Même à petites doses, la nature nous apaise

Publié le 12 Octobre 2024

Même à petites doses, la nature nous apaise

paru sur Reporterre le 16/9/2024

Notre collègue Bernard nous recommande dans ce même thème d'écouter aussi, la courte vidéo  (3 min) du psychiatre Christophe André.

 

Stressé par la rentrée ? Achetez-vous une plante ! La nature apaise, même par petites touches, et c’est prouvé. Cette science, encore balbutiante, est trop souvent attaquée, analyse l’autrice étasunienne de « Naturel ».

Flower power ! Une équipe scientifique de l’université de Chiba au Japon, a montré que les employés exposés à des roses pendant seulement quatre minutes se retrouvaient manifestement plus détendus. Conclusion : si la rentrée vous stresse, achetez-vous des fleurs ou une plante de bureau. C’est un des nombreux conseils que livre la chercheuse britannique Kathy Willis dans son tout nouvel ouvrage, Naturel — Pourquoi voir, sentir, toucher et écouter les plantes nous fait du bien, au Seuil.

Cette professeure de biodiversité à Oxford entend démontrer que l’exposition aux plantes peut significativement améliorer notre santé. Même à petites doses. Même sans être en pleine nature. « Si nous regardons un paysage de nature plutôt qu’un paysage urbain, même sur un ordinateur, nous nous calmons », insiste l’autrice, en citant une étude de l’université nippone de Chiba, qui constate que regarder pendant quatre-vingt-dix secondes une photo de forêt procurait « un calme physiologique ».

Même à petites doses, la nature nous apaise

Au fil des pages, Katty Willis brandit les études comme autant d’arguments massues pour convaincre même les plus réfractaires. Car, explique-t-elle, cette science des bienfaits de la nature est encore balbutiante et trop souvent attaquée. Longtemps perçues comme un dada pour « amateurs de vaudou », ces théories se trouvent désormais confortées par de multiples expériences et essais cliniques. « Tout un nouveau domaine scientifique est en train d’émerger, démontrant un lien d’ordre médical d’une incroyable importance entre notre santé et le rapport à la nature », écrit-elle.

« Voir des scènes de nature restaure notre attention dirigée »

Persuadée qu’il s’agit là d’une question de santé publique, la Britannique égraine les preuves scientifiques. Avec deux originalités majeures. D’une part, elle lève le voile sur le dessous des cartes. Comment la nature opère-t-elle son tour de magie ? Comment expliquer, par exemple, que des élèves ayant une vue sur un espace vert aient de meilleurs résultats à des évaluations et une récupération post-stress plus efficace que celles et ceux qui ne voient que du béton ?

Une des pistes d’explication a été proposée par deux enseignants de psychologie de l’université du Michigan, Stephen et Rachel Kaplan, dans les années 1990. Il s’agit de la théorie de la restauration attentionnelle (ART). D’après eux, la nature améliore nos fonctions cognitives grâce à l’effet réparateur qu’elle exerce sur ce que l’on appelle notre attention dirigée – autrement dit notre capacité de concentration. Ainsi, « voir des scènes de nature restaure notre attention dirigée, parce que cela puise dans notre attention involontaire », écrit Willis. En nous « distrayant », les scènes de nature permettent à notre attention dirigée de prendre une « minipause » réparatrice.

La puissance des odeurs

L’autre singularité de l’ouvrage de Katty Willis réside dans sa dimension « multisensorielle ». La scientifique s’applique à détailler des expériences où le contact régénérateur avec la nature passe par l’ouïe ou le toucher. Sa démonstration concernant l’odorat est particulièrement convaincante. Elle raconte comment respirer des alpha-pinènes, composés olfactifs des conifères, même pendant quatre-vingt-dix minutes, « provoque rapidement une détente physiologique ». Ou comment l’odeur de rose rend les conducteurs automobiles plus prudents.

