La Terre au carré

Publié le 5 Janvier 2025

Ours polaire Churchill Island Canada 2011 - Vincent Munier

Ours polaire Churchill Island Canada 2011 - Vincent Munier


Vincent Munier : « Je peux toujours avoir peur, même dans une forêt sans ours et ce sentiment est précieux »

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La photographe Vincent Munier a grandi entre un paysage industriel et une forêt, à Charmes, proche d'un massif vosgien. Initié et sensibilisé à la nature par un père naturaliste, il a fait de sa passion un métier. L'émerveillement face à la nature est son aiguillon pour toujours respecter le vivant.

  • Vincent Munier Photographe naturaliste, auteur de livres de photos d'animaux sauvages

« Je sais ce que c’est que d’être tourmenté du besoin d’infini et d’absolu. Mais je sens que le monde n’a de sens que par l'élan de la vie. Mais cet élan se fatigue vite. Nous retombons, nous cherchons à bâtir un monde qui ne nous demande pas d'effort, un monde sans mouvement.Si j'aime tant ma vie de peintre, c'est qu'elle est à la fois immense et très centrée, car je vis la vie de la vaste nature, mais je la veux tenir en mes mains par une conquête très âpre et personnelle. J'ai l'infini à ma portée, je le vois, je le sens, je le touche, je m'en nourris et je sais que je ne pourrais jamais l'épuiser. Et je comprends mon irrépressible révolte lorsque je vois supprimer la nature: on me tue mon infini.
Infini misérable, penserez-vous, que celui qui peut mourir de main d'homme. Petite chose, bien petite chose que le respect volontaire de la nature. Bonne volonté fragile lorsque tout nous pousse à l'exploiter sans mesure.

Cela m'a étonné, puis irrité, de voir que cela ne paraissait pas à mes amis aussi clair et aussi décisif qu'à moi-même. Pourtant, me disais-je, si je leur donne un crayon et leur demande de reproduire une image qu'ils croient voir en eux clairement, ils seront bien empruntés. Ils diront peut-être qu'ils ne peuvent pas dessiner par manque d'habilité manuelle, qu'ils n'ont pas la « main », le « coup de crayon ». Un crayon, pourtant, est bien facile à manier. Si Léonard de Vinci traçait un cercle parfait ou si les peintres japonais tracent au pinceau un trait fin comme un cheveu, Renoir a peint ses dernières œuvres avec un pinceau attaché à une main crispée par les rhumatismes. J'ai bien souvent fait des croquis après des heures d'affût, grelottant et transi, plein de crampes, les mains gourdes. Ils ne savent pas, me disais-je, qu'apprendre à dessiner, c'est simplement apprendre … à voir"  Extrait de Et la Nature ? Réflexion d'un peintre du naturaliste suisse Robert Hainard

Rédigé par ANAB

Publié dans #Actu-conf-films-expo

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