :
De forme ronde,  c’est la plus grande de nos coccinelles. La coloration des élytres est très variable mais l’aspect du pronotum est caractéristique. Noir et très grand, il est orné de 2 points blancs à proximité du scutellum et d’une tache en « U » à l’apex.
Les élytres oranges à rouges, luisantes, portent chacun 7 à 8 taches circulaires noires auréolées de jaune.
Les antennes et pattes sont brun orangé.


Reproduction :
Le mâle et la femelle s’accouplent au début du printemps. La femelle va pondre plusieurs centaines d’œufs au plus proche de la nourriture nécessaire à ses larves : des plantes colonisées par des pucerons. Les larves sortent des œufs au bout de 3 à 7 jours.
Pendant leur  vie larvaire qui comporte 4 stades, elles dévorent de grandes quantités de pucerons, jusqu’à 8000 pendant les trois semaines de leur développement.
Pas étonnant que d’autres  espèces soient utilisées comme agent biologique pour réguler ou faire disparaitre les pucerons.
A la  fin du quatrième stade larvaire, la larve se fixe, tisse quelques fils pour s’accrocher au revers d’une feuille, se recroqueville comme si elle faisait le gros dos, sa peau se déchire et la nymphe apparait. Un regard exercé reconnaît déjà la forme des élytres et des ailes du futur adulte.  Après 8 jours, la cuticule dorsale de la nymphe se fend longitudinalement et le nouvel adulte apparaît.
Larves et adultes n’ont aucune ressemblance morphologique. Au moment de la nymphose, les coccinelles subissent donc une métamorphose complète, comme tous les coléoptères mais également comme d’autres insectes évolués, par exemple les papillons, les guêpes et les abeilles.

Comportement :
La coccinelle replie ses ailes après la fermeture des élytres, d'abord longitudinalement, puis plusieurs fois transversalement. Ce repliement s'effectue par une suite de pliures de l'aile appliquées par les élytres. La courbure des ailes permet le pliage le long des nervures. Les ailes sont souples en dehors de ces renforts que sont les nervures. Il faut imaginer un grand parachute qui aurait des armatures comme un parapluie. Il se plierait bien proprement le long de ces armatures. Le repliage des ailes n’est pas instantané, il dure quelques secondes.

Nourriture :
Les larves et les adultes de toutes les espèces de coccinelles ont un régime alimentaire similaire.
La Coccinelle ocellée se nourrit principalement de pucerons (Lachnidae ) et de larves de chrysomèles, occasionnellement de larves d’autres coccinelles dont  celles de la Coccinelle brune, Aphidecta obliterata, de la Coccinelle des cimes, Myrrha 18-guttata ou de  la Coccinelle arlequin, Harmonia 4-punctata.
De part leurs exigences spécifiques, les Coccinelles sont de très bons bio-indicateurs, donnant des informations précieuses sur la qualité d’un écosystème.

Hibernation : cette coccinelle comme beaucoup d’autres hiverne en groupes à l’état adulte. Elles se cachent  alors dans la litière et les fissures des arbres.

Confusion : il existe de nombreuses coccinelles proches. La distinction se fait par l’examen de critères morphologiques précis ( coloration, motif des élytres et du pronotum ) à l’aide  d’une loupe de botaniste et de carnets de terrain divers ( tels celui de la Salamandre ou les Carnets du Naturaliste des CNB ).

Habitat : on la trouve souvent dans les forêts de résineux ( pins, épicéas ) mais aussi dans les prairies en limite des bois de feuillus (chênes, érables, bouleaux ), dans les clairières à ombellifères, de la plaine à la montagne.
Elle  est présente  dans toute l’Europe et le nord de  l’Asie jusqu’en Corée et en Amérique du Nord, mais absente des îles de la Méditerranée ( Grèce).

Protection
Pas de protection spéciale ou légale pour ce coléoptère.

Prédateurs :  un alcaloïde toxique a été trouvé par Lebrun en 1997 sur cette coccinelle, le  2-déhydrococcinelline.
Malgré cela, elle est prédatée par certains oiseaux et  chauve-souris qui  sont peu sensibles à cette substance.
Autre risque, la Coccinelle ocellée peut être  parasitée par des guêpes parasitoïdes (dont  Dinocampus coccinellae ) qui pondent leurs œufs dans l’abdomen de la coccinelle pour s’y développer et s’alimenter de ses corps gras, c’est-à-dire du tissu contenant les réserves métaboliques de son hôte.
Les produits toxiques également provenant de plantes ou d’ animaux ingérés sont une menace pour elle.

Last but not least, introduite dans le cadre de la lutte biologique contre les pucerons, la Coccinelle asiatique, Harmonia axyridis plus prolifique et plus vorace est une espèce nuisible, un danger  pour nos coccinelles régionales dont elle envahit les terrains de chasse et qu’elle tend à éliminer.

Légende (copié de wikipedia)
Le surnom de « Bête à bon Dieu » remonte au Xe siècle. Condamné à mort pour un meurtre commis à Paris, un homme, qui clamait son innocence, a dû son salut à la présence du petit insecte. En effet, le jour de son exécution publique, le condamné devait avoir la tête tranchée. Mais une coccinelle se posa sur son cou. Le bourreau tenta bien de l’enlever, mais elle revint à plusieurs reprises se placer au même endroit. Le roi Robert II (972-1031) y vit alors une intervention divine et décida de gracier l’homme. Quelques jours plus tard, le vrai meurtrier fut retrouvé. Cette histoire s’est très vite répandue et la coccinelle fut dès lors considérée comme un porte-bonheur qu’il ne fallait pas écraser.

Pour conclure …


Pour conclure …
Quelle que soit leur niche écologique, les insectes déploient des modes de vie sophistiqués et fascinants pour s’adapter aux contraintes de leur milieu de vie. Les hommes ne perçoivent pas souvent ces finesses car les insectes sont petits, vivent cachés ou inspirent la méfiance. Exception parmi les insectes, les coccinelles suscitent en général la sympathie. Ce sont les ambassadrices de charme du monde des insectes, monde qui a besoin d’une reconnaissance urgente et de protections immédiates.


Texte, bibliographie et photos:   Martine Devondel et Roland Gissinger (Anab)
Identification des insectes : Martine. 


Bibliographie

1/ Livres jolis et très  instructifs:
Petites bêtes des forêts de Lorraine et d’ Alsace JY Nogret /S Vitzthum édition Serpenoise.
Insectes remarquables de Lorraine et d’ Alsace –JY Nogret /S Vitzthum édition Serpenoise.
2/ Guide pratique sur les Coccinelles, La Salamandre.
3/Les Coccinelles, Les Sentiers du Naturaliste , JL Hemptinne, Delachaux et Niestlé.

Rédigé par ANAB

Publié dans #Insectes de chez nous

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B
Belles photos et texte toujours aussi précis. Merci à vous deux.
Répondre
T
Merci à vous, Martine et Roland, pour cet article très instructif et pour les superbes photos.
Répondre
A
Merci Bernard d'avoir apprécié cet article<br /> <br /> (Martine et) Roland
A
Merci Toll <br /> (Martine et) Roland