Le plan de renforcement du grand tétras à un battement d’ailes de la validation
Publié le 11 Mars 2024
paru le 18/2/2024 sur l'alsace. Article signalé par Bernard. Merci Bernard.
Article à lire avec précaution et sans fausse joie. Le Parc naturel régional des ballons des Vosges (PNRBV) est plus connu pour ses actions en faveur du tourisme et l'industrie touristique que comme garant de la biodiversité.
Est-ce une vaste opération de communication pour attirer de nouveaux touristes?
Les défenseurs du Grand Tétras ne voulaient pas s'engager dans cette opération.
L'une des réserves choisies (le Tanet) voit 250 000 touristes par an. Ce n'est pas tout à fait la tranquillité nécessaire pour la vie du Grand Tétras...
Roland
Sauf surprise, une première volée d’une quarantaine de coqs et de poules capturés en Norvège seront introduits dans les forêts des hautes Vosges au printemps 2024 pour tenter de sauver l’oiseau de l’extinction définitive.
Des poules et coqs de grand tétras norvégiens seront-ils relâchés dans les hautes Vosges dès ce printemps ? Après le feu vert donné le 20 décembre en préfecture d’Épinal par le comité pour le grand tétras dans le massif des Vosges, la procédure d’autorisation entre dans sa phase finale. Les 20 et 23 février, les commissions départementales de la nature, des paysages et des sites des Vosges et du Haut-Rhin seront consultées, à charge de rendre leurs avis dans les quinze jours. Suivra courant mars une consultation publique d’une durée de trois semaines, sur un mode dématérialisé. Puis la préfecture des Vosges, qui supervise le projet, signera début avril (sauf surprise) un arrêté. Celui-ci permettra de lancer une opération sur laquelle le Parc naturel régional des ballons des Vosges (PNRBV), partenaire du plan national d’action grand tétras pour les Vosges et le Jura, et la Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) Grand Est, travaillent depuis deux ans.
« Les oiseaux capturés seront décomptés des quotas de chasse norvégiens »
En coulisses, tout est prêt pour procéder rapidement - et dans la discrétion - à une première translocation d’une quarantaine d’oiseaux depuis des forêts du sud de la Norvège jusqu’aux réserves naturelles nationales du Grand Ventron et du Tanet/Gazon du Faing. « Sur le court terme, on part sur 40 individus lâchés tous les ans pendant cinq ans. Une équipe s’est rendue cet été en Norvège pour participer à une opération de capture et on a l’accord de principe des propriétaires », expose Olivier Claude, directeur du PNRBV. Sur le long terme, en cas de résultats probants, un élevage Born to be free prendrait le relais.
« La capture d’oiseaux n’aura qu’un faible impact sur la population de tétras norvégiens, ceux que nous capturerons seront décomptés des quotas de chasse », insiste Olivier Claude.
Un risque de réussir
La précision est d’importance car le plan de renforcement reste controversé. Parmi les naturalistes et une bonne part des scientifiques, la crainte est forte de voir les oiseaux injectés suivre le destin des gallinacés vosgiens. Depuis les avis défavorables rendus en février 2023 par les conseils scientifiques régional et national du patrimoine naturel, Parc et Dreal ont remis le travail sur le métier. Et tentent d’apporter de nouvelles garanties en matière de mesures d’accompagnement pour l’amélioration des habitats et la canalisation des fréquentations, considérées comme les deux causes principales de la disparition. De quoi décider le Groupe Tétras Vosges, toujours réticent sur le fond, à accompagner la démarche « pour nous assurer que les mesures ambitieuses demandées puissent se concrétiser », indiquait en décembre son président David Demergès.
Le coût de l’opération est de 200 000 € par an, avec un recrutement pour le suivi financé par l’État. « Chaque oiseau sera géolocalisable, ce qui permettra d’estimer la mortalité », insiste Laurent Seguin, président du PNRBV. « On n’a pas de garantie de réussite, mais il y a un risque de réussir. Si on s’aperçoit que c’est un échec, on le reconnaîtra et on dira stop. Mais en tant que Parc naturel régional, garant de la biodiversité, on n’a pas le droit de ne pas faire. »
/image%2F1479375%2F20220420%2Fob_7fe25c_4246660298920266123.jpg)
/image%2F1479375%2F20240221%2Fob_7c52fc_grand-tetras-gr10.jpg)