L’autre singularité de l’ouvrage de Katty Willis réside dans sa dimension « multisensorielle » : sentir les plantes a aussi des bienfaits

L’autre singularité de l’ouvrage de Katty Willis réside dans sa dimension « multisensorielle » : sentir les plantes a aussi des bienfaits

Entre les lignes plutôt austères de ses exposés scientifiques, le livre de Katty Willis fourmille de pistes concrètes pour améliorer nos quotidiens stressés. En conclusion, elle admet combien « ce livre [a modifié son] mode de vie ». « Il y a désormais chez moi quatre diffuseurs, qui exhalent des parfums différents – lavande dans ma chambre, romarin dans mon bureau et huiles de cèdre. Le nombre de plantes d’intérieur a triplé – et j’ai posé des vases remplis de fleurs coupées jaunes et vertes à différents endroits ».

Si Katty Willis met en lumière un domaine surprenant et réjouissant, elle omet de souligner les implications politiques et sociales de ces découvertes. Car tout le monde n’a pas accès à un jardin ou à un espace vert. L’éducation à la nature est un angle mort de nos politiques publiques. Mais le pont qu’elle crée – ou plutôt qu’elle renforce – entre santé et écologie pourrait judicieusement venir appuyer des luttes populaires pour l’accès de tous et toutes à la nature.
Naturel — Pourquoi voir, sentir, toucher et écouter les plantes nous fait du bien, de Katty Willis, aux éditions Seuil, septembre 2024, 320 p., 16,99 euros.

Rédigé par ANAB

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C
Merci pour tous ces commentaires ..<br /> Je m'attacherai simplement aux dernières lignes de Toll pour rappeler que dans culture européenne et chrétienne ,nous avons la même chose que dans le zen ,sans croiser les jambes et se déguiser avec un kimono. Nous avons le laché-prise dans la prière , mais encore faut-il savoir prier , j'ajoute quelque soit le sens ou son environnement du moment..<br /> L'orientalisme, comme la sauce " New-age" ,toujours commerciaux,bien sûr n'est qu'une pollution de l'esprit au même titre que celle qui frappe le monde naturel.
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T
Merci à Bernard de nous rappeler la pharmacopée gratuite que la Nature met à notre disposition. <br /> Je n'ai jamais compris l'engouement pour le jardin japonais Zen au point d'employer un paysagiste pour convertir un jardin européen en jardin Zen; le jardin de ce style n'est pas le seul à pourvoir calme et sérénité; il suffit d'aller en forêt, et de contempler un arbre, ou de contempler le ciel à travers les branches d'un grand arbre.<br /> <br /> Le jardin-thérapie est monnaie courante de ce côté de la Manche, y compris les jardins caritatifs "Horatio's Garden"<br /> https://www.sergeferrari.com/fr-fr/references/horatios-jardin-hopital-jardin-botanique<br /> <br /> On sait "la commercialisation de la Sérénité et du Bien-Être".<br /> Selon les statistiques de "Mind" , l'association caritative qui consacre ses activités à la santé mentale, plus de 7 millions de personnes se sont mises à jardiner depuis la pandémie. <br /> <br /> N'ayant pas lu l'ouvrage de Katty Willis, j'ignore s'il contient les précautions à prendre quand on utilise des huiles essentielles. Je me permets donc d'ajouter le lien suivant: <br /> <br /> https://fr.puressentiel.com/blogs/conseils/huiles-essentielles-sans-danger-pour-la-diffusion<br /> <br /> Quant aux vidéos de Christophe, on ne peut que les recommander. Ami de Matthieu Ricard (le moine bouddhiste et docteur en biochimie), son travail est, lui aussi, basé sur la science.
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B
La science confirme ce que la plupart d'entre nous ressentent intuitivement.<br /> Aux décideurs d'en tenir compte surtout en ville. Rêvons un instant, peut-être que ce la ferait baisser les tensions
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R
Tu as raison Bernard. Si nos décideurs faisaient du contact avec la nature une priorité, beaucoup de concitoyens iraient mieux et prendraient moibs de médicaments <br /> Roland